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Poésie

Posts Tagged ‘simuler’

Mensonge intime (Jacques Sojcher)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




    
Mensonge intime
de toute vie.
Nous ne sommes pas
où nous sommes.
Nous simulons le bonheur.
Nous affectons des poses.
Le corps est seul
et le coeur.

(Jacques Sojcher)

 

Recueil: L’idée du manque
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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L’Agonie (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



J’aime l’air de l’Agonie,
Parce que je sais que c’est vrai –
On ne feint pas les Spasmes,
On ne simule pas les Affres –

Les Yeux se glacent – c’est ça la Mort –
Impossible d’imiter
Ces grosses Perles sur le Front
Par l’Angoisse – enfilées.

(Emily Dickinson)


Illustration: Egon Schiele

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Pour lui parler (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
Pour lui parler, il faut utiliser peu de mots :
des mots simples, des mots essentiels, qui vont du cœur au cœur.
Des mots qui se glissent, petit à petit,
avec leurs consonnes, leurs voyelles, dans le corps et la pensée de Marie.

Des mots qui deviendront la matière de ce corps, le ferment de cette pensée,
des mots à lent parcours qui traverseront le conduit auditif,
atteindront la caisse du tympan, percuteront les osselets, ensuite le rocher;
des mots qui se frayeront lentement passage dans le labyrinthe de l’oreille.

Des mots aimés, des mots aimants, ressentis, agrippés à l’espérance.
Des mots vrais même s’ils mentent.
Des mots forgés d’amour et de promesse, même s’ils simulent.
Des mots réels et fictifs.
Des mots pour vivre et pour rêver.

(Andrée Chedid)

Découvert ici: https://jasminsurterre.wordpress.com/

 

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DANS LA FORET (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



DANS LA FORET

Simulant un amour humain,
Tendrement de la gorge un oiseau m’appelle.

Un oiseau criard de toutes ses forces
Rit tout seul dans la forêt.

Les langues d’herbe sont molles
Et les pas des chevaux
Sèchent aux bords des marais.

La menace lointaine
Court dans le cri lointain des chiens
Et dans le chant des mouches.

Une fleur jaune se balance,
Seule jaune de la clairière ombragée,
Et le vent en bas crie et s’enfuit
De la rade du vent.

(Pierre Morhange)


Illustration

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VIE DE CHÂTEAU (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



château  PSGw

VIE DE CHÂTEAU

C’est un château d’ancêtres
Sans table ni feu
Ni poussière ni tapis.

L’enchantement pervers de ces lieux
Est tout dans ses miroirs polis.

La seule occupation possible ici
Consiste à se mirer jour et nuit.

Jette ton image aux fontaines dures
Ta plus dure image sans ombre ni lumière.

Vois, ces glaces sont profondes
Comme des armoires
Toujours quelque mort y habite sous le tain
Et couvre aussitôt ton reflet
Se colle à toi comme une algue.

S’ajuste à toi, mince et nu,
Et simule l’amour en un lent frisson amer.

(Anne Hébert)

Illustration

 

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Des mots d’amour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



    
Des mots d’amour

Des mots d’amour jamais plus la musique
je n’entendrai. J’aurai peur du silence
moi qui l’aimais ! Je chuchote parfois
pour simuler la parole d’un autre,
je parle seul pour tenter d’être deux.

Le mur est nu. J’y regarde mon ombre.
Merci, mon ombre, aimable compagnie !
et vous mémoire, apportez-moi l’aubaine
d’un souvenir, et je rêve ma vie,
tout ce passé que futur j’imagine.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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À chaque jour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
À chaque jour

A chaque jour son mourir. En silence,
le soleil mauve avale des corbeaux.
Je mime un cri. Tout avenir s’efface.
Que savais-tu des aubes d’un autre âge ?

Je n’écris pas, je suis écrit par l’ombre
et par la nuit, ces encres de l’aurore.

Ô souvenirs, la meute abominable
va me traquer, me parler d’autres soirs
où des couteaux déchiraient ma mémoire.

Sois cette lampe où s’abreuvent les heures.
Ne parle pas. La voix mange les voix.

Reste furtif. Il suffirait d’un geste
pour que le temps détruise ton horloge
dans le néant que simule la nuit.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Le peuple des prés m’enchante (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration
    
Le peuple des prés m’enchante.
Sa beauté frêle et dépourvue de venin,
je ne me lasse pas de me la réciter.

Le campagnol, la taupe, sombres enfants perdus dans la chimère de l’herbe,
l’orvet, fils du verre, le grillon, moutonnier comme pas un,
la sauterelle qui claque et compte son linge,

le papillon qui simule l’ivresse et agace les fleurs de ses hoquets silencieux,
les fourmis assagies par la grande étendue verte,
et immédiatement au-dessus les météores hirondelles…

Prairie, vous êtes le boîtier du jour.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mais avec tant d’oubli comment faire une rose (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2016



 

Mais avec tant d’oubli comment faire une rose,
Avec tant de départs comment faire un retour,
Mille oiseaux qui s’enfuient n’en font un qui se pose
Et tant d’obscurité simule mal le jour.

(Jules Supervielle)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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LOGE ÉTROITE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



LOGE ÉTROITE

Plus près, plus près. Je suis très bien.
Il pleut ; il fait une limitation cruelle.
Avance, avance le pied.

Jusque quand ces mains simulant la ronceraie
laisseront-elles les courtines baissées?
Tu vois? Les autres, quelle facilité, quelle effigie.
Plus près, plus près.

Il pleut. Et ce soir une autre nef glissera
chargée de crêpe ;
comme l’aréole noire et difforme
arrachée à l’illusion sphingique.

Plus près, plus près. Tu es au bord
et la nef peut t’entraîner sur la mer.
Ah, courtines immobiles, symboliques…
Mes applaudissements sont un festin de roses noires :
te céder ma place!
Et dans le fracas de mon renoncement
saignera un fil d’infini.

Je ne dois pas être si bien;
avance, avance le pied!

***

EL PALCO ESTRECHO

Más acá, más acá. Yo estoy muy bien.
Llueve; y hace una cruel limitación.
Avanza, avanza el pie.

Hasta qué hora no suben las cortinas
esas manos que fingen un zarzal?
Ves? Los otros, qué cómodos, qué efigies.
Más acá, más acá!

Llueve. Y hoy pasará otra nave
cargada de crespón;
será como un pezón negro y deforme
arrancado a la esfíngica Ilusión.

Más acá, más acá. Tú estás al borde
y la nave arrastrarte puede al mar.
Ah, cortinas inmóviles, simbólicas…
Mi aplauso es un festín de rosas negras:
cederte mi lugar!
Y en el fragor de mi renuncia,
un hilo de infinito sangrará.

Yo no debo estar tan bien;
avanza, avanza el piel!

(César Vallejo)

 

 

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