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Poésie

Posts Tagged ‘soie’

Si tu crois rêver (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Si tu crois rêver

Si tu crois que l’heure
Est à tous les vents
Si tu crois Fauvette

Et si pour passer
Il suffit d’un rêve
D’un rêve et d’un peu
D’amour sur la plaie

Si tu crois Fauvette
A la courte paille
Si tu crois au vent
Oui dit des merveilles
Et aux voiliers bleus
Cachés dans la main

Alors nous aurons
Des saisons entières
Et un fil de soie
Pour tisser des nuits.

(Robert Momeux)


Illustration

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L’écharpe (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    

L’écharpe

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce souvenir de soie
Qui se souvient de nous
Ce n’est pas qu’il fasse froid
Le fond de l’air est doux
C’est qu’encore une fois
J’ai voulu comme un fou
Me souvenir de toi
De tes doigts sur mon cou
Me souvenir de nous
Quand on se disait vous

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce sourire de soie
Qui sourit comme nous
Sourions autrefois
Quand on se disait vous
En regardant le soir
Tomber sur nos genoux
C’est encore une fois
J’ai voulu revoir
Comment tombe le soir
Quand on s’aime à genoux

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce soupir de soie
Qui soupire après nous
C’n’est pas pour que tu voies
Comme je m’ennuie sans toi
C’est qu’il y a toujours
L’empreinte sur mon cou
L’empreinte de tes doigts
De tes doigts qui se nouent
L’empreinte de ce jour
Où les doigts se dénouent

{Final:}
Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Cette écharpe de soie
Que tu portais chez nous
Ce n’est pas qu’il fasse froid
Le fond de l’air est doux
Ce n’est pas qu’il fasse froid
Le fond de l’air est doux.

(Maurice Fanon)

 

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Avec les sept couleurs (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Illustration: Samuel Silva  (c’est bien un DESSIN pas une photo!!)
    
Avec les sept couleurs tu dessines un enfant,
la lampe, la lumière à l’entour,
il n’y a rien sinon ce regard,
la branche d’aubépine, un soleil de soie
impatient d’être fleur,
la nuit pour confidente.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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A l’écoute d’un chant (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Freydoon Rassouli

 

A l’écoute d’un chant

Une voix de femme passe comme le vent,
Noire, dirait-on, humide, nocturne.
Tout ce qu’elle touche au vol, aussitôt
Se transforme.
Elle scintille, diamantine,
Argente ici ou là quelque chose un instant,
Bruisse, costume étrange,
Soies prodigieuses.
Si puissant,
Ce qui aimante la voix, l’ensorcelle :
Comme si devant, là-bas, ce n’était pas la tombe, mais l’envol
D’un escalier vertigineux.

(Anna Akhmatova)

 

 


Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Vers vagues (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh ! mol est mon amour, vague est le violon !
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh ! la volupté veule du violon !

(Stuart Merrill)

Illustration

 

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Tu dors? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Tu dors? Ce n’est pas vrai, folle, tu fais semblant.
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance ;

Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;

Tu sais que des frissons amoureux et troublants
Viennent ensoleiller la neige de tes flancs ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;

Tu sais trop bien cela, friponne, et, doucement.
Sûre de me tenter, tu souris en dormant ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.

(Jean Richepin)

 Illustration: Maurice Barraud

 

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Pourquoi donc t’habiller si matin, ma chérie? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Pourquoi donc t’habiller si matin, ma chérie?
Pourquoi me dérober si tôt la chair fleurie ?
Non, ne mets pas encor tes seins au cachot noir
De ton corsage; garde un peu ce long peignoir
Qui moule ton beau corps tout nu sous la dentelle,
Et dont la manche large a comme un frisson d’aile.
Nous irons au jardin boire un coup de printemps,
Mouiller dans les gazons ta traîne aux plis flottants,
Voir les fruits que je mords elles fleurs que tu cueilles,
Nous rafraîchir les yeux dans les yeux vert des feuilles,

Et respirer l’aurore ainsi que deux oiseaux.
Viens, tes frisons de soie, en dépit des réseaux,
S’envoleront au souffle amoureux de la brise;
Tu verras au travers, dans l’aube qui s’irise,
Blonds et fins, les crêpons d’un nuage vermeil.
Et tes cheveux seront avec ceux du soleil.

(Jean Richepin)

 

 

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Le désir n’a pas de légende (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Le désir n’a pas de légende

Passé le genou où la main se creuse
comme une semence qui germe
en soulevant un peu la terre,
je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

Plus haut ta peau est si claire
que les jambes en sont nues pour tout le corps
et mon regard s’y use
comme au plus tranchant d’un éclat de soleil.

Au-delà, il y a ta lingerie qui sert à t’offrir
et à colorer mon désir.
Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent
et je vois la ligne de partage de ta chair.

Géants de la sensation,
mes doigts vont se fermer
où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

Et c’est enfin la pleine rivière
que je remonte sans effort,
parce que tes seins s y élèvent
comme deux cailloux à fleur d’eau.

[…]

(Lucien Becker)

 Illustration: Renata Domagalska

 

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Encore un printemps (Aloysius Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Encore un printemps

Encore un printemps, – encore une goutte de rosée, qui
se bercera un moment dans mon calice amer, et qui s’en
échappera comme une larme !

Ô ma jeunesse, tes joies ont été glacées par les baisers
du temps, mais tes douleurs ont survécu au temps qu’elles
ont étouffé sur leur sein.

Et vous qui avez parfilé la soie de ma vie, ô femmes !
s’il y a eu dans mon roman d’amour quelqu’un de trompeur,
ce n’est pas moi, quelqu’un de trompé, ce n’est pas vous !

Ô printemps ! petit oiseau de passage, notre hôte d’une
saison qui chante mélancoliquement dans le coeur du poète
et dans la ramée du chêne !

Encore un printemps, – encore un rayon du soleil de mai
au front du jeune poète, parmi le monde, au front du
vieux chêne, parmi les bois !

(Aloysius Bertrand)

Illustration: Aglane de Nivelles

 

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Souvenir de l’Antiquité (Tsien-Ki)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Souvenir de l’Antiquité

La Voie lactée brille dans un ciel d’automne,
et le grésil voltige en parcelles de jade ;
Le vent du nord emporte les parfums du nénuphar.

Une jeune femme concentre ses pensées.
Elle dévide de la soie,
aux lueurs affaiblies de sa lampe solitaire ;
Elle essuie des larmes ;
elle trouve bien longues et bien froides
les heures de veillées que marque sa clepsydre.

Les nuages purs, qui courent sur l’azur céleste,
passent seuls devant sa demeure.
La lune est le seul hôte du pavillon,
où l’on n’entend que le croassement des corbeaux
et le cri des oies sauvages.

Quelle est-elle donc cette jeune femme
qui brode sur son métier l’oiseau youèn ?
Qui s’abrite à grand’peine dans ses rideaux de soie,
derrière son paravent incrusté de nacre,
Et qui, de sa chaste fenêtre,
regarde tristement tomber les feuilles ?

Quelle est-elle cette jeune femme
qu’il faut plaindre,
qui souffre,
et que personne ne soutient
dans son isolement ?

(Tsien-Ki)

Illustration: Suzuki Harunobu

 

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