Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘soie’

Retouche au coup de foudre (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



Illustration: Louis Icart
    
retouche au coup de foudre

les jardins froissent leurs soies
les fleurs sans remuer les lèvres
chantent la gorge d’une passante dont les yeux ne voient rien

en quelques pas tout est dit
de ce qu’enseigne une longue vie dans les livres

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tout ce bleu (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



Pour un ciel habillé de mousseline hortensia
Concerto d’une fugue de Loire « Outremer »
Céramique indigo enchâssée dans l’or des sables.

Comme une coulée d’encre,
le toit d’ardoise
s’égoutte vers les fenêtres aux transparences de jade.

La glycine enlace la maison de granit.
Une fille en jupe pervenche a traversé le pont.
La lumière estompe la flamme de ses jambes.

Le vent fait vivre sur ta peau, la soie marine
de ta chemise.
Mais, tes yeux d’océan gardent leur mystère.

Parfum des lavandes…
J’ai le cœur « ébleui »

(Lise Cassin)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SÉPARATION (C. Hsing-Ling)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



papillon

SÉPARATION

J’écoute le tac-tac de la pluie, hors la gaze de la fenêtre.
Et, par ces tristes pensées d’amour, je crois que c’est le bruit de mes larmes.

Seul, en face d’une petite lampe, je passe cette nuit douloureuse.
Un ressentiment m’oppresse ; la joue contre l’oreiller, je ne peux pas rêver.

La brume froide du matin, voile à demi les plus hauts étages d’une maison… et, c’est là !…
Mais celle qui paraîtra, désormais, à la fenêtre, n’est plus la même…

Que puis-je faire de mon âme, à présent ?
Ah ! qu’elle s’envole, comme un papillon, pour suivre l’absente,
et palpiter, sans cesse contre la soie de sa jupe !…

(C. Hsing-Ling)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ARCHITECTURE D’HOMME (Jeanne Catania)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Marie-Hélène Stokkink
    
ARCHITECTURE D’HOMME

À l’homme
À qui je ne dois rien
Fors la dette éternelle
Vie pour vie
Peau pour peau
Tout ce qu’un homme a
Il le donnera
La lutte était certaine
Pourtant c’est une autre fredaine
Chant de sang à sang
Azur blessant du désir
Échappant à la vile certitude
Effaçant le fil des frontières
Accordant son imprimatur
A la belle aventure
Hormis celui de la femme
Que je feins d’ignorer
Pour mieux en appeler
À son joyeux savoir
Le corps de l’homme est le seul
Parlant si haut à ma pudeur
Lui dont les riants ombrages
Ont raison de ma peur
De l’aube au crépuscule
Qui dans la douceur vient
Tant de lueurs s’allument
Au rebours de multiples planètes nocturnes
Au déclin sans pesanteur
À l’éternité mûre
Ses rondeurs insolentes et révolutionnantes
Offrant dessus dessous un velours étoilé
Ses jumelles lactées
Afin de mieux flatter

L’antre vivant de ma cible vivante
Et le ventre si lisse à la soie si exquise
Amène bien la main vagabonde et mutine
À oser enfin la caresse
Issue de côtes prometteuses
En accolade il faut choisir
Comment glisser
Vers la hanche diseuse de baisers
Par quelle pure courbe
Ouvrir l’aile de la coupe angevine
Celle qui
D’entre les colonnes saintes
Élève vers le ciel
La flèche communiante.

(Ricardo Bofill – L’architecture d’un homme.

(Jeanne Catania)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La lande (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La lande

Maléfique, voici la mare
Que l’ombre tremblante bigarre.
Reflets de lune en verts glacis,
Par la lande qui se dénude
Etalant sa décrépitude
Glissent sur les ajoncs moisis.

Le réel absurde s’évade;
La chaotique cavalcade
Surgit des fantômes dressés
Sous les tâtonnantes étoiles
Dont le vent écarte les voiles,
Surgit aux lointains effacés.

Comme un encensoir la braise,
Leur coeur flambant que rien n’apaise,
Pas même le tombeau, reluit
Au creux sombre de leur poitrine;
Des gestes brûlants se devinent
Dont l’éclair traverse la nuit.

Brisant les dalles et les pierres,
Dénouant les rameaux des lierres,
Les amants ont joint leur essor,
Comme les mélèzes frémissent,
Les lèvres ardentes bruissent
Se baisant par delà la mort.

Froissant le houx et la bourdaine
L’âpre galop qui les entraîne,
Rapproche genoux à genoux
Et vertèbres contre vertèbres
Les spectres vêtus de ténèbres
Et secoués de spasmes fous.

La lande étangement fermente…
Plus que toi la mort est clémente
Dont s’entr’ouvre parfois le seuil.
O vie amère!… – D’écarlates
Roses, d’oeillets et d’aromates.
Que l’on remplisse mon cercueil!

D’un linceul aux blancheurs de soie
Qu’on m’enveloppe, que je sois
Prêt aux réveils extasiés;
Que vainqueur de la mort, j’étreigne
Mon rêve à cette heure où se baigne
La lune par les verts bourbiers.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Demoiselle (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La Demoiselle

Dans un jour de printemps, est-il rien de joli
Comme la demoiselle, aux quatre ailes de gaze,
Aux antennes de soie, au corps svelte et poli,
Tour à tour émeraude, ou saphir ou topaze ?

Elle vole dans l’air quand le jour a pâli ;
Elle enlève un parfum à la fleur qu’elle rase ;
Et le regard charmé la contemple en extase
Sur les flots azurés traçant un léger pli.

Comme toi, fleur qui vis et jamais ne te fanes,
Oh ! que n’ai-je reçu des ailes diaphanes !
Je ne planerais pas sur ce globe terni !

Aux régions de l’âme, où nul mortel ne passe,
J’irais, cherchant toujours dans les cieux, dans l’espace,
Le monde que je rêve, éternel, infini !

(Louise Colet)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOSTALGIE D’AMOUR (Li Yu)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



NOSTALGIE D’AMOUR

Attachés par une épingle de jade
Ses cheveux ondulent comme des nuages
Enveloppée dans une souple robe de soie
Elle relève légèrement ses sourcils noirs

Le vent d’automne se fait fort
S’y mêle une pluie abondante
De l’autre côté du store en bambou
Les bananiers s’agitent
Quelle impuissance ai-je devant la nuit si longue

(Li Yu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Cependant, à cette heure (Émile Zola)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration
    
Cependant, à cette heure, le parc entier était à eux.
Ils en avaient pris possession, souverainement.
Pas un coin de terre qui ne leur appartint.

C’était pour eux que le bois de roses fleurissait,
que le parterre avait des odeurs douces, alanguies,
dont les bouffées les endormaient, la nuit,
par leurs fenêtres ouvertes.

Le verger les nourrissait,
emplissait de fruits les jupes d’Albine,
les rafraîchissait de l’ombre musquée de ses branches,
sous lesquelles il faisait si bon déjeuner,
après le lever du soleil.

Dans les prairies, ils avaient les herbes et les eaux:
les herbes qui élargissaient indéfiniment leur royaume,
en déroulant sans cesse devant eux des tapis de soie;

les eaux qui étaient la meilleure de leurs joies,
leur grande pureté, leur grande innocence,
le ruissellement de fraîcheur
où ils aimaient à tremper leur jeunesse.

(Émile Zola)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vertige (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Andrei Protsouk
    
Vertige

Dévorant son minois de lait et de flocons
Duveteux. Je conjugue ainsi son corps ! Délices !
Alouvi ! Butinant comme les papillons…
Un vif effet volcan confina mes blandices.

Secret d’une Égérie, une fugue ! L’éveil
D’une mort de l’égo, et triomphe une étoile
Vêtue de chair sucrée, une ouate ce réveil !
Fascinant ce cocon ! Une soie se dévoile.

Un vertige puissant ! Ô reine des jasmins !
Je cueille ton amour aux essences avides,
Une dolce Vita aux rubans très coquins
Moissonne mes égards, l’extase se transvide.

(James Denis)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des flocons de soie (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017




    
Des flocons de soie

― On a vidé le lit de nos âges poudrés
Par des frimas, l’hiver est une citadelle
Sculptée de sable fin, des beaux grains micacés,
D’un écran flamboyant ! Jaillit une étincelle !

Ma mémoire repeint les murs des autrefois,
Le verbe parfumé s’est fait chair élégante,
Brasille la beauté d’un ravissant minois
Revêtu d’un levant à la folie fringante.

Le temps a transpercé l’hôtel d’une avenue
Bordée d’une promesse engagée, le lointain
A façonné mes feux, une flamme apparut
Dans les ruines de l’aube ainsi fleurit la fin.

L’ange enleva son voile embelli de poussières
D’étoiles, un baiser s’assoit avec douceur
A l’orée de l’amour, ses lèvres cotonnières
Sont ourlées de flocons de soie, et de bonheur !

(James Denis)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »