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Posts Tagged ‘s’exalter’

Quand le réel s’exalte (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018




    
Quand le réel s’exalte, il y a la beauté.
La beauté est une violence du réel.
Proche du terrible.

(Roger Munier)

 

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Douleur (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Douleur

Ce soir je me sens malheureux
C’est qu’il a menti le beau songe
Je m’exaltais en plein mensonge
Ah ! comme j’en sors douloureux

Je croyais, et c’était ma gloire
J’espérais, c’était mon bonheur
Et maintenant, j’ai dans le coeur
Le mal affreux de ne plus croire

Je pleure, et ma main tremble un peu
Demain, je serai triste encore
Je verrai sans plaisir l’aurore
Et sans plaisir l’infini bleu

Quand on souffre par une femme
Sans espoir d’être consolé
On ne voit, d’un oeil désolé
Que le ciel sombre de son âme

(Albert Lozeau)


Illustration

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LES CORBEAUX (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




LES CORBEAUX

Au-dessus du coin noir s’affairent
A midi les corbeaux au cri dur.
Leur ombre effleure la biche
Et parfois on les voit, bougons, se poser.

Ô comme ils troublent le brun silence
Dans lequel un labour s’exalte
Comme femme charmée d’un lourd pressentiment,
Et parfois on entend leurs querelles

Pour une charogne qu’ils flairent quelque part,
Puis soudain ils mettent cap au nord
Et disparaissent tel un convoi mortuaire
Dans les airs qui tremblent de volupté.

***

DIE RABEN

Über den schwarzen Winkel hasten
Am Mittag die Raben mit hartem Schrei.
Ihr Schatten streift an der Hirschkuh vorbei
Und manchmal sieht man sie mürrisch rasten.

O wie sie die braune Stille stören,
In der ein Acker sich verzückt,
Wie ein Weib, das schwere Ahnung berückt,
Und manchmal kann man sie keifen hören

Um ein Aas, das sie irgendwo wittern,
Und plötzlich richten nach Nord sie den Flug
Und schwinden wie ein Leichenzug
In Lüften, die von Wollust zittern.

(Georg Trakl)

Illustration: Vincent Van Gogh

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Passer (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



passer

on trouve encore
dans le café de l’avenue
le bois et le cuivre
dont s’exalte un travail du moi
puis l’écart entre un homme
attablé derrière la vitre
et son regard
creusé par on ne sait quoi
fait oublier la durée belle

(Hédi Kaddour)


Illustration

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VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI

Voici s’ouvrir les fleurs de mai,
S’éployer librement les feuilles;
Dans chaque corolle une abeille
Et sur chaque branche un oiseau.

Le ruisseau chante avec bonheur,
Le soleil rayonne avec joie,
Je suis la seule à me languir
Et tout est ténèbre pour moi.

Ô de glace est mon coeur, de glace!
Il ne veut, ne peut s’exalter;
Il est sans sympathie aucune
Pour ce ciel baigné de clarté.

Ô défunte est ma joie, défunte!
Il me tarde d’être en repos
Et que la terre humide couvre
Cette poitrine désolée.

Fussé-je entièrement seule,
Peut-être serait-ee moins sombre :
Une fois tout espoir perdu,
Je n’aurais plus sujet de craindre.

Mais les yeux ravis qui m’entourent
Devront pleurer comme les miens,
Je devrai voir le même orage
Éclipser leur radieux matin.

Si le ciel déversait sur moi
Cette pluie de futurs malheurs
En épargnant leurs tendres âmes,
Je la souffrirais de bon coeur.

Hélas, comme l’éclair dessèche
Tant le vieil arbre que le jeune,
Eux et moi nous devrons subir
Un inéluctable destin.

***

MAY FLOWERS ARE OPENING

May flowers are opening
And leaves opening free;
There are bees in every blossom
And birds on every tree.

The sun is gladly shining,
The stream sings merrily,
And I only am pining
And all is dark to me.

D cold, cold is my heart!
It will not, cannot rise;
It feels no sympathy
With those refulgent skies.

Dead, dead is my joy,
I long to be at rest;
I wish the damp earth covered
This desolate breast.

If I were quite alone,
It might not be so drear,
When all hope was gone,
At least I could not fear.

But the glad eyes around me
Must weep as mine have done,
And I must see the same gloom
Eclipse their morning sun.

If heaven would rain on me
That future storm of care,
So their fond hearts were free
1’d be content to bear.

Alas! as lightning withers
The young and agèd tree,
Both they and 1 shall fall beneath
The fate we cannot flee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Les derniers jours de l’automne (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016




Les derniers jours de l’automne

Après les moissons, après la grappe de septembre, après la pomme et les prunelles des haies,
voici venir des cieux plus lents : l’automne est là où pourrit l’herbe morte.
Les feuilles meurent à l’arbre qui leur a donné forme.
L’automne hésite au déclin de son âge.
Dans la nudité du ciel, le soleil revenu fête la terre en son sommeil premier.
L’ombre d’un arbre proche atteint la blancheur d’un mur.
Et tout se répond et s’exalte dans ce jour de cristal : l’oiseau, le ciel, l’arbre et la pierre.

(Luc Dietrich)

Illustration: Eric Bruni

 

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Ô Spasmes (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2016



Ô Spasmes, mélange
Du diable avec l’Ange
Sous le même lange
Où battent leurs coeurs
S’exalte un échange
De vives liqueurs.

(Paul Valéry)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Ce n’est pas difficile (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



Ce n’est pas difficile
Dans une touffe d’herbe
De voir un incendie
Où s’exaltent des cathédrales,

De voir un fleuve qui se presse
Pour les sauver.

Pas difficile
D’y voir des filles nues
Faire la nique aux cathédrales
Et danser sur le fleuve
Qui chante l’incendie,

D’y voir venir l’armée
Crachant par tous ses tanks
Pour, sur le dos du fleuve,
Acclamer sa victoire.

– Mais voir la touffe d’herbe.

(Guillevic)

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O, si chère (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



O, si chère de loin …

O si chère de loin et proche et blanche, si
Délicieusement toi, Mary, que je songe
À quelque baume rare émané par mensonge
Sur aucun bouquetier de cristal obscurci

Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici
Toujours que ton sourire éblouissant prolonge
La même rose avec son bel été qui plonge
Dans autrefois et puis dans le futur aussi.

Mon coeur qui dans les nuits parfois cherche à s’entendre
Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre
S’exalte en celui rien que chuchoté de soeur

N’étant, très grand trésor et tête si petite,
Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur
Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Gustav klimt

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Ode II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Van Balen Hendrik, l'Ancien le_festin_des_dieux32550

Ode II

Sur la nappe ouvragée où le festin s’exalte,
La venaison royale alterne aux fruits des îles ;
Dans les chypres et les muscats de Rivesalte,
Endormeur des soucis, ô Léthé, tu t’exiles.

Mais l’antique hippogriffe au vol jamais fourbu,
M’a porté sur son aile à la table des dieux ;
Et là, dans la clarté sidérale, j’ai bu,
A pleine urne, les flots du nectar radieux.

(Jean Moréas)

Illustration: Van Balen Hendrik, l’Ancien

 

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