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Poésie

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Renouveau (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Renouveau

Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre

Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Les Bruits de la Nuit (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



Les Bruits de la Nuit

L’homme a beau s’insurger contre ses rêves,
ses rêves sont plus forts que lui.
Une impression qu’il ne peut ni maîtriser, ni comprendre,
vient souvent contredire à l’improviste les plus hautes spéculations de son esprit,
donner un démenti à ses plus intrépides négations.
Quel hardi penseur n’a pas quelquefois, dans la nuit,
entendu avec une sorte d’anxiété ces bruits mystérieux,
qui semblent se donner rendez-vous dans l’ombre ?

On dirait que quelque chose vit sourdement dans la matière,
et prend, quand tout se tait, une voix pour nous parler :
langage indéfinissable, imposant comme le silence, obscur comme les ténèbres.

Message énigmatique de l’avenir ou du passé,
il inquiète également la raison.
Ce qui n’est plus nous effraye autant que ce qui n’est pas :
c’est toujours l’inconnu.

(Jules Lefèvre-Deumier)

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Autrefois autrefois (Edouard Glissant)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Autrefois autrefois
Ah! mémoire rocailleuse insurge-toi en taillis.
Chaque buisson de mémoire cache un tireur.

Sur nos têtes le battement du moulin
Dans nos nuits toussent les boucans
L’homme a beau faire le cri prend racines.

(Edouard Glissant)

 

Recueil: Le sel noir
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE DOUTE (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



LE DOUTE

Pourquoi tes yeux blessés, pourquoi ton corps,
pourquoi tes seins dans mes paumes chagrines,
pourquoi ta pesanteur : quelques remords,
quelques neiges sans but, quelques lésines ?
Un homme est là entre sa pendaison
et sa tiédeur de moineau qui écoute;
une femme est ici, mais sa raison
n’ose pas s’insurger contre le doute.
Tous deux réinventaient des mots humains,
tous deux jouaient à créer des images,
mais à présent que font-ils de leurs mains
qui ne sont plus que des bêtes sauvages ?
Pourquoi écrire un livre à notre insu,
pourquoi nous contenter de pages vides,
pourquoi survivre, poètes déçus
que chaque verbe conduit au suicide ?

(Alain Bosquet)

Illustration: Edward Hopper

 

 

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