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Poésie

Posts Tagged ‘sévère’

Retouche au souvenir (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020


fenetres

 

l’ombre d’un prénom désuet
éteint l’acier du revolver
sur le bonheur du jour

deux fenêtres en bonnes soeurs
sévères et sans pensée
surveillent le silence

(Daniel Boulanger)

Illustration

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Retouche à la matinale (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020


 


 

Alexander Bartashevich  802

retouche à la matinale

du livre sous l’édredon
monte encore l’appel de la chouette
laineuse et posée sur une ligne

adolescente aux longs cils

d’en bas traîne à venir
sévère mais soulevant sa robe
l’odeur du café

(Daniel Boulanger)

Illustration: Alexander Bartashevich 

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UNE FEE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020




    
UNE FEE

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi.

C’est elle dont le luth d’ivoire
Me redit, sur un mâle accord,
Vos contes, qu’on n’oserait croire,
Bons paladins, si votre histoire
N’était plus merveilleuse encor.

C’est elle, aux choses qu’on révère
Qui m’ordonne de m’allier,
Et qui veut que ma main sévère
Joigne la harpe du trouvère
Au gantelet du chevalier.

Dans le désert qui me réclame,
Cachée en tout ce que je vois,
C’est elle qui fait, pour mon âme,
De chaque rayon une flamme,
Et de chaque bruit une voix ;

Elle, – qui dans l’onde agitée
Murmure en sortant du rocher,
Et, de me plaire tourmentée,
Suspend la cigogne argentée
Au faîte aigu du noir clocher ;

Quand, l’hiver, mon foyer pétille,
C’est elle qui vient s’y tapir,
Et me montre, au ciel qui scintille,
L’étoile qui s’éteint et brille,
Comme un œil prêt a s’assoupir ;

Qui, lorsqu’en des manoirs sauvages
J’erre, cherchant nos vieux berceaux,
M’environnant de mille images,
Comme un bruit du torrent des âges,
Fait mugir l’air sous les arceaux ;

Elle, – qui, la nuit, quand je veille,
M’apporte de confus abois,
Et, pour endormir mon oreille,
Dans le calme du soir, éveille
Un cor lointain au fond des bois.

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi !

(Victor Hugo)

 

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Les Moutons (Madame Deshouliéres)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020




Les Moutons

Hélas ! petits moutons que vous êtes heureux,
Vous paissez dans nos champs sans soucis, sans alarmes
Aussitôt aimés qu’amoureux,
On ne vous force point à répandre des larmes ;
Vous ne formez jamais d’inutiles désirs ;
Dans vos tranquilles corps l’amour suit la nature ;
Sans ressentir ses maux vous avez ses plaisirs.
L’ambition, l’honneur, l’intérêt, l’imposture,
Qui font tant de maux parmi nous,
Ne se rencontrent point chez vous,
Cependant nous avons la raison pour partage,
Et vous en ignorez l’usage.
Innocents animaux, n’en soyez point jaloux,
Ce n’est pas un grand avantage.
Cette fière raison dont on fait tant de bruit,
Contre les passions n’est pas un sûr remède ;
Un peu de vin la trouble, un enfant la séduit ;
Et déchirer un coeur qui l’appelle à son aide
Est tout l’effet qu’elle produit ;
Toujours impuissante et sévère,
Elle s’oppose à tout et ne surmonte rien.
Sous la garde de votre chien
Vous devez beaucoup moins redouter la colère
Des loups cruels et ravissants,
Que, sous l’autorité d’une telle chimère,
Nous ne devons craindre nos sens.
Ne vaudrait-il pas mieux vivre comme vous faites
Dans une douce oisiveté ?
songe,
Ces prétendus trésors, dont on fait vanité,
Valent moins que votre indolence :
Ils nous livrent sans cesse à des soins criminels ;
Par eux plus d’un remords nous ronge ;
Nous voulons les rendre éternels,
Sans songer qu’eux et nous passerons comme un
Il n’est, dans ce vaste univers,
Rien d’assuré, rien de solide ;
Des choses ici-bas la fortune décide
Selon ses caprices divers.
Tout l’effort de notre prudence
Ne peut nous dérober au moindre de tes coups.

(Madame Deshouliéres)

 

 

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Mes désirs ne sont point lassés (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2020



Illustration: Zinovy Shersher
    
Mes désirs ne sont point lassés.
Donne-moi tes baisers, maîtresse!
Je n’en aurai jamais assez.
J’en veux boire jusqu’à l’ivresse.

Donne-moi tes baisers! Encor!
Je veux boire à ta bouche rose.
Tu me dis, et j’en suis d’accord,
Que c’est toujours la même chose;

Mais c’est toujours nouveau pourtant!
Je suis un buveur peu sévère,
De ceux qui boivent tant et tant
Qu’ils se noient au fond de leur verre.

Folle, il faut te griser aussi.
Laisse-toi donc faire, et sois ivre !
Donne tes baisers, comme si
Tu n’avais plus qu’un jour à vivre.

(Jean Richepin)

 

 

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Retouche à l’échange (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

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retouche à l’échange

tes yeux sont l’oriflamme de mes troupes
tes mains la tresse des victoires
tes mots dans le jardin sévère
les stèles de mes herbes

l’un n’est premier ni l’autre suit
mon sommeil est la ruche de tes rêves
et sur tes fleurs de nuit
mon âme fait son bruit d’abeille

(Daniel Boulanger)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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Une fille de Qin (Luxun)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Une fille de Qin, visage sévère,
fait vibrer sa harpe
La poussière des poutres danse
dans le vent léger de la nuit
Tout à coup la note, trop vive,
a brisé la corde de glace
Mais on voit, rapide, s’enfuir une étoile,
tel un cri puissant

(Luxun)

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Rondeau des cygnes d’Angleterre (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2020



Illustration 
    
Rondeau des cygnes d’Angleterre

Les beaux cygnes d’Angleterre
Des grands parcs et des rivières
Appartiennent à la Reine
C’est eux qui portent sa traîne
Au palais de Westminster

Ils ont l’air noble et sévère
Un long cou blanc comme laine
Ou neige ou d’un noir d’ébène
Les beaux cygnes d’Angleterre

Si on leur parle ils ne prennent
De répondre pas la peine
Tout le monde doit se taire
Et c’est pourquoi je préfère
Les oies qui veillent Big Ben
Aux beaux cygnes d’Angleterre

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne sors plus (Hervé Prudon)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration: Hervé Prudon  
    
je ne sors plus trop fatigant
alors j’écris feignant
je voudrais vous y voir
mes efforts vont à l’essentiel
j’écris du fond de mon fauteuil
un oeil au ciel
et l’autre au seuil
de mon cercueil
l’infime poésie
il va être à court de noisettes
le petit écureuil
je voudrais vous voir mes mignons
à court de provisions
le corps mou l’esprit flou
vous seriez mes beaux frères moins sévères

(Hervé Prudon)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Devant la mort
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les corbeaux (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Les corbeaux

Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus…
Sur la nature défleurie
Faites s’abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.

Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d’avant-hier,
Tournoyez, n’est-ce pas, l’hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu’au fond du bois enchaîne,
Dans l’herbe d’où l’on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Rimbaud Cros Corbière Lautréamont Oeuvres Poétiques complètes
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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