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Poésie

Posts Tagged ‘soigner’

Nous avons des cailloux noirs (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



    
nous avons des cailloux
noirs à la place des yeux

la bonne mémoire soigne
la blessure du départ

l’éclat inondera
peut-être les dos courbés

en vérité en vérité je vous le dis
vaste est l’abîme
entre la lumière
et nous

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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La vie, c’est comme une dent (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018




La vie, c’est comme une dent

La vie, c’est comme une dent
D’abord on n’ y a pas pensé
On s’est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie

(Boris Vian)

Illustration

 

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Bois l’eau vivante (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
« Bois l’eau vivante, disait-elle,
anime le tambour.

Rassemble tes choses aussi, qu’on entende leur voix :
la coquille et la lance, les lettres de lumière.

Écoute encore ce qui soigne,
le feu et son venin, la perle qui dort dans l’écho.

Et seulement alors, regarde-moi,
marche enfin sur l’éclat.

Fixe-moi longuement, tu verras,
je m’embraserai. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Un chien (Jean L’Anselme)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018






Illustration: ArbreaPhotos
   
Un chien

Un chien mourait doucement
son regard ne parlait rien d’autre
que d’une chose infinie incompréhensible
comme une mélancolie
on le soigna pour les reins et pour le foie
et pour les poumons et pour l’intestin
et pour les pieds et pour la tête
et on opéra même le regard

On sut trop tard qu’il attendait son maître.

(Jean L’Anselme)

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C’est ton corps que j’honore (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



Illustration: Alex Alemany
    
— C’est ton corps que j’honore,
ton corps que je chante,
ton corps que j’écris,
ton corps que je regarde,
ton corps que je touche,
ton corps que je caresse,
ton corps que je lèche,
ton corps que je lave,
ton corps que je farde,
ton corps que j’habille,
ton corps que je soigne,
ton corps que je nourris,
ton corps que je panse,
ton corps queje parfume,

C’est ton corps que j’embrasse,
ton corps que je protège,
ton corps que je défends,
ton corps que je secours,
ton corps que je sauve,
ton corps queje fleuris,
ton corps que je supplie,
ton corps que je prie,
ton corps que j’admire,
ton corps que je pleure,
ton corps que je veille,
ton corps que j’embaume,
ton corps que j’enterre,
ton corps que j’éternise ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Vous soignez mal votre langage (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Vous soignez mal votre langage :
voilà pourquoi
vos framboisiers produisent des vipères,
vos archipels toussent le sang,
vos collines se brisent
comme des verres à liqueur,
vos soleils sont infirmes
et vont s’asseoir sur des lits défoncés.
Votre langage
vous soigne mal : vous serez morts
dès le premier accès de prose.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ma liberté (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Jean-Pierre Augier_enlacés [1280x768]

Ma liberté

Ma liberté
Longtemps je t´ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C´est toi qui m´as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n´importe où
Pour aller jusqu’au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t´avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j´ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J´ai changé de pays
J´ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance

Ma liberté
Tu as su désarmer
Mes moindres habitudes
Ma liberté
Toi qui m´as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m´as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m´as protégé
Quand j´allais me cacher
Pour soigner mes blessures

Ma liberté
Pourtant je t´ai quittée
Une nuit de décembre
J´ai déserté
Les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t´ai trahie pour
Une prison d´amour
Et sa belle geôlière

Et je t´ai trahie pour
Une prison d´amour
Et sa belle geôlière

(Georges Moustaki)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

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J’ai une douleur (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
J’ai une douleur, je ne sais où,
née de je ne sais quoi;
j’en guérirai je ne sais quand,
si me soigne je ne sais qui.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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L’OEIL DU MAÎTRE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

L’OEIL DU MAÎTRE

Un Cerf s’étant sauvé dans une étable à boeufs
Fut d’abord averti par eux
Qu’il cherchât un meilleur asile.
Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas :
Je vous enseignerai les pâtis les plus gras ;
Ce service vous peut quelque jour être utile,
Et vous n’en aurez point regret.
Les Boeufs à toutes fins promirent le secret.
Il se cache en un coin, respire, et prend courage.
Sur le soir on apporte herbe fraîche et fourrage
Comme l’on faisait tous les jours.
L’on va, l’on vient, les valets font cent tours.
L’Intendant même, et pas un d’aventure
N’aperçut ni corps, ni ramure,
Ni Cerf enfin. L’habitant des forêts
Rend déjà grâce aux Boeufs, attend dans cette étable
Que chacun retournant au travail de Cérès,
Il trouve pour sortir un moment favorable.
L’un des Boeufs ruminant lui dit : Cela va bien ;
Mais quoi ! l’homme aux cent yeux n’a pas fait sa revue.
Je crains fort pour toi sa venue.
Jusque-là, pauvre Cerf, ne te vante de rien.
Là-dessus le Maître entre et vient faire sa ronde.
Qu’est-ce-ci ? dit-il à son monde.
Je trouve bien peu d’herbe en tous ces râteliers.
Cette litière est vieille : allez vite aux greniers.
Je veux voir désormais vos bêtes mieux soignées.
Que coûte-t-il d’ôter toutes ces araignées ?
Ne saurait-on ranger ces jougs et ces colliers ?
En regardant à tout, il voit une autre tête
Que celles qu’il voyait d’ordinaire en ce lieu.
Le Cerf est reconnu ; chacun prend un épieu ;
Chacun donne un coup à la bête.
Ses larmes ne sauraient la sauver du trépas.
On l’emporte, on la sale, on en fait maint repas,
Dont maint voisin s’éjouit d’être.

Phèdre sur ce sujet dit fort élégamment :
Il n’est, pour voir, que l’oeil du Maître.
Quant à moi, j’y mettrais encor l’oeil de l’Amant.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Jour de cafard (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



calimero

Jour de cafard

D’abord on n’a pas entendu le réveil et se levant en toute hâte
on se meurtrit le gros orteil contre un outil oublié

En se rattrapant au mur on fait tomber une gravure précieuse
dont la vitre vole en éclats les plombs sautent

Dès qu’ils sont enfin réparés le facteur sonne
apportant un avis recommandé du contrôleur des contributions

Alors on voit qu’un bouton manque au col de la chemise qu’on vient d’enfiler
c’est le moment que choisit la dent creuse pour vous rappeler
qu’il est urgent de la faire soigner

(Michel Butor)

 

 

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