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L’HEURE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



 

bassin-apollon-versailles [1280x768]

L’HEURE

L’invariable buis et le cyprès constant
Bordent l’allée égale et le parterre où songe
Dans le bassin carré l’eau qui reflète et ronge
Un Triton fatigué de sa conque qu’il tend;

En sa gaîne de pierre aussi l’hermès attend
Que tourne autour de lui son socle qui s’allonge;
Un Pégase cabré, le pied pris dans sa longe,
Lève un sabot de bronze et gonfle un crin flottant.

L’heure est longue pour ceux qui, figés en statues,
Vol brisé, saut captif, dont les voix se sont tues,
Demeurent au jardin vaste et monumental;

Et le Temps qui s’en va, hibou noir ou colombe,
Dessine au vieux cadran de pierre et de métal
Une aile d’ombre oblique où fuit le jour qui tombe.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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LES STATUES (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Aristide Maillol

LES STATUES

Les feuilles, une à une, et le temps, heure à heure,
Tombent dans le bassin dont le jet d’eau larmoie;
Iphigénie en sang près d’Hélène de Troie,
Danaé, Antigone, Ariane qui pleure,

Marbres purs que le vent soufflette ou qu’il effleure!
Si le torse se cambre ou si la tête ploie,
Héroïque au destin qui caresse ou rudoie,
La statue aux yeux blancs persévère ou demeure.

L’éternelle beauté subsiste à jamais belle.
Le Silence a ployé le crêpe de son aile
Et songe, assis, le coude au socle où il inscrit

Le nom de l’héroïne énergique ou morose
Qui dérobe un sourire ou cache un sein meurtri
Derrière les cyprès ou derrière des roses.

(Henri De Régnier)

Illustration: Aristide Maillol

 

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LE REPOS (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



 

Degas 21

LE REPOS

Le bronze grave étreint de son sommeil pesant
Ton corps au geste las et ta face verdie;
Et quelle douloureuse et douce tragédie
T’a faite la statue où tu dors à présent?

Le marbre de ton socle est rouge et l’on y sent
Partout la pourpre encor d’une tache agrandie;
Est-ce la flèche aiguë ou la hache hardie
Qui t’a couchée ainsi plus belle dans ton sang?

Le bronze jaune et vert qui souffre et qui suppure,
Dont s’aigrit la patine et suinte la coulure,
Sculpte de ton repos un cadavre éternel;

Et la matière où tu survis te décompose;
Mais, puisque tendre fut ton Destin ou cruel,
Laisse croître à tes pieds la ciguë ou la rose.

(Henri De Régnier)

Illustration: Edgar Degas

 

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Printemps des lisières (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Illustration: Jean-louis Jabalé   
    
Printemps des lisières,
Les bourgeons du soleil

Percent la coque
De nos insomnies,
Font voler en éclat

Nous arrachent
Au socle pétrifié de l’hiver,

Creusent nos vases mortes
De sillons de lumière,

La dure écorce de nos peurs,
Nous invitent à être là simplement
Dans la joie ample de marcher,

Libèrent en nous
Mille chants d’oiseaux.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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LES FEUILLES (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

Alexander Nedzvetskaya (8) [1280x768]

LES FEUILLES

Ta robe lente, pas à pas, soulève et traîne
Un bruit de feuilles d’or et de roses fanées,
Et dans le crépuscule où finit la journée
L’automne est las d’avoir entendu les fontaines.

Si tu passes le long des eaux vastes et vaines,
La statue, anxieuse et la tête inclinée
Écoutant dans l’écho le pas de l’autre Année,
Ne te reconnaît plus et te regarde à peine.

La Vestale au ciel gris lève ses yeux de marbre,
L’Hermès silencieux dérobe d’arbre en arbre
Son socle nu de terme et son masque de faune,

Et, dans le miroir clair que tu tiens à la main,
Tu portes, reflétés, le parc morose et jaune
Avec ses dieux, ses eaux et ses verts boulingrins.

(Henri De Régnier)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

 

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Sculptez votre beauté (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2018



 

Irène Lussou_5

Sculptez votre beauté sur le socle du Temps …
Imiter n’est pas vivre
Imiter c’est mourir à soi-même
Soyez votre royaume et soyez votre roi !

(Saint-Pol Roux)

Illustration: Irène Lussou

 

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MICASCHISTE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



MICASCHISTE

Somnolence du temps. Feuilles des sédiments
au bas des eaux défuntes.
Socle de la mémoire. Lagune
où gît encore Mélusine endormie
qu’un jour réveillera le prince des limons.

(Jacques Lacarrière)

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Conte d’amour V (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Conte d’amour V

Bientôt viendra la neige au blanc manteau d’hermine ;
Dans les parcs défeuillés, sous le ciel morne et gris,
Sur leurs socles, parmi les boulingrins flétris,
Les priapes frileux feront bien triste mine.

Alors, ma toute belle, assis au coin du feu,
Aux rouges flamboiements des bûches crépitantes,
Nous reverrons, au fond des visions latentes,
Le paysage vert, le paysage bleu,

Le paysage vert et rose et jaune et mauve
Où murmure l’eau claire en les fouillis des joncs,
Où se dresse au-dessus des fourrés sauvageons
Le cône menaçant de la montagne chauve.

Nous reverrons les boeufs, les grands boeufs blancs et roux,
Traînant des chariots sous l’ardeur tropicale,
Et sur le pont très vieux la très vieille bancale
Et le jeune crétin au ricanement doux.

Ainsi nous revivrons nos extases éteintes
Et nous ranimerons nos bonheurs saccagés
Et nous ressentirons nos baisers échangés
Dans les campagnes d’or et d’émeraude teintes.

Hélas ! N’écoutant pas la voix des sorts moqueurs
Et laissant mon esprit s’enivrer de chimères,
Je ne veux pas penser que les ondes amères
Vont se mettre bientôt au travers de nos coeurs.

(Jean Moréas)

 

 

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À Giacometti (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Alberto Giacometti
    
À Giacometti

Socles immenses
Pour le maintien d’un seul visage
Ni de parole ni d’absence
Car ces mots mêmes délivrent

Rien que la main
Qui recommence les yeux d’argile
jusqu’à se perdre
Et la grâce

Maigre d’un peu de terre qui chante
Près d’une épaule
Embuée de nos signes

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Nuit du faubourg (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Nuit du faubourg

Dans l’arrière-cour, la lumière
Soulève son filet sans se presser.
Comme un trou est plein d’eau dans la rivière,
Déjà notre cuisine l’est dans l’obscurité.

Silence. Une brosse à récurer paraît se dresser
Sur ses pattes,
Et se mettre à grimper.
Au-dessus d’elle, un morceau de plâtre
Est perplexe: doit-il se laisser tomber?

Dans ses loques d’huile toute grasse,
Sur fond de ciel, la nuit soupire et devient immobile.
Elle s’assoit aux confins de la ville,
Puis titubant traverse une place,
Et pour éclairer allume un coin de lune.

Les murs d’usines
Se profilent comme des ruines,
Et déjà des ténèbres plus tenaces
Au-dessus d’elles se ramassent
En socles de silence.

(Attila Jozsef)

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