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Poésie

Posts Tagged ‘soie’

Petit poème (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Petit poème

Vous qui venez du pays natal,
Vous devez savoir bien des choses.
Le jour de votre départ, sous la fenêtre voilée de soie,
Les pruniers d’hiver étaient-ils déjà en fleurs?

(Wang Wei)

 

 

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Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

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Écrit sur une lamelle d’un wagon (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Écrit sur une lamelle d’un wagon

Si un jour quelqu’un doit trouver des perles
enfilées sur une ficelle de soie rouge-sang
qui, près de la gorge, courent aux plus minces des jours
comme le chemin propre de la vie jusqu’à qu’il s’en aille
quelque part dans un brouillard pour ne pas être vu,

Si quelqu’un doit trouver ces perles
Dites-lui comment –froides, distantes -elles ont illuminé
les dix-huit ans, de la danseuse de Paris,
au cœur impatient, Marie.

Maintenant, traîné à travers la Pologne inconnue –
Je lance mes perles à travers la grille.

Si un jeune homme les trouve
Que ces perles ornent sa petite amie.
Si une fille les trouve
Qu’elle les porte, elles lui appartiennent.
Et si elles sont trouvées par un vieil homme
laissez-le, pour ces perles, réciter une prière.

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Ne vois-tu (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Ne vois-tu, dans la soie sanglante
du coquelicot, une menace ?

Ne vois-tu pas que le pommier
fleurit pour mourir dans la pomme ?

Ne pleures-tu, parmi les rires,
près des bouteilles de l’oubli ?

(Pablo Neruda)

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Travaux d’aiguille (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

Au milieu : Vélasquez.  A gauche, de haut en bas : J De Camp, JF Millet, J Wolf. A droite : Van Gogh et Eugène Martel.

Travaux d’aiguille

Au fil du temps, jeunes filles,
Avec vos ciseaux d’argent,
L’aigu vif de vos aiguilles,
Que cousez-vous? – Le printemps.

Emma Aimée,Emeline
Rient en dévidant la soie
Et leurs cheveux blonds d’ondines
Au fil s’emmêlent parfois.

Hélène a usé la laine
De tant et tant de moutons
Qu’elle tousse à perdre haleine,
Filant un mauvais coton.

Artémise tisse, tisse
Son rêve en si fine toile
Qu’au travers le regard glisse
Et se perd dans les étoiles.

Au fil du temps, demoiselles
Qui cousez lin et velours,
Pour qui ces blanches dentelles?
Qui habillez-vous? – L’amour.

(Marc Alyn)

Illustration

 

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Est-ce encor moi malgré son visage en allé (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Est-ce encor moi malgré
Son visage en allé
Et ses jambes qui fuient
Dans la soie de la nuit
Et mon coeur sans raison
Près des volets fermés
Et ce grand mouvement
Au fond de la maison
Et ce qu’elle a pris
Dans ces sombres bagages?

Ce qu’elle a négligé.

(Jules Supervielle)

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L’amour, m’amour, m’a fui (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



 

Siegfried Zademack -   - (38)

L’amour, m’amour, m’a fui
En barque de soie
Un jour, quel jour ? la nuit !
Et mon rêve aboie.

(Georges Schehadé)

Illustration: Siegfried Zademack

 

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INDIFFERENCE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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INDIFFERENCE

J’étais tout pantelant encor de ses caresses,
Imprégné de l’odeur subtile de ses tresses,
Parfumé de sa peau, brûlant de ses baisers,
Et les hoquets d’amour, un à un apaisés,

Dans ma gorge râlante avec des plaintes douces
A peine assourdissaient leurs dernières secousses,
Quand elle se leva, calme, l’air somnolent.
Elle ne m’embrassa pas même en s’en allant.

Là-bas, près du miroir, sans jouir de ma joie,
Elle remit nonchalamment ses bas de soie,
Comme, après le dessert dans un dîner banal,
La bourgeoise en causant met ses gants pour le bal.

Et je sentis alors l’abominable doute
Au profond de mon cœur s’infiltrer goutte à goutte;
Je compris ce que sa froideur me laissait voir,
Que son amour pour moi n’était plus qu’un devoir.

Qu’elle ne savait plus la volupté jalouse,
Que la maîtresse enfin prenait des airs d’épouse.

(Jean Richepin)

Illustration: Henry Caro-Delvaille

 

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L’andalouse (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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L’andalouse

Avez-vous vu, dans Barcelone,
Une Andalouse au sein bruni ?
Pâle comme un beau soir d’automne !
C’est ma maîtresse, ma lionne!
La marquesa d’Amaëgui !

J’ai fait bien des chansons pour elle,
Je me suis battu bien souvent.
Bien souvent j’ai fait sentinelle,
Pour voir le coin de sa prunelle,
Quand son rideau tremblait au vent.

Elle est à moi, moi seul au monde.
Ses grands sourcils noirs sont à moi,
Son corps souple et sa jambe ronde,
Sa chevelure qui l’inonde,
Plus longue qu’un manteau de roi !

C’est à moi son beau col qui penche
Quand elle dort dans son boudoir,
Et sa basquina sur sa hanche,
Son bras dans sa mitaine blanche,
Son pied dans son brodequin noir !

Vrai Dieu ! Lorsque son oeil pétille
Sous la frange de ses réseaux,
Rien que pour toucher sa mantille,
De par tous les saints de Castille,
On se ferait rompre les os.

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe, les seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus !

Et qu’elle est folle dans sa joie,
Lorsqu’elle chante le matin,
Lorsqu’en tirant son bas de soie,
Elle fait, sur son flanc qui ploie,
Craquer son corset de satin !

Allons, mon page, en embuscades !
Allons ! la belle nuit d’été !
Je veux ce soir des sérénades
A faire damner les alcades
De Tolose au Guadalété

(Alfred de Musset)

 Illustration: Isabelle Jacq Gamboena

 

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VISIBLE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

femme orage

VISIBLE

Bobines de foudre dévidées
dans la déchirure de cette nuit d’hiver : tonnerre
provoqué par l’astre — comme si

ton fantôme était passé, brûlant,
dans le chas de l’aiguille, et se faufilait
net à travers la soie
du néant.

Refuse
de naître à nouveau. Quand tout le reste mourra
la mort seule
survivra en moi.

(Paul Auster)

Illustration:Ana Cruz

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