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Poésie

Posts Tagged ‘silencieux’

Heureuse rose (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019




Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

Je te vois, rose, livre entrebâillé,
qui contient tant de pages
de bonheur détaillé
qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
les yeux fermés…,
dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Je ne veux pas de ces masques à moitié creux (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019




Je ne veux pas de ces masques à moitié creux,
autant la marionnette.
Elle, du moins, est pleine.
Je souffrirai sa carcasse,
le fil aussi
et même son visage de pur semblant.

Ici je suis en face.
Même si s’éteignent les lampes,
même si j’entends dire : fin
– même si, de la scène le vide vient à moi
dans le gris courant d’air,
même si, de mes silencieux ancêtres,
aucun n’est plus assis à mes côtés, aucune femme,
pas même le garçon à l’œil brun qui louchait;
je resterai.

Il y a toujours à voir.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Andrzej Malinowski

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NUIT D’HIVER (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



NUIT D’HIVER

Quand je passe par les nuits silencieuses
Et que ma pensée t’évoque
En de muettes douleurs…
O rêve, âme idéale,
Amour
Qui voudrait renaître,
Pour te faire frissonner de volupté…
O rêve, âme idéale,
Pourvu que n’en aient vent
Les amantes d’antan…

*

Quelle ombre à ta fenêtre jaillit,
Ombre d’amours vaincues ?
Vieux poète, abîme de la nuit
Sur la neige des rues.
Des sanglots par cette nuit d’hiver
Où la tempête engloutit tout
Courent Dieu sait où,
En l’instant lourd, amer…

(George Bacovia)

Illustration

 

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Rangées d’arbres pins (Geoffrey Squires)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




    
Rangées d’arbres pins ou épicéas
mince lit d’aiguilles sur le sol forestier
monde symétrique et silencieux
soudain nous y sommes
la répétition des arbres
la répétition des silences

***

Rows of trees pine or spruce
soft bed of needles on the forest floor
symmetrical and silent world
we are suddenly in
the repetition of trees
the repetition of silences

(Geoffrey Squires)

 

Recueil: Poème en trois sections
Traduction: François Heusbourg
Editions: Unes

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L’églantier (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



 

Vaines célébrations
D’une mystérieuse non-rencontre.
Paroles non dites,
Mots silencieux.

Les regards qui ne se sont pas croisés
Ne savent pas sur quoi s’arrêter,
Seules les larmes sont heureuses
De pouvoir couler longuement.

L’églantier près de Moscou
Hélas ! a son mot à dire.
On donne le nom d’amour
Immortel à tout cela.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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HONTE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



lllustration: Céline Roussin
    
HONTE

Ils sont partout sur terre
tu les sens dans tes veines
douleur, malheur, présents en toi,
honte de ne pouvoir même les mesurer
savoir passionné où tu t’étouffes jour à jour
en adjurant une improbable évolution
de s’en charger et, tout en feignant de croire
que ta peau pénétrée du rien suffit
à l’harmonie du vivre,
tu regardes à l’horizon les nuages
pâlis se faire peu à peu
larme de jour et fleuve de lumière
puis malgré l’ombre amère au coeur
tu te remets à boire silencieux le goût de vivre

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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COMME SI NOUS ETIONS REVENUS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



 

Oskar Kokoschka bride-of-the-wind-1914.jpg!HD

COMME SI NOUS ETIONS REVENUS

Comme nous nous souvenons ou bien nous taisons,
Une lueur, un éclat de lumière nous accompagne,
Venant de la terre, de la chair, des choses.

Comme si nous étions morts et revenus.

C’est la mer aux mille lumières
Qui nous entourait, pénétrait en nous-mêmes,
Jusque dans le sommeil, jusque dans la chair.
Mer ineffable comme notre âme.

Sous ce toit-ci, à cette heure,
Avec ces mains, avec ces corps,
Nous nous sommes donnés l’un à l’autre dans la nuit.

(C’est une heure, c’est une nuit, et elles ne cessent pas
Le sommeil ne cesse pas, l’amour n’a pas de fin.)

Sur ce bois, dans cette lumière,
Sur ce bois, tu t’es appuyée, tu as regardé
Le sens matinal de l’arbre sans feuilles,
L’arbre le plus solitaire et le plus silencieux entre tous les arbres.

(Les arbres auront-ils jamais à rendre compte ?)

Tu m’as regardé dans les yeux, tu me regardes,
Ton visage est resté sur mon visage.

Tout le temps s’est embaumé, l’air s’est embaumé.

(Georges Themelis)

Illustration: Oskar Kokoschka

 

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Celui qui cherche un sens à sa vie (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019



Celui qui cherche un sens à sa vie
Ne sait pas que la vie, dans sa profusion même, est le sens.
Pas de ligne droite, pas d’horizon, pas de chemin tout tracé !
Mais partout où la nuit recule, les traits silencieux d’un amour,
Dans l’éclat de chaque instant, la brèche inespérée,
Le chevreuil bondissant,
Dans chaque paume ouverte, le sésame oublié,
Sur chaque mur qui se dresse, les graffitis de la joie !

(Jean Lavoué)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration

 

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Le Poème (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019




    
Le Poème
Tu le suis pieds nus
Il ouvre la voie
Il marche devant
Tu n’es jamais au fait de sa venue
Il est toujours là où tu ne l’attends pas
Dès qu’il te voit il te hèle en passant
Tu le reconnais rarement
Et souvent tu le perds de vue
Mais c’est alors qu’en signes pauvres
En gestes silencieux
Sur la table du coeur
Il grave son secret
Avec des doigts de feu

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Le poème c’est notre ville sainte (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019




    
Le poème c’est notre ville sainte
Notre buisson d’enfance
Notre forêt bénie que le feu ne consume
Notre porte sacrée
Notre livre aux étoiles
Notre temple sans mur
Notre chant aux mains nues
Notre nuit aux semailles
Notre fleuve silencieux
Notre Bethléem endormie
Notre origine sauve

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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