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Poésie

Posts Tagged ‘s’insinuer’

Amour, toi le Larron… (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Amour, toi le Larron…

Amour, toi, le larron éternel, qui dérobes
Les lourds trésors des coeurs et le secret des robes !

Tu te glisses et te dissimules la nuit,
Et ton pas est le pas du traître qui s’enfuit…

Ton pas est plus léger que le doux pas du Songe !
Et l’on n’entend jamais ce bruit sournois qui ronge.

N’as-tu point d’amitié ? N’as-tu point de raison ?
Voici que s’insinue en mon coeur ton poison.

Epargne-moi ! Vois mon visage et mon front blême…
Mon ennemi. l’Amour, je te hais et je t’aime.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Ils se sont assemblés (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



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Ils se sont assemblés
De leurs petites vies qu’entend-on
leurs rires m’éclaboussent
Je passe
des mots poisseux s’attachent
et l’ennui m’asphyxie

On ne peut pas partir
On traîne tant de choses qu’on croit voir derrière soi
l’encrier bâille sur ma table
un bruit seul a glissé
contre le mur des espoirs rampent
Je me pétrifie

Où sauter
une crainte s’évapore
Le silence
puis une lettre s’insinue
Il faudrait arracher des nuages
S’en aller

(Philippe Soupault)

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La fraîcheur du matin (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



    

Illustration: Piet Mondrian Mondrian
    
La fraîcheur du matin vient de la mer,
le champ mouillé vert-cristal au soleil
dans la vapeur légère de l’écume, qui roule
sur le cristal d’un vert d’herbe ; la morsure
de l’air frais s’insinue à l’intérieur, les fenêtres
sont béantes sur la dune je suis assis là
les charmants nuages rouges, dégoulinant de miel,
me passent devant la bouche.

Et c’est amour que je murmure plongé dans la fraîcheur,
et l’amour dévale de la maison il longe la dune,
il court, il prend la terre dans ses bras.

Je suis la source et de moi coule l’eau,
voici d’où vient la source, calme jardin intérieur,
ici est accroché mon coeur, haut siège de la fontaine.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Testament d’un moribond (Khaïr-Eddine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Ah : C’est elle…
Elle est en moi,
elle s’insinue en moi,

elle me ronge le sang et les os…
et elle sourit et s’illumine…
elle brille…

c’est donc qu’elle ne ressemble pas
à cette image vulgaire qu’on en fait…
elle est plutôt gracieuse et attirante …

Ca y est je pars …

(Khaïr-Eddine)

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Après les remparts dans le quartier de l’Océan (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Après les remparts
dans le quartier de l’Océan
vivait Khalti Samar

À son grand désespoir
son mari ce mécréant
ne buvait que du café noir

«Pourquoi boire du thé?
disait-il d’un air critique
Son goût est beaucoup trop sucré
et il amollit la logique

Prenez n’importe quelle démente
donnez-lui un thé à la menthe
et elle vous contera des histoires
que vous écouterez jusqu’au soir!

Qu’Allah me protège du merveilleux
qui s’insinue même dans les coeurs
des plus malingres et des plus vieux
pour leur faire croire au bonheur!

Faut-il que je cède au rêve
de mon épouse Samar la douce
et que pour son tajine aux fèves
le savoir je repousse ?

Faut-il que je rie ?
Faut-il que je pleure?
Faut-il que j’aille voir le cadi
pour lui parler sans candeur ?

Ah! Samar la grâce de tes yeux
est un tel baume une telle richesse
Tu ne sais pas ma sécheresse
quand tu allumes tes feux

Je suis chandelle entre tes mains
assoiffé de ta lumière
Je veux vivre entre tes seins
jusqu’à ma larme dernière»

Ainsi parlait le mari de Khalti Samar
quand elle lui versait du café noir

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’AVENTURE N’ATTEND PAS LE DESTIN (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



 

Illustration: Jacek Malczewski
    
L’AVENTURE N’ATTEND PAS LE DESTIN

Peut-être bien
Que tout au bout de cette vie il n’y a rien
Que c’est comme le dos du mur de l’hospice
Des détritus
Ou trois cents mètres de précipice
Dans la glaise du temps difficile à manier
L’Aine fait un tout petit peu de fumée
Il y a l’herbe l’os blanchi et le vieux casque
La cinquième roue d’une destinée restée en panne

Dressé sur le hors-bord qui fourrage la nuit
Il reste malgré tout l’espoir d’une aventure
Le goût sur et salé d’un matin de printemps
Quand dans le soubresaut félin de la voilure
S’insinue la caresse immédiate du vent

On est porté plus loin que son épaule même
Immergé comme un boeuf au beau milieu des eaux
On a soudain du caractère et l’on s’élève
Miraculeusement à son propre niveau.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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La Lune consolatrice (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    
La Lune consolatrice

Et voici que mon coeur s’épanouit et rit…
Moi qui longtemps souffris, me voici consolée
Par ce noir violet d’une nuit étoilée,
Moi qui ne savais point que la lune guérit !

Moi qui ne savais point que la lune console
De tout le chagrin lourd, de toute la rancoeur !
Sa consolation illumine le coeur
D’un rayon éloquent autant qu’une parole.

Et d’un rayon furtif comme un furtif bienfait
Elle se glisse au fond torturé de mon âme,
Elle se glisse avec une douceur de femme.
Et c’est insinuant comme un obscur bienfait.

Comme un obscur bienfait s’insinue, elle glisse…
Tout le ciel émergeant de l’ombre est radieux.
Eternellement chère à mon coeur, à mes yeux,
Sois louée à jamais, Lune consolatrice !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Le regard secoue les plumes de sa nostalgie (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017



le regard secoue les plumes de sa nostalgie
s’insinue entre les fougères jusqu’à la plage
vêtu d’un reste de tendresse nocturne

sur les galets la mer dépose ses vaisseaux
brûlés d’avoir cherché l’aurore

(Rabah Belamri)

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Une nuit (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Une nuit

Comme l’autre nuit vient le sommeil,
il s’insinue déjà dans mes pensées.
Alors,
comme pour une lavandière un drap, se tord
la nouvelle angoisse en mon cœur. Crier
je voudrais, mais ne le peux. La torture,
qu’on souffre une seule fois, est souffrance muette.
Ah, tout ce que j’ai perdu, moi seul le sait.

(Umberto Saba)

Illustration: Samuel Durkin

 

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Toujours il essayait (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016



Toujours il essayait
de s’insinuer sous les pieds du vent
pour imiter ses pas

(Adonis)

 

 

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