Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘silence’

Un soleil, un silence, une source (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Un soleil, un silence, une source
le vol transparent d’une libellule
l’ombre bleue où lézarde un parfum d’herbe rousse
tous les présents joyeux des canicules
désirés par les coeurs et par les brins de mousse
heureux mais alarmés de tant de chaleurs douces

et ma main solitaire se brûle
malgré l’amitié de l’eau fraîche
sur la pierre polie et sèche
au souvenir des vies offertes
et des corps qui désertent.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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MOUVEMENT (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




MOUVEMENT

Ce qui ne peut revenir
descend le long des murailles des villes
avec des suintements glacés
ce sont les visages tristes
entrevus au coin d’une rue d’hiver
les prunelles sont cachées
on ne voit qu’une larme peinte
qui ne cesse de couler

Ce sont les paroles gardées
dans la gorge tiède au fond de la poitrine
ce sont les deux ou trois paroles
d’amour ou d’amitié
qui n’ont pas été dites

Et déjà tout va plus vite
la fenêtre s’est refermée
on n’entend plus que le silence de la pluie
et le monde
qui continue de chanceler.

(Luc Decaunes)

Illustration: Mitty Desques

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Près de chaque être humain, il est une limite (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Près de chaque être humain, il est une limite
Que ne peuvent franchir ni passion ni tendresse.
Que des lèvres se joignent en un silence affreux!
Que l’amour mette un coeur en pièces!

L’amitié ne peut rien ici, ni les années
De haut bonheur, de bonheur enflammé,
Quand l’âme est libre, étrangère
À la lente langueur des voluptés.

Ceux qui la désirent sont fous, mais ceux qui
Y parviennent sont frappés par l’angoisse…
Voilà. Tu as compris pourquoi
Mon coeur ne bat pas sous ta main.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Kotova

 

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L’eau m’attendait à la fontaine (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
L’eau m’attendait à la fontaine.

J’allais vers elle,
Son innocence,

A travers les grands arbres
De la forêt sans fin.

L’eau me connaissait.

J’étais chez moi
Au long de ce sentier.

Le vent dans les arbres
Faisait comme un chant.

Le silence était à moi.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Paroles de Perlimpinpin (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Paroles de Perlimpinpin

Pour qui, combien, quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C’en est assez de vos violences
D’où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire le silence,
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S’il faut absolument qu’on soit
Contre quelqu’un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes
Je suis pour des forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu’il soit de n’importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils,
Est un enfant qui meurt
Que c’est abominable d’avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c’est abominable d’avoir pour ennemis
Les rires de l’enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c’est bien !
Et pour une rose entrouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d’abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Ne rien savoir avec ivresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et voir jouer la transparence
Au fond d’une cour au murs gris
Où l’aube n’a jamais sa chance
Contre qui, ou bien contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles,
Et contre rien et contre personne,
Contre personne et contre rien,
Et pour une rose entrouverte,
Pour l’accordéon qui soupire
Et pour un souffle d’abandon
Et pour un jardin qui frissonne !
Et vivre, vivre passionnément,
Et ne combattre seulement
Qu’avec les feux de la tendresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d’une cour aux murs gris
Où l’aube aurait enfin sa chance.

(Barbara)

 

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Le Mal De Vivre (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



    

Le Mal De Vivre

Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça c´est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C´est presque rien
Mais c´est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins

Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu´il faut bien vivre
Vaille que vivre

On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C´est pas forcément la misère
C´est pas Valmy, c´est pas Verdun

Mais c´est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu´il faut bien vivre
Vaille que vivre

Qu´on soit de Rome ou d´Amérique
Qu´on soit de Londres ou de Pékin
Qu´on soit d´Egypte ou bien d´Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin
Qu´il est long lorsqu´il faut le faire
Avec son mal au creux des reins

Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n´en peut plus
Et tous seuls dans le silence
D´une nuit qui n´en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n´en sont pas revenus

Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu´ils devaient vivre
Vaille que vivre

Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça c´est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C´est presque rien
Mais c´est là, ça vous émerveille
Au creux des reins

La joie de vivre
La joie de vivre
Oh, viens la vivre
Ta joie de vivre

(Barbara)

 

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Celle que j’aime habite un miroir (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Chelìn Sanjuan 1967 - Spanish Magical Realism painter - Tutt'Art@ (25)

Celle que j’aime habite un miroir
Comment pourrais-je la rejoindre
Dans ce fracas d’astres glacés
Moi qui n’ai pas trop de silence
Pour ne ressembler qu’à moi-même

Aux marches blanches du sommeil
Glisserai-je ombre sans mémoire
Vers ce château de solitude
Défendu par tant d’oiseaux noirs

Pour monter jusqu’à son sourire
Sans déranger cette eau profonde
Qui le préserve de mourir
Il me faudrait être la nuit
Et ne plus savoir d’où je viens

(Marcel Béalu)

Illustration: Chelìn Sanjuan

 

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Peut-être n’y a-t-il rien, à part le silence, le repos (Léon Tolstoï)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



«Qu’est-ce ? je tombe ? mes jambes flageolent », se dit-il, et s’écroula sur le dos.
Il rouvrit les yeux, espérant voir l’issue de la lutte engagée entre le Français et les artilleurs,
avide de savoir si oui ou non l’artilleur roux était tué et la batterie conquise.
Mais il ne vit plus rien.

Il n’y avait au dessus de lui que le ciel, un ciel voilé mais très haut, immensément haut,
où flottaient doucement des nuages gris.
« Quel calme, quelle paix, quelle majesté ! songeait-il.
Quelle différence entre notre course folle, parmi les cris et la bataille,
quelle différence entre la rage stupide des deux hommes qui se disputaient le refouloir
– et la marche lente de ces nuages dans le ciel profond, infini !
Comment ne l’ai-je pas remarqué jusqu’alors ?
Et que je suis heureux de l’avoir découvert enfin !

Oui, tout est vanité, tout est mensonge en dehors de ce ciel sans limites.
Il n’y a rien, absolument rien d’autre que cela…
Peut-être même est-ce un leurre,
peut-être n’y a-t-il rien ,
à part le silence,
le repos.
Et Dieu en soit loué !…

(Léon Tolstoï)

 

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NIHILOMÉLANCOLIE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

les_chevaux_bleus

NIHILOMÉLANCOLIE

Les chevaux bleus du rêve mortuaire
S’avancent à travers le brouillard.
Dans la lumière chaude, malade, des bougies
Brille un oeil ouvert, mort.

Sous l’épaisseur inerte
Des tempêtes tuées
Brille l’irréductible feu
Des autels plongeant dans le silence.

La nihilomélancolie enserre
Dans l’immobile le noir étonnement.
Au profond de la tombe dort un jeune mort
Qui sombre dans l’oubli.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Daniel Densborn

 

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Eau de mélancolie (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Adamov Alexey 114

Eau de mélancolie
Transparence du cri
pris dans la vitre.

*

Eaux présentes

Eau des mots
Silence lourd
sur le papier du toit.

*

Usure du temps
Les pierres aiguisent
le fil de l’eau.

Eaux du soir
La lumière se réfugie
dans les éclats de rire
du torrent.

*

Eaux du couchant
apaisement
au front des hommes

*

Eaux du soir
récompense
où le jour se noie.

Eaux de la nuit

Haut mur, Porte de ténèbres
Paix d’où le repos ruisselle
sur les épaules des hommes

De pure lumière morte
la source se refait.

*

La nuit
l’eau de l’ombre
garde les feux.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Adamov Alexey

 

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