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Poésie

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IL FAUDRA NOUS AIMER … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019




IL FAUDRA NOUS AIMER …

Il faudra nous aimer par-dessus toutes choses,
Malgré les jours mauvais ou les heures moroses,
Afin que notre amour soit une apothéose.

Il faudra que nos yeux soient purs comme un matin
De Pâques où tout l’air bleu rit d’un rire enfantin,
Dans lequel il y a des cloches au lointain.

Acceptant le travail que le jour leur apporte,
Il faudra que nos mains soient fidèles et fortes,
Jointes encor, même alors qu’elles seront mortes.

Il faudra que par les chemins qui s’offriront
Nous marchions, malgré tous les deuils et les affronts.
Sentant l’ombre d’une aile effleurer notre front.

Nous irons à travers les rires ou les larmes
Calmes et doux, impassibles, sans autres armes
Que ma fidélité tendre et que votre charme.

Nous nous soucierons peu des yeux faux ou moqueurs,
Et, chère, n’est-ce pas que nous serons vainqueurs
De toute chose, avec un tel amour au coeur ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Sarah (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



David Alfaro Siqueiros the-sob-1939
    
Sarah

La femme qui est dans mon lit
N´a plus 20 ans depuis longtemps
Les yeux cernés
Par les années
Par les amours
Au jour le jour
La bouche usée
Par les baisers
Trop souvent, mais
Trop mal donnés
Le teint blafard
Malgré le fard
Plus pâle qu´une
Tâche de lune

La femme qui est dans mon lit
N´a plus 20 ans depuis longtemps
Les seins si lourds
De trop d´amour
Ne portent pas
Le nom d´appas
Le corps lassé
Trop caressé
Trop souvent, mais
Trop mal aimé
Le dos vouté
Semble porter
Des souvenirs
Qu´elle a dû fuir

La femme qui est dans mon lit
N´a plus 20 ans depuis longtemps
Ne riez pas
N´y touchez pas
Gardez vos larmes
Et vos sarcasmes
Lorsque la nuit
Nous réunit
Son corps, ses mains
S´offrent aux miens
Et c´est son cœur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure

(Georges Moustaki)

Illustration: David Alfaro Siqueiros 

 

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Du temps de nos rois (Gilbert Saint-Pré)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



Du temps de nos rois

Le roi de trèfle,
Le roi des nèfles,
S’offrit
A la dame de carreau.
Voyant cela
La dame de coeur, jalouse,
Donna une gifle
Au roi de pique
Qui la menait en bateau,
Et le château de cartes
S’écroula.

(Gilbert Saint-Pré)

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La substance interne (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
La substance interne
n’est plus qu’un oeil

un oeil acharné
à s’élucider

à pénétrer
le plus enfoui

atteindre
le dedans du dedans

là où s’offrent
la paix et la lumière

l’inaltérable joyau
de la haute connaissance

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Pourquoi cette rose (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




    
Pourquoi cette rose
S’offre-t-elle à moi

Qui n’ai rien fait pour elle ?

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rose (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Rose,
Parmi toutes les fleurs,

Tu as une façon
De t’offrir sans te donner
Qui n’appartient qu’à toi.

Pour rivaliser avec toi
Il n’y a que le soleil.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les oies sauvages (Mary Oliver)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Les oies sauvages

Tu n’as pas à faire preuve de bonté.
Tu n’as pas à faire pénitence
et parcourir cent kilomètres sur les genoux dans le désert.
Il te suffit de laisser le doux animal de ton corps aimer
ce qu’il a envie d’aimer.
Parle-moi de désespoir, de ton désespoir, et je te parlerai du mien.
Pendant ce temps, la Terre continue de tourner.
Pendant ce temps, le soleil et les perles limpides de la pluie
traversent les paysages,
balayant les prairies et les arbres enracinés,
les montagnes et les rivières.
Pendant ce temps, là-haut, dans le bleu pur du ciel,
les oies sauvages reviennent, une fois encore, au pays.
Qui que tu sois, quelle que soit la profondeur de ta solitude,
le monde s’offre à ton imagination,
comme les oies sauvages, il t’appelle de son cri strident
et exaltant.
Sans cesse, il proclame ta place
au sein de la famille des choses de l’univers.

***

Wild Gees

You do not have to be good.
You do not have to walk on your knees
for a hundred miles through the desert repenting.
You only have to let the soft animal of your body
love what it loves.
Tell me about despair, yours, and I will tell you mine.
meanwhile the world goes on.
meanwhile the sun and the clear pebbles of the rain
are moving across the landscapes,
over the prairies and the deep trees,
the mountains and the rivers.
meanwhile the wild geese, high in the clean blue air,
are heading home again.
Whoever you are, no matter how lonely,
the world offers itself to your imagination,
calls to you like the wild geese, harsh and exciting –
over and over announcing your place
in the family of things.

(Mary Oliver)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Tant que tu n’as pas dit (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
Tant que tu n’as pas dit, serait-ce
« nuit » ou « silence », le premier mot,
rien ne s’offre en partage.

Tu ne croiras que dans l’imprévisible,
il s’amplifie lorsque tu dors
de ce qui vient au monde :

pour la rue obscure un cri de mouette,
le fracas de la houle avec les arbres
au moindre vent, la buée sur les vitres,

toute une apparition d’étoiles,
ou cette neige où sont de connivence
l’horizon des pierres, l’horizon des vagues,

un même secret s’y révèle.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Ce qui s’offre à nous (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



Ce qui s’offre à nous avec la lumière des étoiles,
ce qui s’offre à nous,
capte-le tel un monde sur ton visage,
ne le prends pas à la légère.

Montre à la nuit que tu reçus silencieusement
ce qu’elle a apporté.
Ce n’est que lorsque tu te seras confondu avec elle
que la nuit te connaîtra.

***

Was sich uns reicht mit dem Sternenlicht,
was sich uns reicht,
faß es wie Welt in dein Angesicht,
nimm es nicht leicht.

Zeige der Nacht, daß du still empfingst,
was sie gebracht.
Erst wenn du ganz zu ihr übergingst,
kennt dich die Nacht.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Le lierre (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Arbreaphotos
Cimetière de Recoleta
    
Le lierre
Dans la Recoleta, Buenos Aires

Mer d’oreilles attentives, que te dit-elle la pierre ?
Tu glisses sur les tombes, tu collectionnes des noms,
tu frissonnes quand le vent de l’été te réveille

pour explorer tes mains et leur ravir les voix
que tu rassembles minutieux, masquant le temps,
veilleur des dialogues et des adieux fiévreux.

Ton rêve solitaire veille sur les tombes
ô origine des langues, ô lierre frémissant
où peu à peu la nuit des morts se réunit —

En vain les jeux de la tempête te réclament ;
les fontaines de lumières et les statues du jour
depuis longtemps t’attendent pour s’offrir dénudées

tandis que toi, reclus, tu habites les stèles.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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