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Poésie

Posts Tagged ‘s’immobiliser’

Ouvrir les mains (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Il ne suffit pas de lever les mains,
Ni de les abaisser
ou de dissimuler ces deux gestes
sous les embarras intermédiaires.

Aucun geste n’est suffisant,
même s’il s’immobilise comme un défi.

Reste une seule solution possible:
ouvrir les mains
comme si elles étaient des feuilles.

(Roberto Juarroz)

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YIN (Pierre-Bérenger Biscaye)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2018



YIN

Le quartz d’heure en heure
s’incarne et s’abolit dans une idée
d’oasis Soleil vertical mais
soumis à la source où reposent
les mots
Le sable par nappes
échappées des mains porteuses d’ombres
s’immobilise dans un éclair très bleu
et le désert me fait naître
jusqu’au mirage

(Pierre-Bérenger Biscaye)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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Le vieux cheval (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018



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 Illustration
    
Le vieux cheval, au milieu des champs,
S’immobilise, figé en statue.
Qui dira sa longue route parcourue ?
Lui, déjà oublieux, n’est plus qu’attente.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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S’immobiliser. Entrer dans la lenteur des choses (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

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S’immobiliser. Entrer dans la lenteur des choses,
disait-il. Perdre la voix et ce qui va avec.
Convoquer les ombres pour en tirer une lumière.
Peu importe ce qu’elle révèle. L’important
tient dans ce presque rien — un silence, un bruit de pages
et, de l’un à l’autre, la navette du désir

(Jacques Ancet)

Illustration: Carl Larsson

 

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FEUILLAGE DE CŒUR (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



FEUILLAGE DE CŒUR

Sous la cloche de cristal bleu
De mes lasses mélancolies,
Mes vagues douleurs abolies
S’immobilisent peu à peu :

Végétations de symboles,
Nénuphars mômes des plaisirs,
Palmes lentes de mes désirs,
Mousses froides, lianes molles.

Seul, un lys érige d’entre eux,
Pâle et rigidement débile,
Son ascension immobile
Sur les feuillages douloureux,

Et dans les lueurs qu’il épanche
Comme une lune, peu à peu,
Élève vers le cristal bleu
Sa mystique prière blanche.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration

 

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (III) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (III)

Entre le monde et la nuit
il y a l’épaisseur d’un carreau
à travers lequel la lumière va surgir
pour se jeter dans celle de tes yeux.

Au ras du sol, les feuilles se lissent
pour recevoir le soleil
qui passera de l’une à l’autre
en allumant le brasier de la rosée.

Tes paupières battent comme les sources
dont le matin veut éveiller la terre,
les oiseaux s’immobilisent un instant
pour mieux sentir la rondeur de la clarté.

Et c’est le jour porté de colline en colline,
renversé dans les lits de la verdure,
c’est le jour éperdu de joie
dès qu’il reconnaît tes seins.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Enfants (Dagadès)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



 

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Enfants
comptant les points noirs
sur le dos des coccinelles

elles montaient
le long de nos doigts

s’immobilisaient
un instant
au sommet de l’un d’eux

comme tâtant l’air
cherchant la direction
avant de s’envoler

et nous longuement
les suivant
dans le bleu de la lumière.

(Dagadès)

Illustration

 

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OUVERT (Francisco Alvim)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



    

Illustration: Eric Principaud
    

OUVERT

Parfois le regard chemine
dans la trame de la lumière
sans la moindre curiosité
ni rêverie quelconque
Il avance en quête du temps
et le temps, comme toujours,
vide de tout
n’est pas bien loin
il est ici, maintenant
Le regard sans mémoire
sans destination
s’immobilise
dans l’air de l’air
la lumière de la lumière —
vrai lieu ?

***

ABERTO

Às vezes o olhar caminha
na trama da luz
sem curiosidade alguma
qualquer devaneio
Vai em busca do tempo
e o tempo, como o sempre,
vazio de tudo
nao está longe
está aqui, agora
O olhar sem memória
sem destino
se detém
no ar do ar
na luz da luz —
lugar ?

(Francisco Alvim)

 

Recueil: La Poésie brésilienne aujourd’hui
Traduction: Patrick Quillier
Editions: Le Cormier

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On le prend sur le fait, le changement ruisselant des humeurs (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



 

On le prend sur le fait, le changement ruisselant des humeurs.
Tout à coup, la joie est là, révélée, avant qu’on ne l’ait sentie.
Il ne faut plus que la reconnaître. Mais quelques minutes plus tard,
sans se briser, elle ralentit, s’immobilise en quelque embrouillamini,
où elle trouve une attache forte et dont elle ne peut se défaire,
rôdant autour sans profit.
[…]
Lentement, une mélancolie, traversant une mélancolie, rencontre
plus loin une mélancolie qui se fond et se rallonge en une nouvelle mélancolie.
Les chars sont embourbés. Tout afflige. Tout « repousse ».
Mélancolie ne désemplit plus.

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

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Il ne suffit pas (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2016



Il ne suffit pas de lever les mains
Ni de les abaisser
ou de dissimuler ces deux gestes
sous les embarras intermédiaires..

Aucun geste n’est suffisant,
même s’il s’immobilise comme un défi.

Reste une seule solution possible :
ouvrir les mains
comme si elles étaient des feuilles.

(Roberto Juarroz)

 

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