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Posts Tagged ‘sifflement’

Endormi sous la moustiquaire (Moppo Tomita)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



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Endormi sous la moustiquaire
Au sifflement des trains
J’ai des envies de départ en vacances.

(Moppo Tomita)

Illustration

 

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Images de l’homme immobile (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


 

Gaspare Traversi   ex

Images de l’homme immobile

Recroquevillé
la main lourdement plaquée sur sa hanche
mon camarade a murmuré : ça y est.

Le silence était lisse — comme la prairie était verte
qui hacha le sifflement des obus.
C’est très simple — et c’est cela la mort.
Je pars les bras ballants.
Un camarade est mort

qui me souriait racontait et chahutait…
Et c’est arrivé
et je ne suis pas certain que ce soit arrivé
et que mille morts soient plus tragiques qu’un mort.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Gaspare Traversi

 

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C’EST À DIRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




Illustration: Fernand Dubuis

    
C’EST À DIRE
(Le bruit qui n’est pas entendu)

Pour Fernand Dubuis, qui a enrichi ce texte de couleurs rares aux harmonies inattendues.

Au tournant du verbe
accablé de masques
dont l’être intermittent
parfois surgit
lampe éphémère
pour que renaissent
les ténèbres
en vain refoulées
parfois plonge à l’oubli définitif
recours
depuis l’origine inconnue
jusqu’au-delà du futur
où tant de douleurs
enfin pétrifiées seront
c’est-à-dire
ne seront plus
voici pour le veilleur
ensommeillé
l’écho qui s’interroge
au-dehors sans répondre
le sifflement de l’ennemi
sous la porte
peut-être la clé
perdue
ou du moins ce mince fil
conducteur de vocables
mais pour qui mais pourquoi
s’il n’est rien
s’il s’enroule inutile
à l’index
ou s’il
retentit solitaire
ou s’il est incapable
de révéler autre chose
que sur le sol
à l’ombre de l’été
ce peu de traces
d’un passage
ou le bruit qui n’est pas entendu
ou les couleurs légères
de l’averse que le soleil
dispense à l’ennui
du littoral
lorsque tout espoir
et tout mal
évanouis
le sable
entonne le tumulte
les cris les rires
la blessure
et le silence même
dans une tête
aux dents serrées
inutile témoin
sur l’astre feu
lentement refroidi
d’être là
et ainsi et ainsi
et toujours
et si vous voulez
que je m’arrête
donnez-moi le mot
sinon— sans fin

je continue.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES

Des choses merveilleuses se passent dans le ciel
et dans le jardin
les petites filles jouent à la poupée
Un garçon saute à la corde
La corde de chanvre détoure une sphère
l’enfant est complètement dedans

Derrière la clôture le vent annonce l’automne
Le sifflement du chanvre
tranche l’air et grésille
comme le silence au-dessus du cimetière des insectes

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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Le couloir silencieux (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration: Marie Alloy
    
Le couloir silencieux

Prunelle noire couloir patient
mon beau silence tu sens le gaz
ton sifflement me cerne un peu plus chaque soir
mon beau silence passe tes algues
sur mes mains engourdies qui s’enfoncent encore
tous les pas se sont tus dans ma nuit de village
et le dernier juron s’éteint contre l’église
mon beau silence d’algues
de sifflement de crosse froide
tu t’épaissis.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le doux nid joyeux de l’enfance qui chante (Lewis Caroll)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Nous ne sommes, enfant, que des enfants vieillis
Qui pleurnichent, sachant qu’il faut aller dormir.
Dehors, l’âpre froidure et la neige aveuglante,
Le sifflement rageur et maussade du vent;
Au-dedans, la lueur du foyer rougeoyant
Et le doux nid joyeux de l’enfance qui chante.

(Lewis Caroll)


Illustration: Mark Ryden

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Mais dis-moi, Blaise (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



Mais dis-moi,
Blaise,
réponds,
ne t’en déplaise,
à ma petite question :
ton oiseau magique
au beau plumage,
Monsieur Cendrars,
n’était-il pas,
par hasard,
enfermé dans une cage ?

Elle est si tragique,
la beauté,
quand elle est emprisonnée…

Et le cri dont tu parles,
comme le « sifflement d’un petit jet de vapeur »,
n’était-il pas simplement
chant de désespoir
plutôt que de bonheur?

Prévert, lui,
après que l’oiseau
est entré dans la cage,
en efface les barreaux.

Il faut libérer les oiseaux
et tous les animaux.
Et les humains aussi,
de la prison de leurs préjugés.
« Effacer un à un tous les barreaux ».

Et que Jacques Prévert
prête à Paul Eluard
le pinceau de son poème
pour qu’il puisse calligraphier
sur les murs de la cité
Le doux nom de
« LIBERTĖ » !

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

 

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La tête à feux et la tête à ombres (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



La tête à feux et la tête à ombres,
quand ce n’est une poulie ou une tourelle.

À présent une silhouette bouge dans le bleu.

Derrière le panache d’une fumée
se balance une longue clef d’or.

Le navire accélère sa marche.
Il aborde.

Lorsque ce sifflement de sirène m’arrache à moi-même,
la mer n’est qu’une immense vague figée.

Je débarque dans ce port de silence.

Une mouette passe.

L’oeil d’une étoile étonnamment vive
rend soudain la nuit aveugle.

(Jules Tordjman)

Illustration: Jean-Robert Doumont

 

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SONNET (Charles-Adolphe Cantacuzène)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



SONNET

Malgré les sifflements stridents et les bagarres,
Et les cris grimaçants des freins et des essieux,
Et cette vapeur qui pénètre dans les yeux, —
Il te plaît, ô mon cœur, d’aller parmi les gares.

C’est là, mon pauvre cœur, c’est là que tu t’égares
Et que tu surprends les troubles de tant d’adieux
Que l’on veut comprimer et qui montent aux cieux
Dans l’encens fumeux des convois et des cigares.

Il te plaît d’assister au départ d’inconnus
Que tu vois aujourd’hui, que tu ne verras plus,
Et dont plus d’un a l’air farouche et magnanime.

Et puis ces femmes dans leurs tristes manteaux gris,
— Beautés chez qui tu sens des cœurs qui sont amis
Et de qui tu retiens le parfum anonyme.

(Charles-Adolphe Cantacuzène)

Illustration: Claude Monet

 

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Et pourtant les murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Les murs ne tombent pas
[43]

Et pourtant les murs ne tombent pas,
je ne sais pas pourquoi ;

un sifflement : zrr,
éclair dans une dimension

in-connue, non-déclarée ;
nous sommes impuissants,

poussière et poudre emplissent nos poumons
nos corps butent en passant

des portes tordues sur leurs gonds,
et les linteaux penchent

en diagonale ;
nous ne cessons de marcher

dans un air raréfié
qui s’épaissit en brouillard aveugle,

puis un pas rapide de côté,
car même l’air

est peu fiable,
épais quand il devrait être fin

et ténu
quand les ailes se séparent et s’ouvrent,

et l’éther
est plus lourd que le plancher,

et le plancher s’affaisse
tel un navire en détresse ;

nous ne connaissons aucune règle
de procédure,

nous sommes des voyageurs, qui découvrent
l’in-connu,

le non marqué ;
nous n’avons pas de carte;

peut-être atteindrons-nous le port,
la porte du paradis.

***

Still the walls do not fall,
I do not know why;

there is zrr-hiss,
lightning in a not-known,

unregistered dimension;
we are powerless,

dust and powder fill our lungs
our bodies blunder

through doors twisted on hinges,
and the lintels slant

cross-wise;
we walk continually

on thin air
that thickens to a blind fog,

then step swiftly aside,
for even the air

is independable,
thick where it should be fine

and tenuous
where wings separate and open,

and the ether
is heavier than the floor,

and the floor sags
like a ship floundering ;

we know no rule
of procedure,

we are voyagers, discoverers
of the not-known,

the unrecorded;
we have no map;

possibly we will reach haven,
heaven.

(Hilda Doolittle)

 

 

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