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Poésie

Posts Tagged ‘s’iriser’

CREPUSCULE ANTIQUE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



CREPUSCULE ANTIQUE

Le jet d’eau, derrière le palais mort
Jaillit et grandit, et s’élève et pleure —
Et les gouttes dans le soir tombent, meurent,
En s’irisant de bleu, de sang et d’or.

Sur l’eau une file de cygnes blancs…
Le parc emprunte au lac son tendre rêve,
Le couchant pare les cygnes, sans trêve
Les irisant de bleu, d’or et de sang.

Les sculptures gisent là, tristement,
Rêvant dans leur blancheur et elles pleurent
Et le couchant les colore en cette heure
Les irisant de bleu, d’or et de sang.

(George Bacovia)

Illustration: Patricia Blondel

 

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SOLEIL COUCHANT (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
SOLEIL COUCHANT

Comme des ronds bleus dans l’eau,
Comme une lampe éteinte,
Comme le voile lourd des rideaux,
Comme une riante étreinte.

La dernière heure,
Celle où la voix du clavecin
Sourit aux pâles lueurs.

La dernière heure,
Celle où un semblant de vie
Glisse sur nos coeurs

Comme un vase qui se brise,
Comme la vague sur le sable,
Le crépuscule s’irise
Des couleurs d’un amour désirable

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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CHAÎNES (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
CHAÎNES

Comme une voix dans le feu,
Qui soupire et sommeille,
Puis rêve de jours radieux,
Où les tons sont vermeils.

Comme une voix dans la plaine,
Qui tremble et joue du rire,
Puis fait place à la peine
Où tout crie sans rien dire.

Comme une voix dans le ciel,
Qui frémit et fredonne,
Puis s’effeuille, étincelle,
Où les pas de nos coeurs résonnent.

Comme une voix à l’infini,
Qui s’élève dans la brise,
Puis s’enfuit dans la nuit
Où les nuages s’irisent.

L’Amour nous tient si fort,
Que pieds et mains liés,
Au-delà de tous torts
Nous y sommes enchaînés.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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LES VAINES DANSEUSES (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Brad Kunkle _1280

LES VAINES DANSEUSES

Celles qui sont des fleurs légères sont venues,
Figurines d’or et beautés toutes menues
Où s’irise une faible lune… Les voici
Mélodieuses fuir dans le bois éclairci.

De mauves et d’iris et de nocturnes roses
Sont les grâces de nuit sous leurs danses écloses.
Que de parfums voilés dispensent leurs doigts d’or!
Mais l’azur doux s’effeuille en ce bocage mort
Et de l’eau mince luit à peine, reposée
Comme un pâle trésor d’une antique rosée
D’où le silence en fleur monte… Encor les voici
Mélodieuses fuir dans le bois éclairci.
Aux calices aimés leurs mains sont gracieuses;
Un peu de lune dort sur leurs lèvres pieuses
Et leurs bras merveilleux aux gestes endormis
Aiment à dénouer sous les myrtes amis
Leurs liens fauves et leurs caresses… Mais certaines,
Moins captives du rythme et des harpes lointaines,
S’en vont d’un pas subtil au lac enseveli
Boire des lys l’eau frêle où dort le pur oubli.

(Paul Valéry)

Illustration: Brad Kunkle

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Ce n’est qu’une lune de papier (Rose/Harburg/Arlen)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Ce n’est qu’une lune de papier

Rien n’est réel pour moi
Quand je suis loin de toi
Loin de tes bras
Le monde n’est plus qu’un parking transitoire

Mmm
Une bulle juste un instant
Mmm
La bulle s’irise de ton sourire

Tu vois, ce n’est qu’une lune de papier
Voguant sur une mer de carton
Mais ce ne serait pas imaginaire
Si tu croyais en moi

Oui ce n’est qu’un ciel de toile
Au-dessus d’un arbre de mousseline
mais ce serait pas imaginaire
Si tu croyais en moi

Sans ton amour
Ce n’est qu’un défilé d’attractions
Sans ton amour
C’est une mélodie d’arcade de jeux

C’est un monde qui appartient au cirque
Aussi faux que possible
Mais ce ne serait pas imaginaire
Si tu croyais en moi

***

It’s Only A Paper Moon

I never feel a thing is real
When I’m away from you
Out of your embrace
The world’s a temporary parking place

Mmm, mm, mm, mm
A bubble for a minute
Mmm, mm, mm, mm
You smile, the bubble has a rainbow in it

Say, its only a paper moon
Sailing over a cardboard sea
But it wouldn’t be make-believe
If you believed in me

Yes, it’s only a canvas sky
Hanging over a muslin tree
But it wouldn’t be make-believe
If you believed in me

Without your love
It’s a honky-tonk parade
Without your love
It’s a melody played in a penny arcade

It’s a Barnum and Bailey world
Just as phony as it can be
But it wouldn’t be make-believe
If you believed in me

(Rose/Harburg/Arlen)

Illustration

 

It’s Only A Paper Moon

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Arbre de cristal (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration
    
Arbre de cristal

A l’aube
Déserté d’oiseaux,
L’arbre de cristal s’irise,
Lustre inversé
Sur nos arpents
De silence hivernal…

Y tremble
Un cœur d’enfant,
Muet
De merveille.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Pourquoi donc t’habiller si matin, ma chérie? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Pourquoi donc t’habiller si matin, ma chérie?
Pourquoi me dérober si tôt la chair fleurie ?
Non, ne mets pas encor tes seins au cachot noir
De ton corsage; garde un peu ce long peignoir
Qui moule ton beau corps tout nu sous la dentelle,
Et dont la manche large a comme un frisson d’aile.
Nous irons au jardin boire un coup de printemps,
Mouiller dans les gazons ta traîne aux plis flottants,
Voir les fruits que je mords elles fleurs que tu cueilles,
Nous rafraîchir les yeux dans les yeux vert des feuilles,

Et respirer l’aurore ainsi que deux oiseaux.
Viens, tes frisons de soie, en dépit des réseaux,
S’envoleront au souffle amoureux de la brise;
Tu verras au travers, dans l’aube qui s’irise,
Blonds et fins, les crêpons d’un nuage vermeil.
Et tes cheveux seront avec ceux du soleil.

(Jean Richepin)

 

 

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Papillon bleu (Hermann Hesse)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



Bleu reflet qui s’irise,
Un papillon nacré
Emporté par la brise
Luit, brille, disparaît.
Tel, d’une aile légère,
Le bonheur est venu
Puis a, fleur éphémère,
Lui, brillé, disparu.

**************

Blauer Schmetterling

Flügelt ein kleiner blauer
Falter vom Wind geweht,
Ein perlmutterner Schauer,
Glitzert,flimmert,vergeht.
So mit Augenblicksblinken,
So im Vorüberwehn
Sah ich das Glück mir winken,
Glitzern,flimmern,vergehn.

(Hermann Hesse)

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AUX IMBECILES (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016



 

Michael Page 1979 - American Pop Surrealism painter -   (19) [1280x768]

AUX IMBECILES

QUAND nous irisons
Tous nos horizons
D’émeraudes et de cuivre,
Les gens bien assis
Exempts de soucis
Ne doivent pas nous poursuivre.

On devient très fin,
Mais on meurt de faim,
A jouer de la guitare,
On n’est emporté,
L’hiver ni l’été,
Dans le train d’aucune gare.

Le chemin de fer
Est vraiment trop cher.
Le steamer fendeur de l’onde
Est plus cher encor ;
Il faut beaucoup d’or
Pour aller au bout du monde.

Donc, gens bien assis,
Exempts de soucis,
Méfiez-vous du poète,
Qui peut, ayant faim,
Vous mettre, à la fin,
Quelques balles dans la tête.

(Charles Cros)

Illustration: Michael Page

 

 

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L’OEIL ROSE (Dimitri Defrain)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016




L’OEIL ROSE

J’aime ton œil humide Kate,
Voir ta pupille délicate
Se dilater avec délits,
Kate, et s’iriser sur des lits…

Mais hélas, tel l’or c’est un leurre
Où fane mon coeur toute l’heure,
Car d’autres déflorent ta fleur,
Effleurent ta flore et la leur…

Et meurt le soleil. Je l’implore,
Ton oeil! – Plein d’horreur je l’explore
Jusqu’à l’aurore, las, pleurant,
Et ton parfum enfui fleurant…

Et je me promène, torpide,
Parcouru d’un désir turpide,
Fouettant avec dureté
Ton oeil rose et son duveté.

(Dimitri Defrain)

Illustration

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