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Poésie

Posts Tagged ‘soir’

Crépuscule (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2021



Crépuscule

Le ciel d’un bleu acier
Tranche l’horizon
En rondelles

L’arbre s’agite
Et les étoiles valsent
Dans le froid du soir

Dans la nuit
Le toit rit de toutes ses tuiles

Les lampes éclairent les vitres
Qui projettent des lueurs
Sur la rivière
Qui n’en a pas besoin
Pour couler

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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SOUS LE CRÉPUSCULE (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



Femme-Africaine

SOUS LE CRÉPUSCULE

sous le crépuscule horizontal s’avance
une jeune fille d’un certain pays

on la voit sur la pente verte s’élever
légère ses cheveux flottant dans les arbres

et sa marche et ses bras et sa robe glissent
furtifs entre les nuages et les herbes

qu’en est-il des vals des sommets ou des plaines
qu’elle repousse doucement vers la nuit

vers le regard d’une patience inféconde
l’inoubliable jeune fille du soir

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

Illustration

 

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La Lune (Louis Simon Denise)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021


 


 

Theophile-Alexandre Steinlen (1859-1923)  -Chat au Clair de Lune

La Lune

Dans la nuit qu’elle argente avec son regard blanc,
Faisant hurler les chiens et chanter les poètes,
La lune pend, légère, ainsi qu’un cerf-volant.

Au milieu des tuyaux longs et des girouettes
Qui dentellent les toit blancs de leur profil noir,
Chagrine, elle poursuit les chattes inquiètes,

En guettant les matous lascifs qui vont s’asseoir
Au bord de la gouttière, elle monte la garde
Devant ces diamants, les étoiles du soir.

Voici l’astre aux blancheurs métalliques qui farde
De craie, au fond du ciel, son masque glacial,
La lune pâle et ronde, attirante et blafarde,

Comme un suave écu de cent sous idéal.

(Louis Simon Denise)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Théophile-Alexandre Steinlen

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Du même pas (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Du même pas

Un soir, hors de la fête,
Tu m’as fait escorte.
La vie nulle part ne s’achève
Mais vient le temps des marées.

Le vent lasse les peines
Demain souffle aux portes,
Rien n’est jamais perdu
De ce qui fut aimé.

(Andrée Chedid)

 

 

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San Babila (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



 

bouquet

San Babila

Il entraîne, le vent du soir,
Accrochées à leurs parasols de couleur
Les petites bouquetières
Qui gaiement poussent des cris dans les mailles.
Comme des hirondelles aux gouttières
Elles resteront suspendues dans l’air,
Les vendeuses de dahlias,
Maintenant que le vent du soir
Gonfle leurs parasols comme des montgolfières.

***

San Babila

Trascina íl vento della sera
Attaccate agli ombrelli a colore
Le piccole fioraie
Che strillano gaie nelle maglie.
Come rondini alle grondaie
Resteranno sospese nell’aria
Le venditrici di dalie
Ora che il vento della sera
Gonfla gli ombrelli a mongolfiera.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

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LE BERCEAU DE LA MUSE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



LE BERCEAU DE LA MUSE

De mon berceau d’enfant j’ai fait l’autre berceau
Où ma Muse s’endort dans des trilles d’oiseau,
Ma Muse en robe blanche, ô ma toute Maîtresse!

Oyez nos baisers d’or aux grands soirs familiers…
Mais chut ! j’entends la mégère Détresse
À notre seuil faisant craquer ses noirs souliers !

(Emile Nelligan)


Illustration: Henri Martin

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LE COLLECTIF (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021




    
LE COLLECTIF

Nous habitons au faîte d’un collectif.
Le soir, dans l’escalier, ton souffle devient court. Je prends le
sac à provisions et nous continuons à monter, côte à côte.

parfois, une porte s’ouvre violemment. Un enfant roule sur le
palier. Il pleure. Parfois, c’est une femme qui roule.

Il y a huit paliers. À chacun quatre portes.
Trente-deux inconnues.
Tu es toujours très pâle quand tu cherches ta clé.

(Georges-L. Godeau)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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On célébrait à perdre haleine la lumière (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



 

On célébrait à perdre haleine la lumière
Les soirs où le soleil bas
Rougissait la gorge des hirondelles volant à ras de terre.
Désormais et toujours plus vif
Sera le désir de faire la nuit en moi seul
Et de chercher salut et repos
Dans mon histoire la plus lointaine.
Chaque soir je vais à ma rencontre à reculons.

***

La luce era gridata a perdifiato
Le sere che il sole basso
Arrossava il petto delle rondini rase.
Ora e sempre più viva
Sarà la smania di far notte in me solo
E cercar scampo e riposo
Nella mia storia più remota.
Ogni sera mi vado incontro a ritroso.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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SOUVENIR AU BORD DU FLEUVE (Zhao Gu)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2021




    
SOUVENIR AU BORD DU FLEUVE

Le coeur serré,
je monte sur la tour,
au bord du fleuve.
La lune brille comme les eaux,
les eaux reflètent l’éclat du ciel.
Mais celui qui m’a emmenée
ici pour admirer la lune
où est-il aujourd’hui?
Ce soir la vue est aussi belle
qu’elle l’était l’année dernière.

(Zhao Gu)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LE VENT S’EST APAISÉ (Li Qingzhao)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2021




    

LE VENT S’EST APAISÉ
(Sur l’air « Printemps à Wouling »)
Le vent s’ est apaisé

et la terre exhale
le parfum des fleurs tombées.
Le soir descend,
mais je suis trop lasse
pour arranger mes cheveux.
A quoi bon, pour qui ?
Ses vêtements sont là,
mais lui n’est plus
et rien n’a plus de sens.
Je voudrais en parler,
mais je fonds en larmes.
Les gens disent
que sur le lac
le printemps est encore beau.
Moi aussi, je voudrais y aller
faire un tour dans une barque,
mais je crains
que la barque légère sur le lac
ne puisse pas porter
un chagrin aussi lourd.

(Li Qingzhao)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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