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Poésie

Posts Tagged ‘s’évanouir’

Comme un cri (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022



Illustration: Edvard Munch
    
Comme un cri

Il a cru
tout au long de son enfance
que la terre
en son innocence
était
chant d’oiseau
danse de libellule
murmure de rivière
parfum de prairie

Et puis
le chant
la danse
le murmure
le parfum
se sont évanouis

Alors soudain
le monde fut comme un cri
un immense cri dans la nuit
et il en sera ainsi
tant qu’on n’aura pas ressuscité

L’oiseau et son chant
La libellule et sa danse
La rivière et son murmure
La prairie et son parfum

(Claude Haller)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

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DEUXIÈME RETOUCHE A L’ANGOISSE (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2022



Homme-perdu-barque-film

DEUXIÈME RETOUCHE A L’ANGOISSE

Sur le plan de la mer et du ciel
dont les lumières s’encastrent
jusqu’à s’évanouir
une barque tremble
pareille à l’interrogation de l’homme
au large du bonheur

(Daniel Boulanger)

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Une brise aiguise les aiguilles de pin (Chingak)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2022



Illustration: Bang Hai Ja Ciel-Terre
    
Une brise aiguise les aiguilles de pin
Monte la tristesse profonde et lointaine
La lune roule sur les vagues de mon coeur
Dans mon esprit un cristal de silence
Écoute et regard, reflets d’un miroir
Je flâne en pinçant les cordes de mon coeur
Là où l’écho s’évanouit, s’épanouit la méditation
Coeur apaisé, cendres éteintes

(Chingak)

Recueil: Les mille monts de lune Poèmes de Corée
Traduction: Sunmi Kim
Editions: Albin Michel

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Quel flamboiement inattendu (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2021



    
Quel flamboiement inattendu,
Que cet arc dans les hauteurs,
Qui s’élance à travers les nues
Dans son éphémère splendeur !

Un bout fiché dans les feuillages,
Il embrasse le ciel à demi,
Il se perd dans les nuages,
Et tout là-haut s’évanouit.

Oh, cette brève vision irisée,
Quel délice pour les yeux !
C’est un cadeau qui t’est donné,
Saisis-le, vite, saisis-le !

Regarde, il pâlit déjà,
Encore une minute — eh oui !
Il s’en est allé
comme s’en ira
Tout ce qui fait notre vie.

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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PROMESSE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Charles West Cope -« The Thorn »

PROMESSE

Quand tu me donnes ta main c’est ton être entier
Nous voilà dépossédés copropriétaires de deux corps
Un coq flambera entre nos souffles
et nous nous évanouirons une seule présence réelle

(André Frénaud)

Illustration: Charles West Cope

 

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Le néant s’agite et crie (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



Le néant s’agite et crie
Mais le miracle attendu
Depuis le début des temps
Arrive à pas de souris

Ah reste encore immobile
Un seul geste un seul regard
Le ferait s’évanouir

11 grandit grandit grandit
Il va s’abattre sur toi

Non ne te retourne pas
Tu pourrais mourir de joie.

(Marcel Béalu)

 

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Maison à la campagne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2021



Maison à la campagne

Les routes s’égarent
Avant de traverser des villages accueillants
Au pied desquels coulent de paisibles rivières
Et des arbres vagabondent
Dans une campagne qui perle du silence
Le vent s’affûte sur un rocher
Pour aiguiser le bec de l’oiseau
Écorcher le champ
Et griffer le toit
En ricanant

Peu à peu le jour s’évanouit
Un reste de clarté se cramponne encore à la maison
Tandis que la vitre se glace
Qu’une étoile y glisse
Le sommeil caresse ton visage
Et baigne tes yeux sombres.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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Quand rapidement elle passa près de moi (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021




    
Quand rapidement elle passa près de moi, le bout de sa robe me frôla.
Comme d’une île inconnue vint de son coeur une soudaine et chaude brise de printemps.
Un souffle fugitif me caressa, et s’évanouit, tel s’envole au vent le pétale arraché à la fleur.
Il tomba sur mon coeur comme un soupir de son corps et un murmure de son âme.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil:Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage

Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage
Suspendue, vacillante
Sur un rebord escarpé;
Maintenant une longue herbe brune
Qui tremble comme la flamme;
Je suis un roseau;
Une vieille coquille qui toujours chante
La même chanson;
Un débris de jonc;
Une pierre blanche, toute blanche;
Un os;
Avant qu’à nouveau
En sable je m’en aille
Et tourne et vole
Deci, delà,
Au bord de la mer
Dans la lumière évanescente.
Car la lumière s’évanouit.
Mais si tu venais, tu ne pourrais dire :
Elle ne m’attend plus ici. Elle a oublié.»
Dans nos jeux n’étions-nous pas
Plantes, pierres et herbes sauvages,
Tandis que les navires étranges passaient
Gravement, laissant derrière eux un panache d’écume
Qui doucement se déroulait autour de notre île…
Bulles d’écume qui sur la pierre brillaient
Comme des arcs-en-ciel. Regarde, mon amour !
Non, ils sont partis,
Et leurs voiles blanches se sont fondues dans le sillage du ciel…

***

Now I am a plant, a weed

Now I am a plant, a weed,
Bending and swinging
On a rocky ledge;
And now I am a long brown grass
Fluttering like flame;
I am a reed;
An old shell singing
For ever the same song;
A drift of sedge;
A white, white stone;
A bone;
Until I pass
Into sand again,
And spin and blow
To and fro, to and fro,
On the edge of the sea
In the fading light —
For the light fades.
But if you were to come you would not say:
« She is not waiting here for me;
She has forgotten ». Have we not in play
Disguised ourselves as weed and stone and grass
While the strange ships did pass
Gently, gravely, leaving a curl of foam
That uncurled softly about our island home…
Bubbles of foam that glittered on the stone
Like rainbows? Look, darling! No, they are gone.
And the white sails have melted into the sailing sky…

(Katherine Mansfield)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Arfuyen

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