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Poésie

Posts Tagged ‘sexe’

Fille des eaux et de la tempête (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Fille des eaux et de la tempête
l’écume de ta robe
cache tes cuisses de rochers
ton sexe d’algues
et tes seins d’écueils
que galbe la marée
tes seins que le vent
habille ou dénude
de leur voile de brume.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Rire et pleurer (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Je ne crois pas que nos visages
Finissent au-dessous
Du menton

Mes mains mon sexe mon dos
Et mes genoux savent
Rire et pleurer

(Werner Lambersy)

Illustration: Konstantin Andreevich Somov

 

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Eloge du Feu Sacré (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020


AmantTantrique

A l’heure de la fête réciproque
le corps de l’homme s’en remet aux mains,
au nez, aux yeux, aux lèvres, au sexe,
pour brûler la joie de vivre
dans le temps et l’espace de la femme:
le sang viril, en orbite vers son salut,
touche, sent, regarde, savoure, pénètre,
déchalbore le feu sacré de la femme:
au lieu de transit du destin et du cri,
fortement le sang chaud s’appuie
sur le ciel pour être à la hauteur
de l’émerveillement féminin.

(René Depestre)

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Virginité (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



« Baisez mes yeux, baisez mes seins,
Baisez ma hanche sinueuse,
Toute ma chair voluptueuse,
Avec de monstrueux desseins ».

« Mais laissez mon sexe et ma bouche.
J’adore voir, dans votre oeil clair,
Un rauque éclair,
Un éclair louche,
Dur et farouche. »

La vierge priait, ardemment,
Accroissant ses désirs, ses vices,
Et sans sévices,
J’étais amant,
Atrocement.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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Habillage (Philippe Claudel)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2020



Illustration: Pascal Renoux
    
Habillage

Mon amour
Mon Dieu que c’est long
Que c’est long
Ce temps sans toi
J’en suis à ne plus compter les jours
J’en suis à ne plus compter les heures
Je laisse aller le temps entre mes doigts
J’ai le mal de toi comme on a le mal d’un pays
Je ferme les yeux
J’essaie de retrouver
Tout ce que j’aime de toi
Tout ce que je connais de toi
Ce sont tes mains
Tes mains qui disent comme ta bouche les mots
En les dessinant dans l’air et sur ma peau parfois
Tes mains serrées dans le sommeil avec la nuit
Dans le creux de ta paume
Tes mains qui battent les rêves comme des cartes à jouer
Tes mains que je prends dans les miennes
Pendant l’amour
Ce matin tandis que le soleil venait à la fenêtre j’ai fermé les yeux
Et ta bouche s’est posée sur ma bouche
La tienne à peine ouverte
Et tes lèvres doucement se sont écrasées sur les miennes
Et ta langue s’est enroulée à ma langue
J’ai songé à l’Italie alors
Au citronnier de Ravello accroché dans l’à-pic au-dessus de la mer
Très bleue
Au vent dans tes cheveux
Tu portais ta robe rose
Elle devenait une fleur
Elle jouait avec tes cuisses et tes bras nus
Le vent la tordait comme un grand pétale souple
Le vent chaud comme ton ventre après l’amour
Tandis que mon sexe dans ton sexe frémit encore et s’émerveille
Que le plaisir a rendu mauves nos paupières
Que nous sommes couchés non pas l’un contre l’autre
Mais l’un à l’autre
Oui l’un à l’autre mon amour
Mon présent s’orne de mille passés dont il change la matière
Et qui deviennent par ta grâce des présents magnifiques
Ces heures ces instants ces secondes au creux de toi
Je me souviens du vin lourd que nous avions bu
Sur la terrasse tandis que la nuit couvrait tes épaules
D’un châle d’argent
Je me souviens de ton pied gauche jouant avec les tresses de ta sandale
La balançant avec une grâce qui n’appartient qu’à toi
Je me souviens de ce film de Nanni Moretti Caro Diaro
Vu dans un vieux cinéma
Des rues de Rome
De la lumière orangée de la ville
Et de la Vespa que nous avions louée quelques jours plus tard
Et nous avions roulé comme Nanni dans le film
Sans but et sans ennui
Dans l’émerveillement du silence de la ville
Désertée pour la ferragosto
Tu me tenais par la taille et tu murmurais à mon oreille
« Sono uno splendido quarantenne »
Et tu riais
Et je riais avec toi sous le nuage des pins parasols
Dans les parfums de résine
Et le soir devant le grand miroir rouillé de la très petite chambre de l’hôtel
Tu jouais un autre film
« Tu les trouves jolies mes fesses ?
Oui. Très.
Et mes seins tu les aimes.
Oui. Enormément. »
Et je disais oui à tout
Oui à toi
Oui à nous
Je sors une heure chaque jour
Cela est permis
Je marche je tourne je tourne en rond
Et rien ne tourne rond
Pour moi sans toi
Pour moi loin de toi et qui n’ai plus que ma mémoire
Pour te faire naître dans mon cerveau
Et l’apaiser l’embraser t’embrasser te serrer te chérir en lui
Hier le surveillant tandis que je rentrais dans ma cellule après la promenade
M’a dit que le confinement allait prendre fin au-dehors

Dombasle-sur-Meurthe, le 20 mai 2020

(Philippe Claudel)

 

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À fleur de peau (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
À fleur de peau

La sueur des ailes tourne
délicate vertigineuse intime
tourbillonne entre le jade séducteur
et la sombre goutte brûlante
mûrit parmi les pédoncules sensibles
improvise en émois de cristaux de sang

Les pétales

Les bijoux grandissent et s’agitent mouillés
des rameaux du café aux coques de la vigne
des clignements lointains aux chemins des nervures
les rubans se faufilent parmi les vagues des écailles

Le calice
la rosée des ailes
je t’aime

Le sexe oscille entre le fauve et le roux
les baisers des truites glissent dans leurs dentelles
entre les pépiements des rives et les galets ocellés
tandis que les cheveux se nouent dans les bijoux

La corolle
viens avec moi
vitrail d’aube
le parfum brille entre les roses
respire

Tout autour de nous
tout proche
le bonheur des sommeils

Respire encore

L’émail tourne entre le rose et le jaune
du sursaut vert aux volets doucement
lentement la mésange explore les remblais
lissant ses plumes dans les flaques de sueur

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Le brouillard est au long de nous (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



    

Le brouillard est au long de nous…
À Pierre Seghers

Le brouillard est au long de nous
C’est comme une femme étendue
Les arbres de son sexe roux
Le bleu de sa peine mal tue
-— Je t’offre la douceur de tout.

Moi, je marche et je suis en guerre
J’ai mon fusil de lyre à feu
Mon casque et dans mes cartouchières
Trente-cinq cris de frères blonds
Qui m’eussent pu sourire hier.

La route est une image d’âme
Avec ses trous, ses flaques d’eau
Je suis un grand blessé d’étoiles
Infirme d’un coeur à vau-l’eau
Sur un radeau d’aubépines pourries.

(Luc Bérimont)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Chanson de vacances (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Chanson de vacances

Village muré
Murailles dorées
Enclos de soleil
Feu d’herbes en forêt.

Brune caressée
Au lit odorant
Ailée adorant
Un sexe dressé.

Le jour et la nuit
La terre et l’écume
L’amour et le fruit
Le lait et la lune.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Dans l’amour (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2019



 

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Dans l’amour,
il y a encore l’immobilité,
ce sexe géant.

(René Char)

 

 

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D’amour je me suis brûlé (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019



    

D’amour je me suis brûlé
D’amour encore me voici
Touché en plein cœur Je
Voudrais être une nouvelle
Fois celui qui de sexe et de
Cœur tant vous aima nue
D’amour me voici brûlé

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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