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Poésie

Posts Tagged ‘soi’

L’or du forsythia (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration
    
L’or du forsythia

Il faudra bien revenir un jour
quand la force de nos bras
aura chu dans les seaux
quand nos jambes seront de laine
et le sol plus mouvant que les eaux
quand l’oreille bourdonnera
comme un nid de frelons
frappé par l’orage et que l’oeil
cherchera l’aube en plein midi
il faudra revenir ici calmement
et s’asseoir au milieu de soi
pour voir le monde alentour
comme l’or du forsythia

(Guy Goffette)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
RONDEAU DE L’HOMME LASSÉ DE SOI

Quoi! toujours toi, quand rien de moi ne t’aime,
De ma personne indétrônable roi,
Ô monotone et tenace moi-même,
Gui parasite au sein d’un meilleur Moi!
Traînant partout tes humeurs inégales,
Tes muscles mous et tes nerfs anxieux,
Et ton cœur sec et tes sens vicieux,
Tes viles soifs, tes grossières fringales,
Quoi! toujours toi!

Quoi! toujours toi, toujours avide et vide,
Tenté d’agir, vautré sur le tapis,
Bouffi mais creux, arrogant mais pavide,
Menteur, jaloux, glouton, paillard et pis!
Jusques à quand faut-il que je t’endure,
Plat compagnon à mes pas attaché,
Fâcheux démon en mon ange caché,
Suppôt d’orgueil, d’envie et de luxure?
Quoi! toujours toi!

J’ai beau vouloir te noyer dans les veilles,
Dans le travail, le plaisir et le vin :
Sous mon habit toujours tu te réveilles
Aussi présent, aussi banal et vain.
Hôte indiscret, en moi tu fais demeure;
Toujours chassé tu ramènes toujours
Tes bas désirs et tes pauvres amours,
Et pas un être en qui te perdre une heure…
Quoi! toujours toi!

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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À l’intérieur de soi (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019



Illustration: Frédéric Didillon
    
À l’intérieur de soi
Sans cesse un autre et d’autres formes
Confusément naissantes, remplacées

(Se remplaçant, veines et fibres,
Sucres gouttant roses, laits
Engorgés des corolles,
Tumulte souterrain des graines),

Perdues pour le regard.

(Jean Tortel)

 

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Le doux printemps est ton temps est le mien est le nôtre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Karen L’Hémeury

    

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(tous les joyeux petits oiseaux
volent dans le flottant dans les
esprits mêmes ils chantent dans
le battement d’ailes des fleurs)

les amants vont les amants viennent
vagabondant ils s’émerveillent
mais tous les deux parfaitement
seuls il n’est nul autre au monde

(un tel ciel et un tel soleil
n’ai pas connu ni toi non plus
personne jamais n’a respiré
autant de variétés de oui)

nul arbre ne sait compter ses feuilles
chacune d’elles de s’ouvrir seule
mais ces qui brillant par milliers
ne font qu’un seul étonnement

(en secret adorant timides
petits s’allant dardant flottant
et joyeux dans le fleurissant
les heureux soi toujours chantent)

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Un jour nous ne pourrons plus partir (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019




    
Un jour nous ne pourrons plus partir.
Subitement, il se fera tard.
Il ne sera pas important de savoir
d’où venait et où allait le voyage.
Peut-être vers l’autre extrémité du monde
ou seulement de soi vers son ombre.

Nous dessinerons alors la figure d’un oiseau
et nous la clouerons au-dessus de la porte
comme blason et mémento,
afin de rappeler que l’ultime départ
n’existe pas non plus.

Et la lance,
qui était déjà clouée au sol,
ne s’enfoncera qu’un peu plus.

***

Un día ya no podremos partir.
Repentinamente, se habrá hecho tarde.
No importará desde dónde
o hacia dónde era el viaje.
Tal vez hacia el otro extremo del mundo
o sólo desde uno hacia su sombra.

Dibujaremos entonces la figura de un pájaro
y la clavaremos encima de la puerta
como blasón y memento,
para recordar que tampoco existe
la última partida.

Y la lanza,
que ya estaba clavada en el suelo,
sólo se hundirá un poco más.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’espace ouvert en soi (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Peyton Sawyer
    
L’espace ouvert en soi
qui le refermera ?

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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SOI (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



    

SOI

Qui suis-je, qui
Parle, fait de poussière,
Qui regarde, fait d’argile?

Qui entend
La pierre muette,
Et touche du doigt, de l’os,
L’eau fragile?

Qui pour la forêt respire le soir,
Voit pour la rose,
Et sait
Ce que l’oiseau chante?

Qui suis-je — qui craint pour le soleil
La diabolique obscurité,
Et tient en équilibre
L’atome et le chaos?

Qui, né du rien, a contemplé
Le visage aimé?

***

SELF

Who am I, who
Speaks from the dus!,
Who looks from the clay ?

Who bears
For the mute stone,
For fragile water feels
With finger and bone?

Who for the fores! breathes the evening,
Sees for the rose,
Who knows
What the bird sings?

Who am I, who for the sun fears
The demon dark,
In order bolds
Atom and chaos?

Who out of notbingness has gazed
On the beloved face?

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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FEU (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



    

FEU

Tout commence dans le feu et finit dans le feu.
Fontaines et sources fraîches retournent à la flamme.
A l’approche de la roue du soleil, la rosée
Monte vers le cercle de l’arc-en-ciel jusqu’à l’unique blancheur.

Tout ce qui commence dans l’obscurité allume
La brûlure du désir
Et du désir naît à la vue :
Celui qui voit et ce qui est vu se consument en une seule lumière
Quand les rochers se dissolvent au soleil et que les montagnes se déversent
Dans ces flammes qui aux enchaînés sont l’enfer
Mais pour les éléments délivrés, pur délice.

Notre corps a peur des feux qui brûlent
Le soi, l’identité — mais dans l’obscur du coeur
La bougie de l’âme brûle toujours pour l’aimé,
Et dans l’électron caché de l’eau
Se consume l’ardeur de brûler jusqu’au dernier jour.

***

FIRE

All begins in Fire and ends in Fire.
The fountains and cool springs return to flame
And at the sun’s approaching wheel, the dew
Ascends the rainbow circle into the sole white.

Ail that begins in darkness kindles
Info the burning of desire
And from desire into sight,
Seer and seen consuming in one light
When rocks melt in the sun, and mountains pour
Info those flames that to the bound are hell
But to the freed elements, pure delight.

Our forms are fearful of the fares that burn away
Self and identity, but in the dark of the heart
The candie of the soul still for the bridegroom barns,
And in the hidden electron of the water
Consumes the zeal of burning for the last day.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Alors – poème (Florence Pazzottu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
alors – poème
n’est pas retour
ni réenchantement ça grince
mais incandescence forgée
et déploiement
par pensée froide
de l’allégresse

(passion logique
et conjonction d’espaces
de pensée
articulation de l’intense
du hors et de l’en-soi
éloge de la chute ?
– un irréversible joyeux)

(Florence Pazzottu)
(Florence

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

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Qu’est-ce que la rencontre (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Illustration: Ludovic Florent
    
qu’est-ce que la rencontre
du vent sur la main
l’au-delà de soi

le temps n’a pas d’âge
c’est l’irréparable
de sa vie sans mort

sous chaque paupière
une image vide
l’avenir sans nous

la forme qui cherche
au bord de l’informe
l’ombre du zéro

vivre oublie la vie
le petit chemin
la fin commencée

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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