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Poésie

Posts Tagged ‘simplifier’

Allah imprègne le monde entier (Yunus Emre)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2022



    

Illustration: Marc Chagall

Allah imprègne le monde entier.
Cependant, sa vérité n’a été révélée à personne.
Vous feriez mieux de le chercher en vous-même.

L’autre monde est hors de vue.
Ici sur Terre, nous devons vivre debout.
L’exil est l’agonie, la douleur et le fléau.
Personne ne revient une fois parti.

Allons, soyons amis pour une fois,
simplifions-nous la vie,
soyons amoureux et aimés,
ne laissons la terre à personne.

Pour vous, ce que dit Yunus est clair,
ce que cela signifie dans l’oreille de votre cœur:
nous devons tous vivre la belle vie ici,
car personne ne continuera à vivre ici.

(Yunus Emre)

 

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Offert au vénérable maître Paix de la Voie Ch’ungji)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2022



Illustration: Shitao   
    
Offert au vénérable maître Paix de la Voie

Avoir la passion de voir la Voie,
c’est s’égarer dans la Voie,
Vouloir à tout prix chercher la paix
tourne en inquiétude.

On atteint la paix par l’oubli de la paix,
voir par l’oubli de voir :
Une fois cela compris,
tout est simplifié.

***

(Ch’ungji)

Recueil: Ivresse de brumes, griserie de nuages
Traduction: Ok-sung / Anne Baron / Jean-François Baron
Editions: Gallimard

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Quand l’oeil est parvenu… (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022




    
Quand l’oeil est parvenu…

quand l’oeil est parvenu
à se clarifier
dissoute la ténèbre
écartées
les vaines questions
enfin en ordre la pensée
qui ne s’épuise plus à
traquer l’inaccessible
l’être n’a plus à s’interroger
sur le chemin qu’il lui faut
prendre

simplifié et unifié
il adhère en toute confiance
à ce qui advient
et les mots
coulent de source

(Charles Juliet)

Recueil: L’insurrection poétique Manifeste pour vivre ici
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Prépare-toi (Guy Bellay)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



Prépare-toi : tu ne seras pas couvert du bon côté.
Les monstres se reconnaissent le temps venu à l’absence d’ombre sur leurs visages.
Comment pouvait-on n’y pas croire ?
Ils sont surprenants de taille, de logique
comme des bâtons réfractés qui n’en finissent pas de sortir de l’eau.
Ce sont tes dissemblables. Ils inscrivent leurs lois sur des feuilles de réquisition.
Ils s’applaudissent par millions.
Ils simplifient la vie.

(Guy Bellay)

Illustration: John Henry Fuseli

 

 

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Un fakir part à la recherche de la pierre philosophale (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
Un fakir part à la recherche de la pierre philosophale,
celle qui convertit le plomb en or.
Il prend les chemins de tous les exils,
passant d’un lieu à l’autre afin de trouver cette pierre,
l’une de ces présences à peine aperçues dont la poésie tire sa fulguration.

Pour se simplifier la tâche, il s’est passé à la taille une ceinture de cuivre et,
selon qu’il va, chaque fois qu’il voit une pierre qui pourrait être celle qu’il cherche,
il s’en saisit et la frotte contre son ventre : hélas, rien ne se passe.
Les journées s’écoulent, et les années.

Il fait toujours le même geste d’une manière de plus en plus mécanique :
chaque fois qu’il trouve une pierre susceptible d’être celle qu’il quête,
il la prend, la frotte contre sa ceinture, puis la jette et continue sa route.
Car à quoi bon ?
Finalement, il désespère.

Puis un jour, par hasard, il regarde sa ceinture.
Elle brille, elle étincelle, elle flambe.
À quel moment le cuivre s’est-il métamorphosé ?
Et lui-même, où donc et quand a-t-il rencontré la pierre ?
Il ne le sait pas et sans doute ne le saura-t-il jamais.
C’est ainsi.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Nous nous aimons très tendrement (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
nous nous aimons très tendrement
,plus qu’une averse
a besoin d’arcs-en-ciel ou que font d’éventuelles
fleurs de mai les flocons:

tout à fait yeux de l’air
non que les premières grives du crépuscule s’éveillent
plus en secret que nos (même si se disloquaient
quelques-uns des mondes)êtres

Nul faire ne défera
(ni la folie ni la mort ni les deux qu’est
la guerre) ton moi ou ne simplifiera mon toi,chérie

douce et créative cette complexité
jamais connue est née avant qu’une lune éclose
avant que Dieu Se soit désiré dans la rose

et même(
nous aventurant jusque du côté
du plus immémorial des quand
)avant

chaque battement de coeur que je vis t’embrassant

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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La chevelure (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



La chevelure

La chevelure vol d’une flamme à l’extrême
Occident de désirs pour la tout déployer
Se pose (je dirais mourir un diadème)
Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vie nue
L’ignition du feu toujours intérieur
Originellement la seule continue
Dans le joyau de l’oeil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame
Celle qui ne mouvant astre ni feux au doigt
Rien qu’à simplifier avec gloire la femme
Accomplit par son chef fulgurante l’exploit

De semer de rubis le doute qu’elle écorche
Ainsi qu’une joyeuse et tutélaire torche.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Le Titien

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RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



 

Bradley Walker Tomlin number-14-1949

RECHERCHE D’UNE DÉFINlTION
(en regardant un tableau de Bradley Walker Tomlin)

Toujours la plus petite action

possible
en ce temps d’actions

plus vastes que la vie, un geste
vers l’objet qui passe

presque inaperçu. Un petit vent

agitant un feu de joie, par exemple,
que j’ai découvert l’autre jour
par hasard

sur le mur d’un musée. Presque rien
ne s’y trouve : quelques touches
de blanc

jetées négligemment sur le noir pur
du fond, rien de plus

qu’un petit geste
essayant de n’être rien

de plus que lui-même. Et pourtant
il n’est pas ici
et à mes yeux la question
ne sera jamais
d’essayer de simplifier
le monde, mais une manière de chercher un lieu
par où pénétrer le monde, une manière d’être
présent
au milieu des choses
qui nous ignorent — mais dont nous avons besoin
tout autant que nous avons besoin
de nous-mêmes. Un instant à peine auparavant
la belle

femme
qui était auprès de moi
avait dit combien elle désirait
un enfant
et qu’il était grand temps de
la féconder. Nous sommes convenus
d’écrire chacun un poème
qui utilise les mots «un petit
vent
agitant un feu de joie». Depuis ce temps-là
rien

n’a plus de sens que la petite
action
présente dans ces mots, l’action
d’essayer de prononcer

des mots

qui ne veulent presque rien dire. Jusqu’au bout
je veux être égal

à tout ce que
mon oeil m’apportera, comme si
je pouvais finalement me voir moi-même

disparaître
dans les choses presque
invisibles

qui nous entraînent nous-mêmes et tous
les enfants à naître

dans le monde.

(Paul Auster)

Illustration: Bradley Walker Tomlin… peut-être ce tableau dont parle Paul ?

 

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Ô toi qui simplifies pour moi (Rûmi)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



Ô toi qui simplifies pour moi tout ce qui est difficile
Et qui accordes l’ivresse aux cyprès et aux roses des jardins
La rose est un peu grise, et l’épine est ivre-morte;
Donne encore une coupe pour qu’elles se retrouvent.

(Rûmi)

Illustration

 

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La véritable liberté (Hugo Friedrich)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2016



C’est une ambition que l’on retrouve dans la poésie moderne
et qui part de l’idée que la véritable liberté est de
« saisir les relations cachées au moyen d’une intériorité
qui s’étend au monde entier et le simplifie »

(Hugo Friedrich)

Illustration
Illustration: ArbreaPhotos

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