Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sifflet’

Nocturne (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Nocturne

Sifflet humide des crapauds
bruit des rames la nuit, des rames…
bruit d’un serpent dans les roseaux,
d’un rire étouffé par les mains,
bruit d’un corps lourd qui tombe à l’eau,
bruits des pas discrets de la foule,
sous les arbres un bruit de sanglots,
le bruit au loin des saltimbanques.

(Max Jacob)

Découvert chez Lara ici

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Monsieur le chef de gare… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Monsieur le chef de gare…
Biguine

1
Monsieur le chef de gare
Siffle comme un oiseau
L’oiseau s’envole en haut
Le train part dare-dare.

2
Quand un train sur sa voie
Rencontre un autre train
Il serre un peu les freins
Et siffle plein de joie.

3
Et moi, quand Joséphine
Trottine devant moi,
Rempli d’un doux émoi
Je siffle la coquine.

4
Quand je danse avec elle
Mille sifflets soudain
Roulent dans le lointain
Comme des hirondelles.

5
Et depuis, à chaque heure,
J’évoque son reflet
Qui coupe mon sifflet
Comme un fil dans du beurre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bravant tempête, vent et pluie… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Bravant tempête, vent et pluie…

Bravant tempête, vent et pluie
Noirs de suie,
Noirs de sueur,
Nous passons à toute vapeur.
Sur le train qui chemine
Nous sommes maîtres après Dieu
S’il en est un dans les cieux
Le charbon de la mine
Flambe dans nos machines.
(Bravant tempête, vent et pluie,
Noirs de sueur, noirs de suie
À coups de sifflets dans la nuit
Nous passons et le feu luit.)

Refrain
Peau noire, oeil blanc, par les voies
Les mécaniciens
Qu’ils soient tristes, qu’ils soient en joie
P.L.M. ou Transsibérien
Sous le soleil ou sous la pluie
Ardents voyageurs
Barbouillés de sueur et de suie
Passent à toute vapeur.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Adieux irréversibles (Pierre Gunst-Horn)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Ah! ce cri d’un sifflet dans la campagne
Quand les trains à vapeur s’en allaient dans le soir,
Emportant un souvenir qu’un regret accompagne,
Porteur de nos espoirs et de nos désespoirs.

Se prolonge et s’allonge ce cri dans la nuit
Du train de nos envols et de nos rêves rétrécis.
Le train qui siffle, si triste pour les humains.
Le bonheur de trouver des mots purs et lointains
Pour dire la peine du monde immonde
Qui nous enchasse et nous inonde
De la lointaine image qui nous trompe et s’estompe
Dans la la nuit où tout fuit
Avec le train qui s’enfuit,
Emportant nos regrets et nos désespoirs
Avec l’image invétérée de l’être aimé
Qui se dilue dans ce long cri du sifflet.
Un train, la nuit, un sifflet qui s’enfuit.

Dans la nuit, le sifflet pur et strident
S’envole doucement vers le firmament
Et rappelle au poète épris de nostalgie
Le bonheur d’être triste en ses mélancolies.

Un train qui s’en va, qui siffle et qui fuit
Avant que ne tombe infiniment la nuit.

(Pierre Gunst-Horn)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

METAMORPHOSES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration: Julia Chausson 
    
METAMORPHOSES

Dans cette nuit noire
que nous fait l’Histoire
j’avance à tâtons
toujours étonné
toujours médusé :

je prends mon chapeau
c’est un artichaut

j’embrasse ma femme
c’est un oreiller

je caresse un chat
c’est un arrosoir

j’ouvre la fenêtre
pour humer l’air pur
c’est un vieux placard
plein de moisissures
je prends un crapaud
pour un encrier
la bouche d’égout

pour la boîte aux lettres
le sifflet du train
pour une hirondelle
le bruit d’un moteur
pour mon propre coeur
un cri pour un rire
la nuit pour le jour
la mort pour la vie
les autres pour moi.

(Jean Tardieu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Filles-Fleurs (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Filles-Fleurs

Elles enivraient les abeilles et leurs yeux dansaient
sans jamais toucher la terre. Le vent ne fait pas autre
chose et aucun ne s’en étonne, dans les jardins.
Pourtant, la tige des fleurs est un mystère. Pourtant,
le rire des filles en est un autre, et aussi le sifflet du
train, quand la voie est fermée!
La voie est fermée et la vie éclate, grenade des
amours, lourd grenat des dahlias de l’automne, joie
extasiée de jeunes singes dévorant les géraniums.
Il y eut autrefois des fleurs rampantes qui invitaient
au sommeil, les feux de Bengale parsemaient la rade
par les nuits d’été.
Baptême de la douceur, un monde de velours
succédait enfin aux gueules d’hyènes ricanant dans
l’obscurité.
Et j’ai bu l’alcool des abeilles. Le monde devint un
immense arc-en-ciel que je me mis à gravir, et je me
disais : «Elles ne savent ce qu’elles font, mais elles le
font bien!»

(Maurice Blanchard)

Illustration: Mario Fortuny

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je m’évade (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Je m’évade
Sous les coquilles rompues du soir
Avec mon sac d’étoiles dans ma poche,
Ma fronde à tuer les heures
Et mon sifflet de merisier,
En échange de quelques larmes
De quelques morsures sous le sein
— Que je comptai à ma jeunesse —
Une nuit vierge de sang.
Tout est là dans cette tendresse de feuilles

(René Guy Cadou)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LE BATEAU NOIR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



maelstrom-tourbillon

LE BATEAU NOIR

Je veux prendre un bateau sans boussole,
Sans rames, sans agrès et sans voiles,
Pour aller, sous un ciel sans étoiles.
Chevaucher au hasard la mer folle.

Vapeur, bous et hurle avec rage !
Tourne, tourne, âpre vis de l’hélice!
Sifflet, crie avec joie et délice,
Comme un pétrel repu dans l’orage !

Au branle étourdissant des marées,
Mouillé parles embruns et la pluie.
Les yeux pleurant de sel et de suie.
Dans les glaces du Nord démarrées,

Dans les puits des maelströms qui tournoient,
Dans les rocs des écueils aux dents noires,
Près des requins ouvrant leurs mâchoires,
Tombeaux vivants des morts qui se noient.

Crevant de faim, de soif et de fièvres,
J’irai je ne sais où, seul, farouche.
Et peut-être qu’alors sur ma bouche
Je n’aurai plus le goût de tes lèvres.

(Jean Richepin)

 

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vache qui meugle (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



 

La vache qui meugle
Répond au long sifflet du train ;
Crépuscule d’été.

***

The low of a cow
Answers a train’s long whistle
In the summer dusk.

(Richard Wright)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Chanson du serpent a lunes (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



Ce qui siffle est bien plus
vivant qu’un sifflet.

Ce qui rampe est bien plus
souple qu’une tige.

Cette nuit est comme une main
dont les doigts seraient brûlants,

dont la paume est un toit
où tu erres, inquiète.

Ce qui passe est bien plus
angoissant que le vent.

La terre ignore la terre
et le coureur essoufflé

s’écroule au bord du ciel.

(Edmond Jabès)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »