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Poésie

Posts Tagged ‘s’installer’

Mon coeur (Michèle Voltaire Marcelin)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Alberto Pancorbo -El-candado

Mon coeur

Mon coeur sert tant et si souvent
que la rouille ne s’y installe pas
Il faut à chaque fois y changer la serrure
Le dernier amant garde toujours la clef

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Alberto Pancorbo

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Les souffles s’entrecroisent (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2018




    
Les souffles s’entrecroisent puis s’apaisent;
Les voix s’interpénètrent puis se taisent.
Lieu clos où d’un coup s’installe l’infini,
L’air ne respire plus que le pré fleuri.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Jour puis nuit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Illustration: Jean-Jacques Grandville
    
C’était une pierre qui se plaignait
d’être à l’écart du chemin
« Où sont les joyeux pèlerins
et leurs bâtons et leurs paniers ?

— Tu exagères, répondait Soeur Verveine
je viens te voir de temps en temps
sur le dos de ma jument
Mon amitié serait-elle vaine?

— Facile à dire pour une amazone
qui sur tout l’Orient rayonne
Si j’en fais vraiment tout un plat
reste donc sept jours avec moi»

Verveine confia sa jument à une jeune cousine
et revint près de la pierre prendre racine

Jour puis nuit
il y eut la rosée du matin
le chant d’un serin
un rideau de pluie

Jour puis nuit
il y eut le ciel imberbe
une étoile qui fuit
la table d’émeraude de l’herbe

Jour puis nuit
le silence s’installa
l’envie de partir partit
Verveine voulut vivre là

Et il arrive assez souvent
qu’un pèlerin quitte le chemin
pour respirer son parfum
et s’asseoir sur la pierre un moment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE LAC S’ENDORT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE LAC S’ENDORT

Avec la paix de l’étang s’endormant
Et l’infini s’installant, qu’ils me laissent
L’amour, avec celui qui me l’adresse
Et dont la main fut un apaisement.

Mes petits malheurs oubliés d’avance,
Tombe mon canif, en sabre agrandi.
Avec ta fleur criarde tu pâlis.
T’éveille alors la branche du silence.

J’ignore ta parole : ça frémit.
Ses mots me sont étrangers, mais ça tonne.
Très fort serait donc l’amour qu’il me donne,
Pour dans mon coeur te tolérer ainsi.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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L’épaule (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Illustration: Jean Goujon
    
L’épaule

rien n’est jamais plus nu que quand tu la dénudes
sa rondeur innocente est propice au toucher
d’une main qui s’installe en cette rondité
après qu’on eut posé un baiser en prélude

sa chaleur est intime et pleine de quiétude
propice au songe à la caresse digitale
qui paresse tandis que le miroir ovale
souligne encor les formes de sa plénitude

c’est une étape avant les prochaines courbures
une pause après la pente de l’encolure
un double faîte entre la poitrine et le dos

et quel plus grand plaisir après la journée dure
que lorsque vient l’instant où poser sa figure
sur le dôme apaisant de l’épaule au repos

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle

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Chaque matin (Tania Sollogoug)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Illustration
    
Chaque matin, je m’installe près de mon baobab.
J’attends que viennent les mots.

Mon esprit se vide doucement avec le bruit de l’eau.
Et cela vient.

(Tania Sollogoug)

 

Recueil: Les babouins du baobab
Traduction:
Editions: Ecole des loisirs

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Le corbeau s’installe (Katsumi Komagata)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Le corbeau s’installe dans le nid confectionné l’an dernier par un autre corbeau
Son point de vue ne cesse de changer

(Katsumi Komagata)

 

Recueil: Petit arbre
Traduction: Colin Irwin
Editions: ONE STROKE

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Comme les hirondelles (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



Comme les hirondelles

Le temps avait passé.
La maison s’était assoupie.

Les filles étaient parties.
Des gendres barbus
étaient venus s’installer à notre table.

Et voici les chambres se recouvrent de linge blanc.
Les langes encombrent les baignoires.
Les placards s’entrouvrent
libérant les cris et les rires
que nous venions de ranger.

Dans la maison vieillissante,
avec le printemps,
les hirondelles sont revenues.

(Gabriel Cousin)


Illustration

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LA RESSEMBLANCE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



Illustration: Kinuko Y. Craft
    

LA RESSEMBLANCE

Vous qui frappez les yeux battants des cloches d’ombre
Visages renversés par tous ces oiseaux bleus
Verrai-je clair en moi si rien ne me ressemble

Déjà tu t’appuyais au balcon de mon coeur
Tu t’installes, tu es dans ma chair à toute heure
Il suffit que je sois pour que tu me répondes

Je t’écoute glisser lentement de mes doigts
Si je lève la tête il faut que je te voie
Etalée sur la nuit comme une dame blanche.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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