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Poésie

Posts Tagged ‘s’évader’

SOIR (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



Illustration: Beverly Ash Gilbert
    
SOIR

(Ma Lucie avait-elle
les pieds dans le ruisseau?)

Trois immenses peupliers
une étoile.

Le silence mordu
de grenouilles paraît
une gaze piquée
de verts grains de beauté.

Sur la rive
un arbre sec
se voit fleurir en cercles
concentriques.

Et sur l’eau mes songes s’évadent
vers une fille de Grenade.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Si je m’évade (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration: Igor Morski
    
Si je m’évade

Si je m’évade il vient à ma rencontre.
Il me surveille, il ne me quitte pas.
Il me connaît comme on connaît ses mains.
Il me déteste, il m’aime tour à tour.
Il me détruit ne se détruisant pas.

Je l’ai suivi, je connais ses pratiques.
Je lui dis tu quand il m’est étranger.
S’il était là sans que j’y sois moi-même,
j’aurais gagné mon étrange combat.

Nous sommes deux, parfois nous sommes mille.
Nous répétons je tu il nous vous ils
et tous les temps ne nous suffisent pas
pour conjuguer nos verbes condamnables.

Il vit en moi mais je sais qu’il est autre
et je suis l’autre aussi quand il est moi.
Ce corps étroit ne nous contient qu’à peine
et nous serons tous deux même cadavre.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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La ravissante finesse avec laquelle le vert s’évade du mot « vert » (Tsvia Litevski)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




La ravissante finesse
avec laquelle le vert s’évade
du mot « vert »

Le vert en chemin vers le vert.

Qu’il est long, le chemin

(Tsvia Litevski)

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Alchimistes (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Alchimistes

Prenez de votre vie, une peine, un souci,
Qui flétrit votre cœur, et trouble votre esprit,
Qui vous ronge la nuit, et vous hante le jour,
Quelque chose de bien gris, quelque chose de bien lourd,

Cette douleur secrète, exprimez-la en mots,
Mais pas n’importe lesquels, choisissez les plus beaux,
Ceux qui charment l’oreille, et allument les yeux
Assemblez les, créer, un ensemble harmonieux.

Parlez en métaphores et parlez en images,
Que votre esprit s’évade, dans ce beau paysage,
Qu’il quitte sa prison, qu’il lâche son boulet,
Et oublie un instant, ce qui l’a fait pleurer.

En alternant les rimes, en alternant les sons,
Vous composez un rythme, le poème est chanson,
Les mots bercent, caressent et apaisent le cœur,
Les mots vibrent, s’envolent, emportant la douleur.

La poésie est force, et le verbe magique,
Laissez-vous envahir, par sa douce musique.
Sur elle, votre cœur danse, il se sent plus léger,
Sur elle, votre cœur chante, l’espérance renait,

La lumière des mots, illumine votre sort,
Le lourd, le gris, le plomb, s’est transformé en or,
Vous avez fait du beau, à partir du triste,

Poètes, ignoriez-vous, être des alchimistes ?

(Martine Hadjedj)

Illustration: Nathalie Oso

 

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Roseau (Tsvia Litevski)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Roseau

La ravissante finesse
avec laquelle le vert s’évade
du mot « vert » —

Le vert en chemin vers le vert.

Qu’il est long, le chemin

(Tsvia Litevski)


Illustration: Kim Blair

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Donne-moi ton corps mouillé (Mackenzy Orcel)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Donne-moi
ton corps mouillé
que je m’évade
écris le pays rêvé
en dérive lumineuse
en milliers de voiliers
à la mer

(Mackenzy Orcel)

Illustration: William Bouguereau

 

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Las de mon corps qui se délabre (Robert Notenboom)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



Illustration: Jean-Marie Manson
    
Las de mon corps qui se délabre
J’aimerais tant m’en évader
Te rejoindre au plus profond de ton cœur
De ton corps
A ne faire plus qu’un avec ton âme
Ayant vaincu ma propre mort

(Robert Notenboom)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Les chemins du silence
Editions: Puits de Roulle

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Séparation (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Séparation

Enfermé dans la lumière
L’espace m’avait saoulé
J’ai voulu m’évader
Mais je n’ai pu me suivre
Et je suis revenu sans moi
Les mains dans mes poches

(Pierre Albert-Birot)

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Retouche à la danse macabre (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Illustration: Michael Wolgemut
    
retouche à la danse macabre

pour
l’hiver et son freux à l’épaule
sa neige à l’haleine de fauve
un mort s’évade
ses os en ronde sur le mur

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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Je retrouve toujours mêlés à la souffrance (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Je retrouve toujours mêlés à la souffrance
Le cri mal achevé de notre amour, le goût
De tes baisers, et comme au ciel de la nuit d’août,
La musique des mots s’évade et recommence.

Le temps du désespoir n’a fait que rendre vive
Cette soif que j’avais de l’eau de ton regard,
Car pour nous séparer, le sort venait trop tard
Si même notre amour est amour fugitive.

Le ciel peut refermer sur nous sa main de nues,
L’océan nous lier avec ses goémons,
Le pain avoir le goût mortel de la ciguë
Et les oiseaux mourir dans les cours des prisons,
Ton amour est plus fort que cette trahison
Et tes yeux sont plus beaux qui saluent le matin
Quand un monde va naître avec ses lourds poisons
Du peu de sang qui reste aux fleurs de nos jardins.

Je ne sais plus où commence ta bouche,
Je ne sais plus où finissent tes lèvres,
Où s’arrête le rire courageux du matin.
Mes doigts cherchent sans fin à briser le cristal
Du rêve opaque de ton torse de neige.
Je déchire la rose noire de l’oubli.

(Albert Ayguesparse)

 

 

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