Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sillage’

La porte a grincé (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
La porte a grincé. Ma main a tremblé.
Je suis sortie dans les rues assoupies.
Là-haut, dans les nues, les nuages glissent,
Illuminés à travers le brouillard.

Dans leur sillage — un son familier…
Mon coeur s’éveillera-t-il aujourd’hui?
Est-ce la vie nouvelle, est-ce la vie passée,
Ou les deux qui semblent me répondre ?

Si les nuages apportaient le mal,
Mon coeur tremblerait-il ainsi?
La porte a grincé. Ma main a tremblé.
Des larmes. Et des chants. Et des plaintes.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La sève devenue enfin lisible (Hassam Wachill)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



 

La sève devenue enfin lisible
sur les joues des statues.
Dans son sillage vers d’autres égarés,
ce chant exprimeur de notre
accord lointain.

(Hassam Wachill)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le sillage d’un navire (Shô Hayashi)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017


 


OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le sillage d’un navire,
les vagues, le soleil d’automne…
Grande symphonie

(Shô Hayashi)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , | 4 Comments »

Terre (Mackenzy Orcel)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



terre
toison d’écriture
sur les prismes
de l’absence

libre de sillage
et d’écume
terre trilles
rythmant le vertige
des ombres

(Mackenzy Orcel)

Illustration: Henri Robert Bresil

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

On partira (Sabine Péglion)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017




    
On partira

On partira c’est sûr
apppuyés l’un à l’autre

parmi le cri des mouettes
délivrant la mer
les lueurs de l’aube
inclinant l’horizon
et ce sillage au loin
qu’il nous faudra franchir

On partira c’est sûr
appuyés l’un à l’autre

Mais que ta main encore
sur la mienne se pose

passerelle de vent
occultant l’abîme

en cette course
à l’infini des jours

qu’elle inscrive sur la berge
la caresse de l’instant
la profondeur des choses
la trace de nos pas

ce sillage fragile
minutes partagées
à la saveur du vivre

(Sabine Péglion)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le cygne (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Dans son sillage
l’immobilité
du cygne
soulève les deux ailes
de l’étang

(Alain Serres)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Joies sans causes (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




Joies sans causes

On connaît toujours trop les causes de sa peine,
Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;
Je m’éveille parfois l’âme toute sereine,
Sous un charme étranger que je ne peux saisir.

Un ciel rose envahit mon être et ma demeure,
J’aime tout l’univers, et, sans savoir pourquoi,
Je rayonne. Cela ne dure pas une heure,
Et je sens refluer les ténèbres en moi.

D’où viennent ces lueurs de joie instantanées,
Ces paradis ouverts qu’on ne fait qu’entrevoir,
Ces étoiles sans noms dans la nuit des années,
Qui filent en laissant le fond du cœur plus noir ?

Est-ce un avril ancien dont l’azur se rallume,
Printemps qui renaîtrait de la cendre des jours
Comme un feu mort jetant une clarté posthume ?
Est-ce un présage heureux des futures amours ?

Non. Ce mystérieux et rapide sillage
N’a rien du souvenir ni du pressentiment ;
C’est peut-être un bonheur égaré qui voyage
Et, se trompant de cœur, ne nous luit qu’un moment.

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Paul-Jacques-Aimé Baudry

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Créoles (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017



Illustration: Louise Breslau

    

Créoles

Le soir frémit encor de nos anciens aveux
Sur les pics foudroyés que l’ouragan ravage…
Laisse-moi respirer l’odeur de tes cheveux.

Sous tes pas de créole enfant, traîne un sillage
D’échos et de reflets, d’angoisses et de voeux ;
Tes seins ont la fraîcheur d’une rose sauvage.

Une vapeur légère estompe le contour
Des montagnes d’azur, et l’eau semble se taire
Pour recueillir le souffle agonisant du jour.

Mon être émerveillé contemple ce mystère,
Ce miracle : t’avoir inspiré de l’amour !
Et je plains le néant de l’être solitaire.

Dans le soir où languit un rêve oriental,
Tes paupières de pourpre ont de lourdes paresses :
L’air est chargé de nard, de myrrhe et de santal.

Et, comme un défilé de funèbres prêtresses,
Baissant leurs fronts gemmés d’argent et de cristal,
Les étoiles du Sud consacrent nos ivresses.

Les longs pressentiments, les lueurs et les voeux
T’auréolent ainsi qu’une rouge couronne :
Sous tes pas se déroule un sillage d’aveux.

Vois flamber le minuit que la fièvre aiguillonne :
Laisse-moi respirer l’odeur de tes cheveux
Et te soumettre enfin à mes ruts de lionne.

(Renée Vivien)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Etoile sur le Navire (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Etoile sur le Navire

Tristement je rêvais en regardant les flots…
Le vent occidental portait ma rêverie
Vers des cieux inconnus, et les anciens sanglots
Sourdaient confusément dans mon âme meurtrie.

Sur les embruns, fleuris de sillages légers,
Se mirait le reflet orangé d’une voile,
Et, fraternel parmi les astres étrangers,
Souriait le regard attendri d’une étoile.

Tristement je rêvais en regardant les flots
Que fendait le passage orangé d’une voile ;
Dans mon âme, où somnolaient d’antiques sanglots,
Souriait le regard attendri d’une étoile.

(Renée Vivien)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

NEUF MÉDITATIONS SUR LE BLANC (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Roman Scheidl   
    
NEUF MÉDITATIONS SUR LE BLANC

sur le blanc
un corps d’arc-en-ciel
s’offre au vide

sur le blanc
ni ciel ni terre
seul un sillage sans fin

sur le blanc
le cri du froid
en coup de foudre

sur le blanc
les bâtons de fée
prennent l’air au bond

sur le blanc
éclair et flèche
un crissement de vif

sur le blanc
un emblème de nerfs
les foulées en orbite

sur le blanc
une sphère de solitude
sourit aux avalanches

sur le blanc
la houle des corps
attend la collision

sur le blanc
deux signes se contemplent
à la vitesse de l’abandon

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »