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Posts Tagged ‘s’exhaler’

Après le froid et le vent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



 

 

Après le froid et le vent, j’avais
Du plaisir à me chauffer dans l’âtre.
Je ne me suis pas méfiée assez :
On m’a volé mon coeur par mégarde.

La fête du jour de l’An s’étire,
Et les roses humides s’exhalent;
Mais je n’entends plus dans ma poitrine
Le bruissement des cigales.

J’ai deviné sans peine le voleur :
Ses yeux, son regard le trahissent.
Je sais que bientôt, pour mon malheur,
Il me rendra de lui-même sa prise.

(Anna Akhmatova)

 

 

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L’adieu (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Musée Bonnat - Idylle - Léon Bonnat (1890)

L’adieu

Le soir fraîchissait dans les roses.
Inquiets de troubler ce charme défaillant,
Des êtres inconnus, voluptueusement,
Atténuaient les choses
De voiles hyacinthes, semblables à des mers.
Tout s’effaçait en un calme silence,
Et devenait l’imperceptible hier.
Des choses qui mouraient paraissaient immortelles,
D’autres, languissamment, s’exhalaient dans le ciel,
Et pour qu’aucun regret n’en fût en nos pensées,
Tout en nous oubliant, semblaient comme oubliées.

Mais, à cette heure suprême
Nos visages encor tournés vers le bonheur,
Attardés dans le soir, dans l’adieu, dans les pleurs,
Attardés en nous-mêmes ;
Nous voulions, malgré que tout espoir fût vain,
Revivre ce beau jour, et seuls, le soir atteint,
Seuls, nous ne savions nous détacher des choses,
À l’heure où les parfums se détachaient des roses,
Et la lumière de notre seuil.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Léon Bonnat

 

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La femme se parfume (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Illustration
    
La femme se parfume,
car son être s’exhale, est parfum.

(Roger Munier)

 

Recueil: Contre-jour
Traduction:
Editions: Atelier la Feugraie

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Les barques d’or (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



barque-en-or-irlande [800x600]

Les barques d’or

Les barques d’or du bel été
Qui partirent, folles d’espace,
S’en reviennent mornes et lasses
Des horizons ensanglantés.

A coup de rames monotones,
Elles s’avancent sur les eaux ;
On les prendrait pour des berceaux
Où dormiraient des fleurs d’automne.

Tige de lys au beau front d’or,
Toutes vous glissez abattues ;
Seules les roses s’évertuent
A vivre, au delà de la mort.

Qu’importe à leur beauté plénière
Qu’octobre luise ou bien avril :
Leur désir simple et puéril
Boit jusqu’au sang, toute lumière.

Même aux jours noirs, quand meurt le ciel,
Sous la nuée âpre et hagarde,
Sitôt qu’une clarté darde,
Elles s’exhalent vers Noël.

Vous, nos âmes, faites comme elles ;
Elles n’ont pas l’orgueil des lys,
Mais détiennent, entre leurs plis,
L’ardeur sacrée et immortelle.

(Emile Verhaeren)

 Illustration

 

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LE SOIR (Maurice Olivaint)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Henri Adrien Tanoux (French, 1865-1923) [800x600]

LE SOIR

D’APRÈS UN PASTEL DE MARIE-JOSEPH IWIL

Sous un dais de feuillage embaumé qui se mire
Dans le golfe, où la lune au visage blêmi
Epanche la clarté de son regard ami,
La vierge se recueille en effleurant sa lyre.

Elle égrène des chants que ses yeux semblent lire
Au beau livre du ciel entr’ouvert, et parmi
Les larmes, bleus feuillets déroulés à demi
Par le doigt invisible et léger du zéphire.

Le rêve voilé d’ombre, et qui sommeille encor,
Tressaille aux sons glissant le long des cordes d’or ;
Du silence s’élève une lente harmonie ;

Et des fleurs, dont un souffle agite l’encensoir,
Jusqu’aux astres épars dans la sphère infinie,
S’exhale avec douceur l’âme errante du soir.

(Maurice Olivaint)

Illustration: Henri Adrien Tanoux 

 

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L’AVEU (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Constantin Brancusi
    
L’AVEU

A ma dame

Ton âme avait alors la blancheur des grands lys
Que berce la chanson des vents rasant la terre ;
L’Amour était encor pour toi tout un mystère,
Et la sainte candeur te drapait dans les plis

De sa robe… Ce fut par les bois reverdis,
A l’heure où dans le ciel perce la lune austère.
Je te vis, je t’aimai, je ne pus te le taire
Et tout naïvement alors je te le dis.

Tu fixas sur mes yeux tes yeux de jeune vierge,
Brillants de la clarté douce et pure d’un cierge,
Ton front rougit…. tu n’osas pas me repousser.

Et l’aveu tremblotant, dans un soupir de fièvre,
S’exhala de ton cœur pour errer sur ta lèvre,
Où je le recueillis dans un premier baiser.

(Gaston Couté)

 

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Tant d’ouate… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Martine Ivaldi
    
Tant d’ouate…

Tant d’ouate sanguinolente,
Parmi les marais s’entassant,
Toutes ces odeurs si ferventes
Qu’exhale l’étang croupissant…

Il monte des mauves bourbiers
Où pourrit l’herbe par torchées,
Des parfums comme extasiés
Vers quelles déités cachées?

Des parfums d’un tel idéal
Evocateurs et d’une ivresse
Si pénétrante qu’ils font mal:
Poignard aigu qui vous transperce,

Ou langoureux baiser qui mord.
Quel secret profond balbutie
Par delà l’amour et la mort
La vase où baignent les orties?

(Marie Dauguet)

 

 

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Evocation (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Evocation

A l’ombre de l’usine, ton jardin
était tout petit, sans fleurs.
Des plantes y naissaient et renaissaient
pour n’être pas regardées.

De vagues projets d’existence
s’exhalaient du soleil et de l’eau,
et même de cette sécrétion
qui dans tes yeux se retenait.

Nul ne t’a vue lorsque, courbée,
tu écartais l’escargot
du chemin étroit des fourmis,
nul même n’a entendu ton appel.

Car tu as appelé (il était tard déjà)
et la voix de l’usine a amorti
ta fugue pour le sans-pays
et le sans-temps. Mais je me souviens de toi

et je te rattrape vivante, petite fille,
concevant si tôt le projet de ce jardin
où, je le sais, tu te trouves recluse,
sans que nul, nul ne te pressente.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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Mon Paradis (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
Mon Paradis

Mon Paradis est un doux pré de violettes
Où le chant régnera sur des âmes muettes.
Mon ciel est un beau chant parmi les violettes.

Mon Ciel est la très calme éternité du soir
Où le regard se fait plus profond pour mieux voir
Et c’est l’Eternité dans le ciel d’un beau soir…

Mon Paradis est une éternelle musique.
Qui s’exhale divine allégresse rythmique…
Mon Paradis est le règne de la musique…

Car ce sera, là-haut, le triomphe du chant,
Le règne de la paix dans le Ciel du couchant,
Où rien ne survit plus que l’amour et le chant.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Départ trouble (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017




    
Départ trouble

Des arbres déchus de leurs gloires
S’exhalent les regrets tardifs,
Et les roses rouges et noires
Dardent leurs parfums sous les ifs.

Voici l’heure des adieux mornes,
O mon Désir ! O mon Souci !
Je vais par les chemins sans bornes,
Car les lys se meurent ici.

Tes seins livrent à l’air nocturne
Leurs dangereuses floraisons :
Accorde à mon voeu taciturne
Tes mains qui filtrent les poisons.

Les oiseaux que le jour accable
Prennent leur ténébreux essor,
Et tes longs pieds creux sur le sable
Ont laissé leur empreinte d’or.

La luciole tremble et brûle
Moins que ton incertain regard…
J’entends au fond du crépuscule
Le divin sanglot du départ.

(Paule Riversdale)

 

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