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Poésie

Posts Tagged ‘s’immobiliser’

La salamandre (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2016



La salamandre surprise s’immobilise
Et feint la mort.
Tel est le premier pas de la conscience dans les pierres.
Le mythe le plus pur.
Un grand feu traversé, qui est esprit.

La salamandre était à mi-hauteur
Du mur. dans la clarté de nos fenêtres.
Son regard n’était qu’une pierre.
Mais je voyais son cœur battre éternel.

O ma complice et ma pensée, allégorie
De tout ce qui est pur,

Que j’aime qui resserre ainsi dans son silence
La seule force de joie.
Que j’aime qui s’accorde aux astres par l’inerte
Masse de tout son corps.
Que j’aime qui attend l’heure de sa victoire,
Et qui retient son souffle et tient au sol.

(Yves Bonnefoy)

Illustration

 

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LE VOYAGE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016




LE VOYAGE

Dans la station de métro.
Le coude à coude entre les affiches
dans une lumière morte au regard égaré.

Le train arriva pour emmener
les visages et les porte-documents.

À la prochaine, l’obscurité. Nous étions assis
comme des statues dans ces voitures
qui dérapaient dans les cavernes.
Contraintes, rêveries, servitudes.

On vendait les nouvelles de la nuit
aux arrêts situés sous le niveau de la mer.
Les gens étaient en mouvement, chagrins et
taciturnes sous le cadran des horloges.

Le train transportait
les pardessus et les âmes.

Dans tous les sens, des regards
lors du voyage dans la montagne.
Et nul changement en vue.

Près de la surface pourtant, les bourdons
de la liberté s’étaient mis à vrombir.
Nous sortîmes de terre.

Une seule fois, le pays battit
des ailes avant de s’immobiliser
à nos pieds, vaste et verdoyant.

Les épis de blé arrivaient en vol
au-dessus des quais.
Terminus! J’étais allé
bien au-delà.

Combien étions-nous encore? Quatre,
cinq, à peine plus.

Et les maisons, les routes, les nuages,
les criques bleues et les montagnes
ouvrirent leurs fenêtres.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Vieille boîte à conserves (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016



 

vieille boîte à conserves
qui plusieurs secondes roula son vide froid
chancela sur elle-même puis s’immobilisa
sous le ciel émaillé d’étoiles.

(Jean Follain)

 

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Dans les herbes d’été (Seishi Yamaguchi)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2015



Dans les herbes d’été
Les roues de la locomotive
S’immobilisent.

(Seishi Yamaguchi)

Illustration

 

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Une goutte de rosée (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2015


graphisme-rosée-toile

 

Elle est sublime, la petitesse
d’une goutte de rosée

saisissez-la quand elle tremble
encore sur un pétale

et que le temps s’immobilise et que l’infime
vous accorde l’infini.

(Claude Esteban)

 

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LA GRÂCE DE L’INSTANT (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2015



LA GRÂCE DE L’INSTANT

Quand le jour s’immobilise
Quand muet le soleil pose ses ombres bleues
A peine l’herbe encore un peu bouge frémit
Et le vent retient son souffle
Une femme apparaît alors dans le sentier
Grande grave elle emplit toute l’étendue
Elle se tait elle a les yeux ouverts
Ou bien c’est un oiseau qui vient de loin
Il ne fait que passer
Et l’on ne sait les distinguer dans la lumière
On ne sait pas lequel est le plus vrai
Femme ou oiseau c’est même image dans le songe
Un glissement dans l’air un mouvement sans bruit
Comme un geste d’appel
Comme un serment enfin tenu
Dans le temps fugitif qui voudrait bien s’asseoir
Enfin un peu dans le prodige de l’instant

(Robert Momeux)


Illustration

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