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Poésie

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CONCORDANCES (Rémy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



CONCORDANCES

De ses doigts s’exhalait une odeur délicate,
Comme l’assemblage exquis de fleurs sobres et rares
Ou l’effluve des prés qu’un vent d’été caresse ;
De ses doigts s’exhalait une odeur délicate.

Ô pénétrante odeur dont émane un désir,
Odeur moins désirable, pleine de moins d’ivresse
Que celle que dérobe la robe, ô délicate
Et pénétrante odeur dont émane un désir.

Aux parfums de la chair en leur loyale essence
Cèdent les élixirs, toutes les quintessences :
Un seul effleurement l’exalta au désir
Des parfums de la chair en leur loyale essence.

Ô chair faite de fleurs roses, blanches et bleues,
Dont la sève circule avec le sang des veines,
Sa peau moite en distille la plus subtile essence,
Ô chair faite de fleurs roses, blanches et bleues.

(Rémy de Gourmont)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

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VA DANSER ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Joseph Matar
    
VA DANSER !

Au mois d’août, en fauchant le blé,
On crevait de soif dans la plaine;
Le corps en feu, je suis allé
Boire à plat ventre à la fontaine :
L’eau froide m’a glacé « les sangs ».
Et je meurs par ce tendre automne
Où l’on danse devant la tonne
Durant les beaux jours finissants…

J’entends les violons… Marie !
Va, petiote que j’aimais bien ;
Moi, je n’ai plus besoin de rien !…
Va-t’en danser à la frairie,
J’entends les violons… Marie !…

Veux-tu bien me sécher ces pleurs?
Les pleurs enlaidissent les belles !
Mets ton joli bonnet à fleurs
Et ton devantier en dentelle :
Rejoins les jeunesses du bourg
Au bourg où l’amour les enivre ;
Car, si je meurs, il te faut vivre…
Et l’on ne vit pas sans amour !

Entre dans la ronde gaiement ;
Choisis un beau gâs dans la ronde,
Et donne-lui ton cœur aimant
Qui resterait seul en ce monde…
Oui, j’étais jaloux cet été
Quand un autre t’avait suivie ;
Mais on ne comprend bien la vie
Que sur le point de la quitter…

Après ça, tu te marieras…
Et, quand la moisson sera haute,
Avec ton homme au rude bras,
Moissonnant un jour côte à côte
Vous viendrez peut-être à parler,
Emus de pitié grave et sobre,
De Jean qui mourut en Octobre
D’un mal pris en fauchant les blés…

(Gaston Couté)

 

 

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Tu entres maintenant (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Tu entres maintenant dans la clarté
Des heures sobres

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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La beauté immortelle (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2016




Non pas comme devant jouvencelle ou dame vivant
Avec cette chaleur dans leur beauté humaine
Nous devons jeter nos regards
À la beauté immortelle.

Éloignée pour l’éternité, elle se montre,
Et calme, afin d’être adorée des êtres calmes.
C’est là sa seule façon d’être
Immortelle comme les dieux.

Que jamais la joie passagère
passagère
Ni la passion qui recherche parce qu’elle exige
Ne jettent par nos yeux
Regard sur la beauté.

Comme qui voit un Dieu et jamais n’ose
L’aimer plus fort que ce qu’il faut aimer un Dieu,
Devant la beauté
Faisons-nous sobres.

Pour rien d’autre les dieux ne la soumettent
A notre fièvre humaine et vaine de la vie,
Ainsi contemplons-la
Dans la lumière du délaissement.

Et puis de tout extrayons la beauté
En tant que présence humaine et voilée
Et sourire lointain
De qui à la vie assiste.

En ce jour-ci où la campagne est d’Apollon
La verte colonie dominée par les ors,
Telle une Dame au fond de nous
Soit notre sensation de la vie.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Theodore Chassériau

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LES DOUX SOIRS SONT FLÉTRIS (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2016



LES DOUX SOIRS SONT FLÉTRIS

« Les doux soirs sont flétris comme des fleurs d’octobre
— Qu’irions-nous dire au saule, aux ajoncs, aux lagunes? —
Mon âme à tout jamais s’est faite grave et sobre;
— Qu’irions-nous dire aux dunes?

Le vent se lève et vient, discret et sans parole:
Ma tempe est fraîche de son baiser;
La nuit — doucement, comme une mère console
Se lève et vient m’étreindre et me bercer,
Qu’irions-nous dire au saule?

Vous fûtes mon roi pour un printemps fleuri,
Vous fûtes l’élu de vos douces paroles;
Le savions-nous, quand nous avons ri,
Que tous deux jouaient de vieux rôles?

Le savais-je, moi? vous, le saviez-vous?
— Maintenant tout est gris sur la lande nocturne —
Avec nos rires faux et doux?
Que nous en avait dit l’avenir taciturne?
Que savions-nous?

Moi, je rêvais, sans doute, les vieux poèmes,
Et vous, les vieux contes de bonnes fortunes:
« Vous m’aimez? — Je t’aime! — tu m’aimes! »
Quel âge avons-nous donc pour rire de nous-mêmes?
Qu’irions-nous dire aux dunes?
Au saule, aux ajoncs, aux lagunes?
– La lune se lève en ses halos blêmes —
Nos coeurs seront morts sans rancunes. »

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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Routes sobres je vous aime (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2015



 

A mesure de mon approche je m’exile
Routes sobres je vous aime
Plus chante l’oiseau plus le silence
Prononce les mots qu’il sait.

(Max-Pol Fouchet)

 

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Matines (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2015


Matines

Que l’homme dans le temps utile
Soit l’impatience d’exister
Et l’âme dans les eaux nubiles
Ouverte à l’immobilité

Peu de préceptes, la clarté
Peu de paroles de prière
Et cette sobre ébriété
Dans l’abondance de lumière

(Henry Bauchau)

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Crépuscule (Vincent Muselli)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2015



Crépuscule

Le jour mourant s’éteint dans les eaux violettes
Des lacs et des bassins,
Et les noirs peupliers dressent leur silhouette
En un sobre dessin.

L’ombre ravit la forme et la couleur des choses,
Et mon œil incertain
Voit se faner les lys et s’éteindre les roses
Au fond de mon jardin.

Et, durant que la nuit qui descend des ardoises
Envahir la maison,
les dernières odeurs des lys et des framboises
Montent vers le balcon.

(Vincent Muselli)

 

 

 

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