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Donjons de Dieu! Poètes ! (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018




    
Donjons de Dieu! Poètes !
Paratonnerres célestes,
qui résistez aux plus violents des orages,
tels des crêtes muettes,
tels des cimes agrestes,
des éternités vous êtes le barrage !

Une Espérance magique le jour nous prédit
au cours duquel, sur le rocher d’harmonie
périra la sirène aux perfides atours.
Espérez donc, espérons donc toujours !

Espérez donc toujours.
L’élément bestial se divertit
dans la haine de la poésie
et les races s’offensent tour à tour.

L’insurrection d’en bas
s’étend aux Excellents.
Le cannibale convoite sa proie,
le rouge aux gencives et l’écume aux dents.

Donjons, mettez un sourire au pavillon.
Opposez aux craintes et aux manifestations malignes
d’une brise la superbe inspiration,
brise d’une tranquillité céleste et marine…

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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LE POÈTE A SON AIMÉE (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



LE POÈTE A SON AIMÉE

Aimée, en cette nuit crucifiée tu t’es
sur les deux madriers cintrés de mon baiser;
et ta peine m’a dit que Jésus avait pleuré
et qu’il était un vendredi-saint plus doux que ce baiser.

En cette nuit étrange où tant regardé tu m’as,
la Mort fut joyeuse et a chanté dans son squelette.
En cette nuit de septembre on a célébré
ma seconde chute et le plus humain des baisers.

Aimée, nous mourrons côte à côte ; serrés l’un contre l’autre ;
éminente, notre amertume par intervalles se desséchera;
au fond de l’ombre, nos lèvres défuntes noyées se seront.

Alors, nulle trace de reproches dans tes yeux béats ;
alors, je ne t’offenserai plus. Alors, comme deux petits enfants
dans le tombeau, serrés l’un contre l’autre, nous nous endormirons.

***

EL POETA A SU AMADA

Amada, en esta noche tú me has crucificado
sobre los dos maderos curvados de mi beso;
y tu pena me ha dicho que Jesús ha llorado,
y que hay un viernesanto más dulce que ese beso.

En esta noche rara que tanta me has mirado,
la Muerte he estado alegre y ha cantado en su hueso.
En esta noche de setiembre se ha oficiado
mi segunda caída y el más humano beso.

Amada, moriremos los dos juntos, muy juntos;
se irá secando a pausas nuestra excelsa amargura;
y habrán tocado a sombra nuestros labios difuntos.

Y ya no habrán reproches en tus ojos benditos;
ni volveré a ofenderte. Y en una sepultura
los dos dos dormiremos, como dos hermanitos.

(César Vallejo)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Mon âme, soeur des soirs, amante du silence (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2015



Toi qui te connais mal et que les autres n’aiment
Qu’en de vains ornements qui ne sont pas toi-même,
Afin que ta beauté natale ne se fane,
Mon âme, pare-toi comme une courtisane.

Lorsque reviendra l’ombre et que tu seras nue,
Seule devant la nuit qui t’aura reconnue
Et loin de la cité dont la rumeur t’offense,
Tu te retrouveras pareille à ton enfance,

Mon âme, soeur des soirs, amante du silence.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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