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Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit (Taï-Cho-Lun)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit

Qui s’intéresse à moi dans cette hôtellerie ?
Avec qui pourrais-je échanger quelques mots ?
Une lampe froide, voilà mon unique compagnie.
Cette nuit même, une année de plus doit s’accomplir,
Et j’ai parcouru mille lieues,
et je ne revois pas encore mon pays.

Seul avec mes soucis,
je passe en revue ma vie entière ;
N’est-il pas risible et attristant tout à la fois
que notre misérable corps ne puisse tenir en place ?

Mon visage est chagrin,
les cheveux de mes tempes grisonnent,
Et demain commence la nouvelle année,
et c’est ainsi que je vais accueillir
le nouveau printemps.

Bien des années déjà se sont écoulées,
sans me laisser le cœur satisfait.
Que faut-il espérer de celle qui commence ?

Parmi les anciens compagnons
de ma jeunesse et de mes loisirs,
Quelques-uns ont atteint ce qu’ils poursuivaient :
mais combien la mort en a-t-elle surpris !

Désormais, je veux que le repos soit le but
vers lequel tous mes désirs se concentrent ;
Je veux renoncer aux fatigues vaines,
pour obtenir du moins la longévité.

La beauté du printemps n’a point d’âge ;
elle est, elle sera toujours la même ;
J’en jouirai dans ma pauvre demeure,
autant qu’un prince dans son palais.

(Taï-Cho-Lun)

 

 

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HALLELUJAH (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
HALLELUJAH

J’ai entendu dire qu’il y avait un accord secret
Que David jouait et qui plaisait au Seigneur
Mais tu ne t’intéresses pas vraiment à la musique, n’est-ce pas
Ça faisait comme ça,
La quarte, la quinte
L’accord mineur tombe et le majeur monte
Le roi perplexe composant hallelujah

Hallelujah…

Ta foi était forte mais tu avais besoin de preuves
Tu l’as vue se baigner sur le toit
Sa beauté et le clair de lune t’ont renversé
Elle t’a attaché
à une chaise de cuisine
Elle a brisé ton trône, et t’a coupé les cheveux
Et de tes lèvres elle a tiré l’Hallelujah

Hallelujah…

Vous dites que j’utilise le Nom en vain
Mais je ne connais même pas le Nom
Mais si je le fait, bon vraiment, qu’est ce que ça peut te faire ?
Il y a un éclat de lumière
Dans chaque mot
Qu’importe que tu entendes
Le saint hallelujah ou le brisé

Hallelujah…

J’ai fait de mon mieux, ce n’était pas beaucoup
Je ne pouvais pas sentir, alors j’ai essayé d’effleurer
J’ai dit la vérité, je ne suis pas venue pour te duper
Et bien que
Tout est mal tourné
Je me tiendrai devant le seigneur de la chanson
Avec rien d’autre à mes lèvres qu’Hallelujah

Hallelujah…

***

HALLELUJAH

I’ve heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don’t really care for music, do you?
It goes like this
The fourth, the fifth
The minor fall, the major lift
The baffled king composing Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty in the moonlight overthrew you
She tied you to a kitchen chair
She broke your throne, and she cut your hair
And from your lips she drew the Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Baby I have been here before
I know this room, I’ve walked this floor
I used to live alone before I knew you.
I’ve seen your flag on the marble arch
Love is not a victory march
It’s a cold and it’s a broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

There was a time when you let me know
What’s really going on below
But now you never show it to me, do you?
And remember when I moved in you
The holy dove was moving too
And every breath we drew was Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Maybe there’s a God above
But all I’ve ever learned from love
Was how to shoot at someone who outdrew you
It’s not a cry you can hear at night
It’s not somebody who has seen the light
It’s a cold and it’s a broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

You say I took the name in vain
I don’t even know the name
But if I did, well, really, what’s it to you?
There’s a blaze of light in every word
It doesn’t matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

I did my best, it wasn’t much
I couldn’t feel, so I tried to touch
I’ve told the truth, I didn’t come to fool you
And even though it all went wrong
I’ll stand before the Lord of Song
With nothing on my tongue but Hallelujah

Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah

(Leonard Cohen)

 

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LE PETIT MOULIN (Chants Yiddish)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



    

LE PETIT MOULIN

Tant que l’épi est jeune,
Et que le grain est maigre et fin,
Tant que l’épi est jeune ;
On ne s’y intéresse pas !
Il peut rester dans le champ
On le laisse en paix !
Mais s’il vient à grandir,
La roue se met à tourner !
Il est broyé en morceaux
Et on ne le reconnait plus !

Dors bien, ouvrier tiens bien le manche
Travailler avec entrain a cependant son importance
Tourne bien, tourne bien, petite roue du moulin !
Broie bien le grain en poudre !
Il a perdu depuis longtemps sa forme primitive,
Et a été broyé sous la roue,
Il est tout blanc et s’appelle farine !

***

(Drey Zikh Milekhl, Dina’s lid ) DOS MILEKHL

Zo lang di zang iz yunger,
Un der korn- moger, gringer,
Zo lang di zang iz yunger,
Kukt men zikh nit tsu !
In feld ken zi farblaybn
Dos rod kon zi nit tseraybn,
In feld ken zi farblaybn!
Lozt men nor im tsuru,
Vert nor der korn diker,
Tut zikh dos rod a ker!
Er vert tseraybn oyf shtiker,
Men derkent im shoyn nit mer!

Shlof gut du arbeter halt fest dosshtilekhn!
Fleysik tsu arbetn iz dokh a shpilekhn;
Drey zikh gut drey zikh gut redelemilkhn!
Tserayb gut dem korn- tsu tayl !
Nishto shoyn keyn zangen tseraybn ider korn,
Di ersht geshtalt hot er shoyn langfarloyrn,
Unter der rod iz er tseraybn gevorn,
Er iz shoyn gor vays -un heyst mel !

Zo lang der mentsh iz moger,
Lebt solid iz nit keyn yoger,
Zo lang der mentsh iz moger,
Lebt er dokh say vi!
Di noyt ken im not nit leygn,
Vayl er iz vaykh un lozt zikh boygn
Di noyt ken im nor nit leygn.
Lozt zi im nor tsuru.
Koym vert er ibergliklekh…
Tut im dos rod a ker !
Zi tsebrekht im nor oyf shtiklekh
Men derkent im shoyn nit mer !…
Shlof git du arbeter etc..

Zo lang der yid hot nit geflakert,
Shof gepashet erd geakert,
Zo lang der yid hot nisht geflakert,
Hot men im gelozt tsuru;
Shtil gelebt nit hoykh gefloygn;
Nit oyfgerisn yenem di oygn…
Shtil gelebt nit hoykh gefloygn,
Nit oyfgerisn yenem di oygn…
Shtil gelebt nit hoykh gegloybt,
Hot men nit gezogt dertsu,
Az er iz gevorn ibergliklekh,
Hot zikh di rod geton a ker,
Tseraybn iz er oyf shtiklekh!..
Men derkent im shoyn nit mer.
Shlof git du arbeter etc..

***

זאָ לאַנג די זאַנג איז יונגער,
און דער קאָרן מאָגער, גרינגער ,
זאָ לאַנג די זאַנג איז יונגער ,
קוקט מען זיך ניט צו !
אין פֿעלד קען זי פֿאַרבלײַ בן
דאָס ראָד קאָן זי ניט צערײַ בן ,
אין פֿעלד קען זי פֿאַרבלײַ בן !
לאָזט מען נאָר אים וצ ,רו
װערט נאָר דער קאָרן דיקער,
טוט זיך דאָס ראָד אַ קער!
ער װערט צערײַ בן אױף שטיקער,
מען דערקענט אים שױן ניט מער!

שלאָף גוט דו אַרבעטער האַלט פֿעסט דאָס
שטילע !ןכ
פֿלײסיק צו אַרבעטן איז דאָך אַ שפּ כעיל ,ן
דריי זיך גוט דריי זיך גוט רעדעלע מילכן !
צערײַ ב גוט דעם קאָרן צו טײַ ל !
נישטאָ שױן קײן זאַנגען צערײַ בן אין דער
קאָרן ,
די ערשט געשטאַלט האָט ער שױן לאַנג
פֿאַרלױרן ,
אונטער דער ראָד איז ער צערײַ בן געװאָרן,
ער איז שױן גאָר װײַ ס און הײסט מעל

זאָ לאַנג דער מענטש איז מאָגער,
לעבט סאָליד איז ניט קײן יאָגער ,
זאָ לאַנג דער מענטש איז מאָגער,
לעבט ער דאָך סײַ װי!
די נױט קען אים נאָט ניט לײגן ,
װײַ ל ער איז װײַ ך און לאָזט זיך בױגן
די נױט קען אים נאָר ניט לײגן .
לאָזט זי אים נאָר צורו.
קױם װערט ער איבערגליקלעך..
טוט אים דאָס ראָד אַ קער!
זי צעברעכט אים נאָר אױף שטיקלעך
מען דערקענט אים שױן ניט מער !..
שלאָף גיט דו אַרבעטער א.ז.וו

זאָ לאַנג דער ייִד האָט ניט געפֿלאַקערט,
שאָף געפּאַשעט ערד געאַקערט ,
זאָ לאַנג דער ייִד האָט נישט געפֿלאַקערט
האָט מען אים געלאָזט צורו,
שטיל געלעבט ניט הױך געפֿלױגן ,
ניט אױפֿגעריסן יענעם די אױגן..
שטיל געלעבט ניט הױך געפֿלױגן,
ניט אױפֿגעריסן יענעם די אױגן..
שטיל געלעבט ניט הױך געגלױבט ,
האָט מען ניט געזאָגט דערצו,
אַז ער איז געװאָרן איבערגליק ,ךעל
האָט זיך די ראָד געטאָן אַ קער,
צערײַ בן איז ער אױף שטיקלעך!..
מען דערקענט אים שױן ניט מער .
שלאָף גיט דו אַרבעטער א. ז.וו..

http://archives.savethemusic.com/bin/archives.cgi?q=songs&search=title&id=Dos+Milekhl

(Chants Yiddish)

 

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Vrai (Denis Diderot)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
On ne peut s’intéresser
qu’à ce qu’on croit vrai.

(Denis Diderot)

 

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La nuit (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



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La nuit
n’a nul besoin d’étoiles, nulle part
on ne s’intéresse à nous.

(Paul Celan)

Illustration

 

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Les grandes personnes m’ont conseillé (Antoine de Saint-Exupéry)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



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Les grandes personnes m’ont conseillé de laisser de côté
les dessins de serpents boas ouverts ou fermés,
et de m’intéresser plutôt à la géographie,
à l’histoire, au calcul et à la grammaire.

(Antoine de Saint-Exupéry)

 

 

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EN CE TEMPS-LA (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



sophia-de-mello-breyner-andresen

EN CE TEMPS-LA

Sous la tonnelle de glycine mauve
Les abeilles et moi
Ivres de parfum

Là-haut les abeilles
Dorées et petites
Ne s’intéressaient pas à moi
Allaient de fleur en fleur
Et moi ici en bas
Assise sur le banc d’azulejos
Entre pénombre et lumière
Fleur et parfum
Aussi avide que les abeilles

***

NAQUELE TEMPO

Sob o caramanchão de glicínia lilaz
As abelhas e eu
Tontas de perfume

Lá no alto as abelhas
Doiradas e pequenas
Nâo se ocupavam de mim
Iam de flor em flor
E cá em baixo eu
Sentada no banco de azulejos
Entre penumbra e luz
Flor e perfume
Tao ávida como as abelhas

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Toi, Tu regardes le corbeau (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2017



Toi,
Tu regardes le corbeau,

Tu t’intéresses à ce qu’il fait
Sur les chaumes
Devant ta fenêtre.

Lui,
Rien ne l’oblige,
Il ne te regarde pas écrire.

(Guillevic)

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