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LES DEUX BIEN-AIMES ET LE VALET DE LA MORT (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



LES DEUX BIEN-AIMES ET LE VALET DE LA MORT

Si tu t’occupes encore des ombres
Viens me chercher car je n’en peux plus
Fais-moi glisser comme tu veux
Car je suis changé en ombre
Et je ne peux m’arracher.
Arrache-moi sans Lui faire de mal
Tu es délicat, coupe délicatement
Et détale
Qu’Elle tombe et meure
Et que j’erre autre part.

(Pierre Morhange)

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CHOSES QUI FONT QU’ON SE DEMANDE POURQUOI ON EST TRISTE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020



    

CHOSES QUI FONT QU’ON SE DEMANDE POURQUOI ON EST TRISTE

Écoute Est-ce le vent ? Écoute Réveille-toi
Est-ce un renard ? Le vent ? Est-ce un pas ? Qui hésite ?
Est-ce un oiseau de nuit clopinant sur le toit ?
Est-ce un chagrin de mes dix ans ayant rejoint ma piste ?

Ou bien l’hésitation à la marge des bois
d’une bête en suspens entre l’ombre et la fuite ?

Écoute On a marché Il faudrait aller voir
C’est peut-être le vent qui fait battre un volet
dans une maison basse au fond de ma mémoire
que j’ai oublié de fermer avant de m’en aller
pour toujours il y a des années
et le volet n’en finit pas dans une autre nuit noire
de battre sur le mur disparu comme si le mur et lui existaient.

Écoute Est-ce la pluie ou bien le vent dehors
qui font glisser le long du silence étonné
le chuchotis furtif d’une averse qui s’endort
puis qui reprend fait halte encore et recommence à pianoter ?
Ai-je rêvé que je pleurais ? Ai-je rêvé que j’étais mort ?
Et maintenant est-ce la pluie sur cette joue ou les larmes que j’ai rêvées ?

Était-ce toi qui m’attendais minuit d’une autre vie ?
Je me suis égaré J’ai cherché très longtemps l’orée et le chemin
J’ai dû marcher des heures dans l’humus sous la pluie
et quand j’ai reconnu la barrière l’allée d’ormeaux le grand pin
qui donc était sur le seuil soulevant la lampe à pétrole dans la nuit ?
(et dans la cheminée brûlait un grand feu qui sentait la lavande et le pin)

Écoute C’est le vent qui se trompe d’années
qui confond les saisons les pays mon absence
le vent qui ne sait plus où il s’est égaré
C’est lui qui bat Ou bien mon coeur À quoi pense
t-il ? Il bat si loin de moi comme à la dérobée
Est-ce que tu te souviens de la promesse d’enfance ?

On a frappé Je vais ouvrir Ce n’est que moi
Je venais visiter celui que j’ai cru être
Où est la lampe ? Qui a éteint le feu de bois ?
Je passais par ici Il y avait autrefois une allée de grands hêtres
Non C’étaient des ormeaux On les a abattus
Je vais repartir Ne vous occupez pas Il fait déjà froid

Ce n’est que moi Et je m’en vais Odeur d’hiver et de salpêtre
Écoute Est-ce le vent ? Était-ce moi ? Une heure sonne

Ce n’est que moi Ou bien le vent Ou bien personne

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Quand on s’occupe de lui (Achbé)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



Illustration: Achbé    
    
Quand on s’occupe de lui,

le clito rit.

(Achbé)

 

Recueil: Ma rue par Achbé
Traduction:
Editions: Gallimard

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Aucune fleur (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2019



Aucune fleur
Ne s’occupe de nous.

Ne paraît pas non plus
Nous refuser.

(Guillevic)

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Il n’y a aucune raison (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019




Illustration: Gilbert Garcin
    
Il n’y a aucune raison d’occuper les espaces vides.
Les espaces vides sont plus nécessaires
que les espaces pleins.

La vacuité fonde les choses
et allège l’être
lorsqu’elle mesure les mondes.

Le vide, en outre, nous appelle,
même si nous ne savons pas répondre à l’appel.

***

No hay por qué ocupar los espacios vacíos .
Los espacios vacíos son mas necesarios
que los espacios llenos.

La vacuidad funda las cosas
y aligera el ser
mientras mide los mundos.

Además , lo vacío nos llama,
aunque no sepamos responder al llamado

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Quand le moineau (Anthony de Mello)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



nid

Quand le moineau

Quand le moineau construit son nid dans la forêt,
il n’occupe qu’une branche.
Quand le cerf étanche sa soif à la rivière,
il ne boit pas plus que son estomac ne peut contenir.
Nous accumulons les choses
parce que nos coeurs sont vides !

(Anthony de Mello)

 Illustration

 

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Le remords (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Atsushi Suwa 0111

Le remords

Vais-je traîner toute ma vie
en moi cette sorte de litanie
qui ne me laisse point de repos
et met ma conscience en morceaux ?

Car voyez-vous, quoi que je fasse,
toujours quelque chose me tracasse
et mes actes les plus louables
au fond de moi me crient : coupable !

Coupable je suis, sachez-le.
Comment, pourquoi importent peu
car mes réponses mille fois reprises
sans fin en moi se contredisent.

Coupable je suis de telle sorte
qu’à y penser toute chose me porte
et mes regrets sempiternels
me sont punition éternelle.

Ainsi donc, n’ayant nulle paix,
de moi-même faisant le portrait,
je rumine l’énumération
de mes actions et inactions…

J’adore me prélasser au lit,
lisant, me cultivant l’esprit.
Mais le remords, comme un démon,
sitôt m’insuffle son poison.

Alors je m’attèle à la tâche
et comme une brute, fais le ménage,
mais en même temps je me répète :
ma fille, tu seras toujours bête !

Je veux, ai-je raison ou tort ?
aussi m’occuper de mon corps
pour être épouse désirable
d’un effet quelque peu durable.

Mais dès qu’à mes soins je m’adonne,
une voix perfide me chantonne :
tu as raison, ne pense qu’à toi,
ils attendront pour le repas !

Alors, retrouvant mes casseroles,
échevelée et l’air d’une folle,
je me redis dans un sermon :
toujours seras-tu une souillon ?

Parfois, avide de détente,
je me complais à ce qui tente,
croyant voler quelques bonnes heures
au temps à consacrer ailleurs.

Mais au lieu de me réjouir,
je ne cherche qu’à troubler ma fête
car de mes cent tâches non faites,
je me punis comme à plaisir !

Ainsi donc, n’ayant nulle paix…
De moi-même faisant le procès…

(Esther Granek)

Illustration: Atsushi Suwa

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La souris d’église (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
La souris d’église

Une souris affamée allait droit devant elle au bord du caniveau.
Au lieu de fromage, on mit une église sur son chemin.
Elle y entra non par humilité, mais par hasard.
Elle fit tout ce qu’il fallait: elle rampa jusqu’à la croix,
s’inclina devant les autels, dormit sur un banc.
Nul grain de manne ne lui tomba du ciel.
Dieu s’occupait alors de calmer les océans.

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ

c’est pourtant bien l’été
rien ne manque la lumière
les arbres les sourires la musique
les jeunes filles en fleurs
le soleil qui surveille
et s’occupe des convives
tout est tendre éternel
ondoyant tel un regard langoureux
à peine le galet froid va-t-il tomber
de cette fissure infime
telle une larme tu vas couler
hors du tableau

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Occupez-vous du sens (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Illustration: https://wordart.com/
    
Occupez-vous du sens
et les mots s’occuperont d’eux-mêmes.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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