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Poésie

Posts Tagged ‘singulière’

LA PASSANTE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



LA PASSANTE

Hier, j’ai vu passer, comme une ombre qu’on plaint,
En un grand parc obscur, une femme voilée :
Funèbre et singulière, elle s’en est allée,
Recélant sa fierté sous son masque opalin.

Et rien que d’un regard, par ce soir cristallin,
J’eus deviné bientôt sa douleur refoulée ;
Puis elle disparut en quelque noire allée
Propice au deuil profond dont son coeur était plein.

Ma jeunesse est pareille à la pauvre passante :
Beaucoup la croiseront ici-bas dans la sente
Où la vie à la tombe âprement nous conduit;

Tous la verront passer, feuille sèche à la brise
Qui tourbillonne, tombe et se fane en la nuit ;
Mais nul ne l’aimera, nul ne l’aura comprise.

(Emile Nelligan)


Illustration: Jacques Dormont

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Plus loin (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2016



Plus loin on prend encore une autre direction
Mais toujours les mêmes reviennent
Vers la colline singulière
Où le chemin tourne en montant
Jusqu’au rocher sanglant où périt la lumière
Dans les abattoirs du couchant

(Pierre Reverdy)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Nous nous rencontrons (Hsu Chih-mo)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2016



Nous nous rencontrons au coeur de la nuit,
Tu tends vers ton destin, moi vers le mien;
Heureuse si tu t’en souviens,
Plus encore si tu oublies
Ce bref éclair né de notre singulière rencontre.

(Hsu Chih-mo)

Illustration: Josephine Wall

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Beauté (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



(François Cheng)

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Le lézard (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



Le lézard, s’il s’élance
sous la grande ardeur
d’entre les chaumes —

la voile, quand elle gonfle
et s’abîme au saut
du rocher —

le canon de midi
plus ténu que ton coeur
et le chronomètre s’il
se déclenche sans bruit —

alors? Lueur d’éclair

vainement vous transmue en chose
riche et singulière. Tout autre était ta marque.

***

Il ramarro, se scocca
sotto la grande fersa
dalle stoppie –

la vela, quando fiotta
e s’inabissa al salto
della rocca –

i1 cannone di mezzodi
più fioco del tuo cuore
e il cronometro se
scatta senza rumore –

e poi? Luce di lampo
invano puô mutarvi in alcunché
di ricco e strano. Altro era il tuo stampo.

(Eugenio Montale)

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CRÉPUSCULE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



 

CRÉPUSCULE

Un éléphant dans sa baignoire
et les trois enfants dormant
singulière singulière histoire
histoire du soleil couchant

(Philippe Soupault)

Illustration: Balthus

 

 

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