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Posts Tagged ‘sillage’

LETTRE-OCÉAN (Michel Manoll)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



lentille d'eau

LETTRE-OCÉAN

0 mon ami, lentille d’eau incrustée sur l’étang,
Je te vois comme la flamme clignotante du premier matin blanc,
Qui suspend dans l’air le sillage empanaché
D’un train caboteur qui suit la côte à petite journée.
Tu es la jarre de lait répandue dans les pâturages du ciel
Et cette étoile impatiente qui lance ses graines hors de leur gousse,
L’arbre-chanteur et son ombre de mousse.
Mais tu es aussi et surtout le disparu du bord
Qui allume la mèche sous les barils de poudre,
Le passager que l’on attendra longtemps sur le port,
Je ne sais où, dans un pays fracassé par la foudre.

(Michel Manoll)

 

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MARINE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

MARINE

J’ai trouvé trois coquillages
Qui ne m’ont pas dit leur nom
Qui ne m’ont rien dit sinon
Que la mer savait leur âge

Ils m’ont conté les sillages
Le bruit que les bateaux font
Dans les oreilles du fond
Lorsque finis leurs voyages

Ils m’ont laissé des mystères
Que je dois garder et taire
Jusqu’à ce qu’un de mes fils

Apprenne dans la voilure
Le goût du sel et l’allure
Que mon père avait jadis

(Gilles Vigneault)

Illustration

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Le cri des oies sauvages (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



Le cri des oies sauvages
sur ces mers d’argent noir
dessine le sillage
du temps.

(Jean Mambrino)


Illustration

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J’appelle une rivière (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020


 


Fidel Garcia  - Mexican Figurative and Abstract Expressionist painter - Tutt'Art@ (55)

j’appelle une rivière où le flanc rose de ta nuque
suit le sillage profond d’une truite lunaire

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Fidel Garcia

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Les Quatre saisons (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Les Quatre saisons

I

Au printemps, c’est dans les bois nus
Qu’un jour nous nous sommes connus.

Les bourgeons poussaient, vapeur verte.
L’amour fut une découverte.

Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
De rêveurs nous devînmes gais.

Sous la glycine et le cytise,
Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?

Nous n’aurions rien dit, réséda,
Sans ton parfum qui nous aida.

II

En été les lis et les roses
Jalousaient ses tons et ses poses,

La nuit, par l’odeur des tilleuls
Nous nous en sommes allés seuls.

L’odeur de son corps, sur la mousse,
Est plus enivrante et plus douce.

En revenant le long des blés,
Nous étions tous deux bien troublés.

Comme les blés que le vent frôle,
Elle ployait sur mon épaule.

III

L’automne fait les bruits froissés
De nos tumultueux baisers.

Dans l’eau tombent les feuilles sèches
Et, sur ses yeux, les folles mèches.

Voici les pêches, les raisins,
J’aime mieux sa joue et ses seins.

Que me fait le soir triste et rouge,
Quand sa lèvre boudeuse bouge ?

Le vin qui coule des pressoirs
Est moins traître que ses yeux noirs.

IV

C’est l’hiver. Le charbon de terre
Flambe en ma chambre solitaire.

La neige tombe sur les toits,
Blanche ! Oh, ses beaux seins blancs et froids !

Même sillage aux cheminées
Qu’en ses tresses disséminées.

Au bal, chacun jette, poli,
Les mots féroces de l’oubli.

L’eau qui chantait s’est prise en glace.
Amour, quel ennui te remplace !

(Charles Cros)

Illustration: Sophie Vulliard

 

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Son corps est d’un blanc monotone (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Son corps est d’un blanc monotone
Comme la neige sur les champs ;
Mais sa toison semble un automne
Doré par les soleils couchants.

Ses seins droits ont la pointe aiguë
Ainsi que la ronce des murs
Et sont froids comme la ciguë
Pleine de poisons doux et sûrs.

Dire l’odeur de sa peau fraîche,
Aucun parfum ne le saurait,
Ni le foin séché dans la crèche,
Ni l’haleine d’une forêt,

Ni le thym, ni la marjolaine,
Ni le muguet, ni le cresson
Nourri des pleurs de la fontaine
Et tout baigné de sa chanson,

Ni le repli des coquillages
Qui garde un arôme énervant,
Souvenance d’anciens sillages,
D’algues, de marée et de vent.

(Jean Richepin)

 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg

 

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Dire l’odeur de sa peau fraîche (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Aaron Coberly (22)

Dire l’odeur de sa peau fraîche

Dire l’odeur de sa peau fraîche,
Aucun parfum ne le saurait,
Ni le foin séché
dans la crèche
Ni l’haleine d’une forêt,

Ni le thym ni la marjolaine,
Ni le muguet, ni le cresson
Nourri des pleurs de la fontaine
Et tout baigné de sa chanson,

Ni le repli des coquillages
Qui garde un arôme énervant,
Souvenance d’anciens sillages,
D’algues, de marée et de vent.

(Jean Richepin)

Illustration: Aaron Coberly

 

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Etoile filante au coeur d’un coeur brisé (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


Etoile filante

 

Voix tienne dans le jour
toujours étrangère déjà familière
De jour en jour plus proche
puis un jour soudainement le visage
Printemps offert
à la brise, insaisi…

Voie tienne dans la nuit
toujours familière déjà étrangère
De nuit en nuit plus loin
puis une nuit soudainement le sillage
Etoile filante
au coeur d’un coeur brisé

(François Cheng)

 

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SUR L’ÉTANG (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



fillette-dans-barque [800x600]

SUR L’ÉTANG

Une petite fille rame dans sa minuscule barque
Revenant de sa cueillette en cachette des lotus blancs
Comment pourrait-elle dissimuler ses traces ?
Son embarcation laisse derrière elle un sillage
Entre les lentilles d’eau

(Bai Juyi)

 Illustration

 

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NOIR COMME LA MER (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



NOIR COMME LA MER

Tout ce que je ne puis te dire
A cause de tant de murs,
Tout cela qui s’accumule
Autour de nous dans la nuit,
Il faudra bien que tu l’entendes
Lorsqu’il ne restera de moi
Que moi-même, à tes yeux caché.
Tout ce que je ne puis te dire
Et que tu repousses dans l’ombre
A force de trop désirer,
Cet amour noir comme la mer
Où venaient mourir les étoiles
Et ce sillage de lumière
Que je suivais sur ton visage,
Tout ce qu’autrefois nous taisions
Mais qui criait dans le silence,
Tout ce que je n’ai pu te dire
Le sauras-tu, sur l’autre bord,
Quand nous dormirons bouche à bouche
Dans l’éternité sans paroles ?

(Louis Guillaume)

Illustration: Tina Palmer

 

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