Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’exiler’

Soirs de fête (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Ernest Pignon-Ernest mn

 

Soirs de fête

Je suis la Gondole enfant chérie
Qui arrive à la fin de la fête,
Pour je ne sais quoi, par bouderie,
(Un soir trop beau me monte à la tête !)

Me voici déjà près de la digue ;
Mais la foule sotte et pavoisée,
Ah ! n’accourt pas à l’Enfant Prodigue !
Et danse, sans perdre une fusée….

Ah ! c’est comme ça, femmes volages !
C’est bien. je m’exile en ma gondole
(Si frêle !) aux mouettes, aux orages,
Vers les malheurs qu’on voit au Pôle !

– Et puis, j’attends sous une arche noire….
Mais nul ne vient; les lampions s’éteignent ;
Et je maudis la nuit et la gloire !
Et ce coeur qui veut qu’on me dédaigne !

(Jules Laforgue)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Amour, amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Amour, amour, à la tour du ciel les nuages
montèrent telles de triomphantes lavandières,
et tout brida en bleu d’azur, tout fut étoile :
la mer, la nef, le jour s’exilèrent ensemble.

Viens voir les cerisiers dans leur eau constellée
viens voir la ronde clef de l’univers rapide,
viens toucher le feu de l’azur instantané,
viens avant que ses pétales soient consumés.

Il n’est ici que lumière, quantités, grappes,
il n’est qu’espace ouvert par les vertus du vent
jusqu’à livrer les derniers secrets de l’écume.

Et parmi tant de bleus célestes, submergés,
nos yeux se sont perdus, ils devinent à peine
les puissances de l’air et les clefs de la mer.

***

Amor, amor, las nubes a la torre del cielo
subieron como triunfantes lavanderas,
y todo ardió en azul, todo fue estrella :
el mar, la nave, el día se desterraron juntos.

Ven a ver los cerezos del agua constelada
yla clave redonda del rápido universo,
ven a tocar el fuego del azul instantáneo,
ven antes de que sus pétalos se consuman.

No hay aquí sino luz, cantidades, racimos,
espacio abierto por las virtudes del viento
hasta entregar los últimos secretos de la espuma.

Y entretantos azules celestes, sumergidos,
se pierden nuestros ojos adivinando apenas
los poderes del aire, las llaves submarinas.

(Pablo Neruda)

Illustration: Rafal Olbinski

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah! c’est en vain (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Ah! c’est en vain, c’est bien en vain que je m’exile !
Je ne trouverai pas le refuge et l’asile.

Pourquoi chercher? Pourquoi?
Je ne puis me sauver du passé qui m’accable.
Je ne puis éviter le fantôme implacable.

Le fantôme est en moi.

(Jean Richepin)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ramures (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



Ramures

En face à face de ciel
Huilés de clarté
Là-bas
Si nus
En élan si pur
Les hêtres
Où s’évade le jour
Où lèvent des lueurs d’été
Et s’exile l’hiver
S’exile
L’amer
Des ramures désertées
Ramures offertes
A l’Infini
Sa lumière
Et d’Infini saisies

(Kristel Saint-Cyr)

 Illustration: Magdalena Bronakowska

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous habitons la plus belle des lles (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2016



 

Nous habitons la plus belle des lles,
Celle qui chante au vent des profondeurs
Dans l’abandon des secrètes rumeurs
Que font en nous les silences dociles.

Tu m’as conduit sur ses plages tranquilles :
J’y vois trembler d’inhumaines lueurs
Sur le versant de nos jours les meilleurs
Où, mise au monde, avec moi tu t’exiles.

Seuls maintenant sur la rive sans bord,
Je n’attends plus pour t’aimer que la mort
Qui mêlera, dans une autre lumière,

Ce cri de chair que ta bouche portait
A ce baiser qu’en ma nuit prisonnière
Donne à ton ombre une Ombre qui se tait.

(Louis Emié)
Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ce visage (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2016


 


Margarita Sikorskaia 2677

Ce visage a cherché dans l’air que je respire
Le masque dont la chair ne lui ressemble plus…
Avons-nous perdu le visage
Qu’un dieu choisit pour cet enfant ?…
Mille masques sur ma figure
Et je ne me ressemble plus…
Quel était dans le mien celui de mes visages
Qui m’exilait encor de ceux que j’avais eus?…

Mais ici je m’entends là-bas…
Pétrir d’un autre moi ce moi qui fut le mien…

Je suis, je me vois être, j’erre
A travers mon double enchanté…

(Louis Emié)

Illustration: Margarita Sikorskaia

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ode II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Van Balen Hendrik, l'Ancien le_festin_des_dieux32550

Ode II

Sur la nappe ouvragée où le festin s’exalte,
La venaison royale alterne aux fruits des îles ;
Dans les chypres et les muscats de Rivesalte,
Endormeur des soucis, ô Léthé, tu t’exiles.

Mais l’antique hippogriffe au vol jamais fourbu,
M’a porté sur son aile à la table des dieux ;
Et là, dans la clarté sidérale, j’ai bu,
A pleine urne, les flots du nectar radieux.

(Jean Moréas)

Illustration: Van Balen Hendrik, l’Ancien

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tant de choses (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2015



Tant de choses
sous le joug d’anciens pouvoirs,
les seuils interdits de l’ombre,
le silence, le hasard, l’errance,
qui tournent autour de nous,
et cherchent le coeur d’un monde
fêté par nos yeux.
Au ras de l’allée, les lilas s’exilent,
le thym contre les rosiers
écoute un langage
qui n’est pas le sien.
L’eau croupit sous les gouttières.
Pourquoi donc les morts
ne cessent-ils de bouger ?

(Georges Bonnet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un méandre de rivière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2015



Un méandre de rivière
Sous un manteau d’ombre
Me renvoie l’image
Des amours perdues

Je m’exile dans ma propre ville
Sous la moisissure du ciel

J’entends de nouveau les musiques colorées
A chaque carrefour
Ou dans un parc troublé
Par un sentiment d’inquiétude
Hanté par des sculptures vivantes

Sous un ciel endommagé
Par l’insolence du soleil
La rue retentit
Et la rivière se blottit
Dans cette ville

A l’horizon la colline opulente
De l’Hautil domine la Seine
Dans la paix des brouillards
Ses pentes ruissellent de verdure
Et un loin de limpidité
Tremble sur un coteau de vigne bleue

J’écoute la musique de la ville.

CONFLANS 1981

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Joseph (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2015



 

Georges de La Tour - Saint Joseph charpentier [1280x768]

Joseph

Voilà c´que c´est, mon vieux Joseph
Que d´avoir pris
La plus jolie
Parmi les filles de Galilée
Celle qu´on appelait Marie

Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Prendre Sarah
Ou Deborah
Et rien ne serait arrivé
Mais tu as préféré Marie

Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Rester chez toi
Tailler ton bois
Plutôt que d´aller t´exiler
Et te cacher avec Marie

Tu aurais pu, mon vieux Joseph
Faire des petits
Avec Marie
Et leur apprendre ton métier
Comme ton père te l´avait appris

Pourquoi a-t-il fallu, Joseph
Que ton enfant
Cet innocent
Ait eu ces étranges idées
Qui ont tant fait pleurer Marie

Parfois je pense à toi, Joseph
Mon pauvre ami
Lorsque l´on rit
De toi qui n´avais demandé
Qu´à vivre heureux avec Marie

(Georges Moustaki)

Illustration: Georges de La Tour

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :