Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘seul’

Perle d’Homme (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Olivier Grenson
    
Perle d’Homme

Envie de douceur, désir de sueur.
Frôlement de deux corps. Deux corps en un délicieux va-et-vient
Dans une nuit enrobée de moite chaleur.
Soudain, elle jaillit, là, au creux de ton ventre de soie.
Une goutte salée perle.
A peine le temps de suivre sa course lente
Sur les courbes onduleuses de ta hanche
Que déjà elle disparaît vers des abîmes qu’elle seule connaît.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la marée des choses vivantes (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Dans la marée des choses vivantes
— chimères et grimaces,
étranger tu demeures :
qu’est-ce que cette vie ?

Y a-t-il un autre temps
dans le temps ? un autre lieu
dans le lieu ? une parole fleur
double ouverte dans la parole ?

La mort en marche, seule
incorruptible, sculpte
en toi la statue de l’impossible.

Tu regardes le ciel inchangé
où flottent de vains nuages
dans l’oubli de quelque dieu.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pourquoi suis-je né sans mystère ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Pourquoi suis-je né sans mystère ?
Pourquoi tout seul ai-je grandi ?

Qui m’a demandé d’ébranler
les portes de mon propre orgueil ?

Qui est sorti vivre à ma place
quand je dormais ou m’alitais ?

Quel drapeau s’est déployé
là où on ne m’a pas oublié ?

(Pablo Neruda)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne suis pas qui je suis (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Je ne suis pas qui je suis,
ce masque dans la nuit anonyme
cette voix qui monte comme un fleuve
ni ces pas ne sont miens.

Nous sommes seuls dans ce pays
de sel de pierre de vent
dans ce grand incendie de paroles
dans ce miroir tournant.

Qui es-tu qui que tu sois
ce mort en travers de ma route
cette chose de sang et d’ombre
qui bouge et ne bouge pas.

Tu vis à l’écart de toi-même
quel est ce visage absent
cet étranger que tu traînes
et qui rame à contre-courant ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ensemble’ment (Patrick Laupin)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



ensemble’ment
seuls

(Patrick Laupin)


Illustration: Gilbert Garcin

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , | Leave a Comment »

JUBILATION (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019



Illustration
    
JUBILATION

Une à une, les choses se sont vidées
et il n’a plus rien à faire. Il reste seul,
il regarde ses mains, ses ongles — si étrangers —
se caresse encore une fois le menton, fait attention : —
un autre menton, tout simplement si étranger,
si profondément et si naturellement étranger, que lui-même
en vient à se réjouir de son caractère intact.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Epitaphe (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Epitaphe

Il naquit,
Il fut toujours seul
Parmi tant de monde ;
Avec tant de mots
Il se tut;
Puis il mourut, il prit congé du soleil.

***

Epitafio

Nacque ;
Fu sempre solo
Tra tanta gente ;
In molte parole
Tacque ;
Indi mori, s’accomiato dal Sole.

(Tommaso Landolfi)


Illustration: Vincent Van Gogh

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Se relire (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Se relire:
se retrouver seul,
dans la salle décorée,
au lendemain de la fête.

(Edmond Jabès)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Chacun reste seul (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Benoit Colsenet
    
Chacun reste seul sur le coeur de la terre
percé par un rayon de soleil
et soudain c’est le soir.

***

Ognuno eta Bolo sul cuor sella ferra
trafitto da un raggio di sole
ed è subito sera.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La folle complainte (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



homme _poussiere
    
La folle complainte

Les jours de repassage,
Dans la maison qui dort,
La bonne n´est pas sage
Mais on la garde encore.
On l´a trouvée hier soir,
Derrière la porte de bois,
Avec une passoire, se donnant de la joie.
La barbe de grand-père
A tout remis en ordre
Mais la bonne en colère a bien failli le mordre.
Il pleut sur les ardoises,
Il pleut sur la basse-cour,
Il pleut sur les framboises,
Il pleut sur mon amour.

Je me cache sous la table.
Le chat me griffe un peu.
Ce tigre est indomptable
Et joue avec le feu.
Les pantoufles de grand-mère
Sont mortes avant la nuit.
Dormons dans ma chaumière.
Dormez, dormons sans bruit.

Berceau berçant des violes,
Un ange s´est caché
Dans le placard aux fioles
Où l´on me tient couché.
Remède pour le rhume,
Remède pour le cœur,
Remède pour la brume,
Remède pour le malheur.

La revanche des orages
A fait de la maison
Un tendre paysage
Pour les petits garçons
Qui brûlent d´impatience
Deux jours avant Noël
Et, sans aucune méfiance,
Acceptent tout, pêle-mêle :
La vie, la mort, les squares
Et les trains électriques,
Les larmes dans les gares,
Guignol et les coups de triques,
Les becs d´acétylène
Aux enfants assistés
Et le sourire d´Hélène
Par un beau soir d´été.

Donnez-moi quatre planches
Pour me faire un cercueil.
Il est tombé de la branche,
Le gentil écureuil.
Je n´ai pas aimé ma mère.
Je n´ai pas aimé mon sort.
Je n´ai pas aimé la guerre.
Je n´ai pas aimé la mort.
Je n´ai jamais su dire
Pourquoi j´étais distrait.

Je n´ai pas su sourire
A tel ou tel attrait.
J´étais seul sur les routes
Sans dire ni oui ni non.
Mon âme s´est dissoute.
Poussière était mon nom.

(Charles Trenet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :