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Poésie

Posts Tagged ‘s’obstiner’

Chanson pour Elle (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Chanson pour Elle

L’ORGUEIL endolori s’obstine
A travestir ton coeur lassé,
Ténébreux comme la morphine
Et le mystère du passé.

Tu récites les beaux mensonges
Comme on récite les beaux vers.
L’ombre répand de mauvais songes
Sur tes yeux d’archange pervers.

Tes joyaux sont des orchidées
Qui se fanent sous tes regards
Et les miroitantes idées
Plus hypocrites que les fards.

Tes prunelles inextinguibles
Bravent la flamme et le soleil…
Et les Présences Invisibles
Rôdent autour de ton sommeil.

(Renée Vivien)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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Allez on aura fait son exercice du matin (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Allez on aura fait son exercice
du matin
ses ablutions spirituelles
l’âme purgée des scories
de la nuit
rinçant à grande eau son corps obscur
(une autre toujours plus absente
s’abrite derrière la familière
qui s’obstine
et se défait dans les mots qu’on émiette)

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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L’AIGLE, LA LAIE, ET LA CHATTE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

L’AIGLE, LA LAIE, ET LA CHATTE

L’Aigle avait ses petits au haut d’un arbre creux.
La Laie au pied, la Chatte entre les deux ;
Et sans s’incommoder, moyennant ce partage,
Mères et nourrissons faisaient leur tripotage.
La Chatte détruisit par sa fourbe l’accord.
Elle grimpa chez l’Aigle, et lui dit : « Notre mort
(Au moins de nos enfants, car c’est tout un aux mères)
Ne tardera possible guères.
Voyez-vous à nos pieds fouir incessamment
Cette maudite Laie, et creuser une mine ?
C’est pour déraciner le chêne assurément,
Et de nos nourrissons attirer la ruine.
L’arbre tombant, ils seront dévorés :
Qu’ils s’en tiennent pour assurés.
S’il m’en restait un seul, j’adoucirais ma plainte. »
Au partir de ce lieu, qu’elle remplit de crainte,
La perfide descend tout droit
A l’endroit
Où la Laie était en gésine.
« Ma bonne amie et ma voisine,
Lui dit-elle tout bas, je vous donne un avis.
L’aigle, si vous sortez, fondra sur vos petits :
Obligez-moi de n’en rien dire :
Son courroux tomberait sur moi. »
Dans cette autre famille ayant semé l’effroi,
La Chatte en son trou se retire.
L’Aigle n’ose sortir, ni pourvoir aux besoins
De ses petits ; la Laie encore moins :
Sottes de ne pas voir que le plus grand des soins,
Ce doit être celui d’éviter la famine.
A demeurer chez soi l’une et l’autre s’obstine
Pour secourir les siens dedans l’occasion :
L’Oiseau Royal, en cas de mine,
La Laie, en cas d’irruption.
La faim détruisit tout : il ne resta personne
De la gent Marcassine et de la gent Aiglonne,
Qui n’allât de vie à trépas :
Grand renfort pour Messieurs les Chats.

Que ne sait point ourdir une langue traîtresse
Par sa pernicieuse adresse ?
Des malheurs qui sont sortis
De la boîte de Pandore,
Celui qu’à meilleur droit tout l’Univers abhorre,
C’est la fourbe, à mon avis.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Celui qui prévoit d’attendre (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



celui qui prévoit d’attendre s’obstine d’espérance, s’allie au dénuement.
rien ne s’épuise plus vite que l’envie d’un refus.

(Jack Keguenne)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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À peine le jour (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

À peine le jour a-t-il franchi ses frontières
que se libèrent, les craintes et les doutes,
que les embruns et les pluies
épaississent le paysage,
le révélant à sa propre lumière.

Nous autres, passagers clandestins,
nous obstinons à regarder
par-dessus les buissons,
guettant celui ou celle
qui soufflera sur notre ombre.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Même si la neige (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



    

Même si la neige annule toute trace
sur la pelouse où l’hiver n’a pas prise,
les mots sont encore témoins
de ces passages sans mesure.
A travers la forêt qui s’éclaircit,
un voyageur s’obstine à chercher un chemin
perdu d’avance pour lui.
Rien ne saurait le conduire à bon port.

(Max Alhau)

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Une nuit tiède (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



 

Une nuit tiède
que le ciel ensemence

A chacun d’y trouver sa soif

Les grillons des prés sans fin
s’obstinent à tout dire

(Georges Bonnet)

 

 

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Beauté et vérité (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2016



Beauté et vérité, mais ces hautes vagues
Sur ces cris qui s’obstinent. Comment garder
Audible l’espérance dans le tumulte,
Comment faire pour que vieillir, ce soit renaître,
Pour que la maison s’ouvre, de l’intérieur,
Pour que ce ne soit pas la mort qui pousse
Dehors celui qui demandait un lieu natal ?

***

Beauty and truth. But tall waves crash
On cries that still persist. The voice of hope,
Above the din – how can we make it heard?
How can growing old become rebirth?
How can the house be opened from within,
So death will not turn out the child
Who kept asking for a native place?

(Yves Bonnefoy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Une musique (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



Dans l’air fraîchi, venant d’où, déclose comment?
Vers moi, par la fenêtre ouverte, une musique
Déferle à petites vagues si tristement.
Elle me fait à l’âme un mal presque physique.
Confuse comme un songe… Est-ce d’un piano,
Est-ce d’un violon méconnu qui s’afflige
Ou d’une voix humaine en élans comme une eau
D’un jet d’eau qui s’effeuille en larmes sur sa tige.
Ah ! la musique triste en route dans le soir,
Qui voyage en fumée, en rubans, qui sinue
En forme de ruisseaux pauvres dans l’ombre nue,
Et trace de muets signes sur le ciel noir
Où l’on peut suivre et lire un peu sa destinée
Dont les lignes du son tracent la preuve innée,
Chiromancie éparse, oracle instrumental !

Puis s’embrouille dans l’air la musique en partance,
Éteignant peu à peu ses plaintes de cristal
Qu’on s’obstine à poursuivre aux confins du silence.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Dolmen (Thierry Metz)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



Dolmen

va
coupeur de bois
allume un feu dans l’arbre – ta caverne-
pose une braise sur ta langue

l’oiseau peut revenir

l’oiseau de ton souffle
l’aile qui attise le dormeur

***

une parole tourne
dans la voix du potier
se heurte au plus simple

le mot qui s’obstine
et s’évase

pour contredire la courbe

(Thierry Metz)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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