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Posts Tagged ‘signaler’

Rien à signaler (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2022


ras

Tout est normal.
La porte se porte bien,
le plafond marche,
le mur mure,
la chaise est assise,
le lit est couché
et la table est
irréfutablement plate.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Rien à signaler (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2022


table

Tout est normal.
La porte se porte bien,
le plafond marche,
le mur mure,
la chaise est assise,
le lit est couché
et la table est
irréfutablement plate.

(Henri-Frédéric Blanc)

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La Veillée (Antoine de Bertin)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020



 

Domingo Moreno Otero  -fantasia-vespertina-pintores-latinoamericanos-juan-carlos-boveri

La Veillée

J’avais signalé ma tendresse ;
L’Amour applaudissait ; j’étais égal aux dieux.
Accablé de langueurs, de fatigue et d’ivresse :
Entre les bras de ma maîtresse
Le doux sommeil avait fermé mes yeux.
Elle qui n’est plus écolière
Dans l’art qu’elle a, sous moi, naguère commencé,
De sa bouche amoureuse entrouvrit ma paupière,
Et d’un son de voix doux à l’oreille adressé :
« Tu dors, paresseux, me dit-elle ?
Regarde, il n’est pas encor jour.
Tu dors à l’heure la plus belle
Que le cercle des nuits ramène pour l’amour.
Laissons, laissons la diligente aurore
S’arracher, sans pitié, du lit de son amant ;
Jouissons, nous mortels, profitons du moment :
Qui sait, hélas ! demain si nous serons encore !
Viens, je brûle, écartons ces voiles indiscrets !
prends-moi : contre ton sein que je meure enchaînée
Recommençons nos jeux ; invoquons Dionée :
Veillons, tu dormiras après,
Si tu veux, toute la journée.

(Antoine de Bertin)

Illustration: Domingo Moreno Otero

 

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Nuit blanche (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2019



Illustration: Laurent S
    
Nuit blanche

Les bouteilles vidées, les couples désenlacés, on a secoué les nappes, les calèches s’en vont, baisers, la musique s’est tue, les fleurs ont détaché leurs pétales, échos, on a rangé les instruments, les arbres ont perdu leurs feuilles, lueurs, replié partitions et pupitres, les oiseaux se sont dissous dans le froid, pause, la Lune s’est répandue en neige, les flots se sont calmés, sommeil, un trait léger signale encore quelques balustres, les graviers et les vents se sont enrobés de silence, respiration, les marches deviennent transparentes, le mur, le sol, glissement, et même cette feuille de papier va disparaître.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Je cultive le jardin de la fureur (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



    

je cultive le jardin de la fureur

ma soif rouge fumante signale le jour

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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L’UNIQUE BLESSURE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




L’UNIQUE BLESSURE

Quelle bête tombée en pâmoison
se traîne dans mon sang
et désire se sauver ?

Voici la difficulté :
marcher dans les rues
et signaler le ciel ou la terre.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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La musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
La musique dissout la pesanteur de l’homme,
éclaire la maison des signes,
accélère les corrélations du coeur,
perfore les rêves et soude les morceaux détachés de l’éternité,
signalant à la fois que celle-ci n’est pas une seule.

Les mots sont une partie mystérieuse de cette musique,
à laquelle ils incorporent les subtiles métamorphoses musicales du sens jumelées au silence,
qui recueille les vaet-vient de l’occulte et allume les coïncidences du réel,
comme s’il rapprochait la flamme des cierges éteints
et toujours disponibles d’un candélabre aux bras infinis.

La poésie multiplie la musique et, en le faisant,
parfait d’une certaine manière le langage expectant de la réalité.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Le poteau (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018




    
Le poteau qui signale la route au voyageur,
lui-même ne bouge pas.

(Roger Munier)

 

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Au phare Borg’ Djellidj (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Au phare Borg’ Djellidj (coordonnées 33° 53′ 3″ N et 10° 44′ 51″ E)
rien à signaler la mer est tiède le ciel bleu
la radio est allumée sur une page d’informations
le speaker cache mal son irritation
toujours rien en vue
une bouteille de Celtia vidée hier soir par un barbu
passe près d’un bateau où l’on grille des sardines
le gardien du phare se reconnaît dans cette bouteille
une bouteille de bière sans message
jetée à la mer comme une ordure
qui ira se briser contre un rocher

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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METRO (Henri Lacheze)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



 

METRO

Ne vous séparez pas de vos personnes âgées
Assurez-vous qu’aucun enfant n’a été oublié sous un siège
Signalez-nous toute femme abandonnée

Si vous parlez à un inconnu
Prenez des gants
Les mots laissent des traces

Elle vous a fait de l’oeil
Vous croyez avoir un ticket
Attention il n’est peut-être pas valable

Ne laissez pas vos mains sans surveillance
Elles pourraient s’égarer
Ne laissez pas traîner vos regards
Ils risquent de se perdre

Madame assurez-vous
Que c’est bien la main de votre voisin qui s’est fourvoyée
Avant de lui donner un aller et retour

Aidez-nous
Contrôlez-vous
Avant que ne le fassent nos agents

Veillez soigneusement à vos objets personnels
Surveillez votre tension,
Et votre taux de cholestérol

Et profitez de nos promotions
Achetez un billet sans retour
Vous verrez, vous n’en reviendrez pas

(Henri Lacheze)

Illustration

 

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