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Poésie

Posts Tagged ‘s’ignorer’

Ces grands cieux (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019




    
Ces grands cieux
où tant d’événements qui s’ignorent
s’unissent dans l’oeil de l’homme.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Moi avec ma vie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Julia Perret   -le-grimpeur

Moi avec ma vie et mon compas de vie, je saute les précipices
en attendant le pont que je construirai prudemment
entre mes masques francs qui se connaissent et s’ignorent.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

Illustration: Julia Perret

 

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RIVIÈRE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019




    
RIVIÈRE

Ma main d’eau ouverte
— mais qu’aurait-elle aimé
retenir entre ses doigts —
ne se soucie pas de
celles à l’insatiable avoir
qui blessent écrasent tuent
ma main aime l’oubli
et pauvreté l’a enrichie,

main devenue rivière
reverdit le champ
où le chant d’oiseau
fait l’eau des matins
quand le blé viril vole
et le féminin en lui
sourit du même désir,

main d’eau, elle s’est ouverte
malgré tant de saisons
passées à s’ignorer,
sur l’opacité de l’ombre
et la nuit des mots
qui les roule et luit

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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L’éternité sera bien assez longue (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



 

L’éternité sera bien assez longue

J’entre et je sors de moi-même souvent.
Je me demande audience parfois.
Je me rencontre en de longs corridors,
Je fais semblant de ne pas me surprendre
Ou je m’ignore.

Un bref sanglot nocturne
Brise un miroir. On voyage, on voyage,
Et l’on se quitte, on joue à cache-cache,
Mon corps et moi, mariés de l’aurore.

Suis-je sans être ? Et rêver n’est-il vivre
Hors de soi-même, hors les murs, hors le doute,
Là où le corps ne va pas, car il pèse
Plus que le bronze et le plomb des pensées ?

Et je m’en vais sur des lieux de musique
Pour oublier mon lieu de résidence :
L’argile épaisse où j’entre et sors, et j’ose
Me résigner à vivre sans mes ailes.

– Entrez chez moi, j’ai pour vous mille chambres
Et des salons, et des orangeraies…
Mais nul ne vient, le seul hôte est moi-même
Dans ma maison bien trop vaste pour moi.

(Robert Sabatier)

 

 

 

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L’USAGE DE LA PAROLE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



L’USAGE DE LA PAROLE

Ce qui reste c’est l’aubier sédimentaire
Des hontes bues
C’est entre les paillers roussis
La ronde des enfants pauvres
C’est le tâtonnement du petit jour
Sur les plèvres endormies
Ce qui reste ce qui monte
C’est la fumée noire qui partage le jour
C’est la main calcinée qui surgit encore des laves
C’est la voix qui n’a rien à dire
Et fleurit obstinément parmi les pierres
Rien à dire car l’ombre des mots est mortelle
Et descend toujours plus bas
Sous les ornières des canons
Ce qui reste c’est
Deux bras
Deux jambes
Qui s’ignorent
Une tête admirablement vide
Qui va son chemin.

(Jean Rousselot)

Illustration: Hans Thoma

 

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Dans le vent la pluie et dans le soleil (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (4)

Dans le vent la pluie et dans le soleil
moi vêtu de l’or de l’accomplissement
et vêtu de la brume du vide

dans le coucher du soleil dans la brise et dans la tempête
qui auréole ma barque la pousse ou la chavire

entre moi dans la pluie et moi dans la lune
qui donc établit le voyage sans itinéraire
qui sait mesurer la longueur de lance de sa parole
et qui sait peser le poids de son geste
et voir limpides l’élan et la blessure

le papillon est allègre au mur de sa mort hâtive
et la mante religieuse dévore sa passion avec sa mort

Moi avec ma vie et mon compas de vie je saute les précipices
en attendant le pont que je construirai rudement
entre mes masques francs qui se connaissent et s’ignorent

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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DERRIERE LE SILENCE (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
DERRIERE LE SILENCE

Le soir, ses lentes paupières,
Comme un oiseau près de mourir.
Qui lui jeta la grave pierre
Par où coule déjà la nuit?

Les racines dans la terre
Sentent s’accroître le péril.
L’âme oublieuse de la chair
S’alarme et gagne son zénith.

Dans la noirceur qui nous entoure
La lune veut faire son nid
Mais les ténèbres qui la roulent
Lui font perdre appui sur appui.

On se regarde,on s’ignore,
On croit saisir une main:
C’est la blancheur du lendemain,
On se penche sur l’aurore.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ruisselantes d’aurore (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2016



Ruisselantes d’aurore

Ruisselantes d’aurore
tranquillement levées
toutes ensemble
une fois encore les créatures
surgissent du présent

se présentent

se montrent nues
s’exposent
se posent sur le présent
pour s’effacer
cet arbre que voile
sa nudité luisante
et qui s’ignore lui-même
n’est qu’une offrande
un pur présent

depuis toujours préparé.

(Jean Mambrino)

 

 

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Les années ont été pour nous, pas contre nous (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



Les années ont été pour nous, pas contre nous.
Nos ombres ont respiré ensemble.
Sous nous les eaux du fleuve des événements coulaient presque avec silence.
Nos ombres respiraient ensemble et tout en était recouvert.
J’ai eu froid à ton froid. J’ai bu des gorgées de ta peine.
Nous nous perdions dans le lac de nos échanges.
Riche d’un amour immérité, riche qui s’ignorait
avec l’inconscience des possédants,
j’ai perdu d’être aimé.
Ma fortune a fondu en un jour.

(Henri Michaux)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: René Magritte

 

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Le phénomène poétique (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2016



 

Alberto Quintero - (4)

Le phénomène poétique n’envisage point d’autre but :
établir un courant continu,
une complicité bénéfique et infinie
entre deux êtres humains qui s’ignorent,
un échange, une osmose.

(Louis Emié)

Illustration: Alberto Quintero

 

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