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Poésie

Posts Tagged ‘soleil’

RAYONS (Jacob-Zvi Sharguel)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



    

RAYONS

Tu es jeune
Et tes jarres sont vides.
Si vaste le désert au loin s’étend.
Dirai-je que la soif va te détruire ?
Moi pourtant je m’en suis allé, hors du désert,
Et puis dans le désert, sur le pas des étoiles,
Et j’ai cherché – tant de sources promises.
Alors le soir pâle est tombé
Et moi –
J’ai commencé à te désirer

Tu es jeune
Et tes jarres sont vides.
Et elles n’ont point d’eau ni de vin –
Pourtant tous les soleils pâlissent
Comparés aux colliers que tressent tes rayons.

(Jacob-Zvi Sharguel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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FIN D’ÉTÉ (Binem Heller)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
FIN D’ÉTÉ

Vers sa fin voilà que se glisse
Le plus beau des jours de l’été,
C’est, sur la fenêtre, une vitre
Entre songe et réalité.

Au coeur de son miroir, nous deux –
Et la lumière qu’il reflète
Appose un sceau silencieux,
Un sceau de flamme sur ta tête.

Ton corps mûrit et s’arrondit,
Un sanglot du bonheur le prend,
Bouche blessée, fleur qui grandit
Assoiffée à travers mes dents.

Que pourrai-je te dire encore,
Désormais il n’est plus de mots.
Du plaisir, ils savent, nos corps
Comment se porte le fardeau.

Voilà déjà que l’été passe
Et la dernière fleur flamboie.
Lorsque dans tes bras tu m’enlaces
Le soleil, de fièvre, rougeoie.

(Binem Heller)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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QUAND VIENDRAS-TU? (Leiser Aichenrand)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Véronique Wibaux 
    
QUAND VIENDRAS-TU?

Dans l’océan des nuits
Tes paroles deviennent
Huîtres perlières
Et tes yeux, des pêcheurs
Portant filets de mélodies.

Le jour
Leur soif décoche
Des flèches de feu vers le soleil.
Qui de ton coeur pourtant
Fait le cri déchiré
Des mouettes
Effrayant même
La solitude ancienne
Du vent?

Intouché par les temps
Tu mets la voile
Dans la pluie des regards
À travers le ruissellement
Des tristesses
Là-bas
Où sur mon pays d’attente
Croît
Noire, l’herbe.

Quand viendras-tu ?

(Leiser Aichenrand)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Linge au soleil (Ying Chen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019


soleil

Linge au soleil
Vaisselle brille
Un moment de paresse

(Ying Chen)

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Sous le soleil (Hosai)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



l’argent des kakis vendus
sous le soleil
elle compte

(Hosai)

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Le temps perdu (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2019




Illustration: Tarsila do Amaral
    
Le temps perdu

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’oeil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron?

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LES CANAUX D’AMSTERDAM (Duo Duo)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019



 

Illustration: Jan Korthals
    
LES CANAUX D’AMSTERDAM

Une ville en novembre à la tombée de la nuit :
rien que les canaux d’Amsterdam
soudain
les oranges sur l’arbre près de chez moi frissonnent
au vent d’automne.
je ferme la fenêtre, mais en vain
la rivière coule en amont en vain
le soleil s’est levé, serti de perles
rien n’y fait
des nuées de pigeons tombent en virevoltant telle la limaille de fer
des rues sans jeunes garçons semblent soudain vides
après la pluie d’automne
ces toits, où se traînent partout des limaces
– ma patrie
passe lentement sur les canaux d’Amsterdam….

***

《阿姆斯特丹的河流》

十一月入夜的城市
惟有阿姆斯特丹的河流
突然
我家树上的桔子
在秋风中晃动
我关上窗户,也没有用
河流倒流,也没有用
那镶满珍珠的太阳,升起来了
也没有用
鸽群像铁屑散落
没有男孩子的街道突然显得空阔
秋雨过后
那爬满蜗牛的屋顶
--我的祖国

***

THE CANALS OF AMSTERDAM

A city in November at nightfall:
There are only the canals of Amsterdam
Suddenly,
The oranges on the tree at my house
Quiver in the autumn wind
I shut the window, it’s useless
The river flows backwards, to no avail
The sun, inlaid with pearls, has risen
It doesn’t help.
Flocks of pigeons whirl down like iron filings
Streets, devoid of boys, suddenly look empty.
After the autumn rains,
those roofs full of crawling snails
—my homeland
slowly pass over the canals of Amsterdam…

***

CANALELE DIN AMSTERDAM

Noiembrie, oraș în seară:
Prin Amsterdam numai canale.
Și dintr-odată
Vântul toamnei clatină pomul cu portocale din curtea mea
Încolo și-ncoace le leagănă.
Închid fereastra, nu mă ajută oricum.
Curge râul înapoi pe zadarnicul drum
Și-n perle bătut soarele suie
Inutil
Schije metalice stoluri străpung, cad porumbei.
Fără copii străzile par dintr-odată pustii.
După ploaia de toamnă
De melci pătura-i plină,
─ patria mea
Pe canale din Amsterdam trece lină…

***

ΚΑΝΑΛΙΑ ΤΟΥ ΑΜΣΤΕΡΝΤΑΜ
Πόλη τ’ απόσπερο, Νοέμβριος.
Εκεί τα κανάλια του Άμστερνταμ.
Ξαφνικά
Τα πορτοκάλλια στο δέντρο
του σπιτιού μου σιγοτρέμουν
στο φθινοπωρινό αγέρα
κλείνω το παράθυρο, ανώφελο
ο ποταμός κυλά αντίθετα, κι ο ήλιος,
μαργαριτάρια στολισμένος, υψώνεται.
Ανώφελο.
Κοπάδια περιστέρια ορμούν κάθετα
σαν σιδερένια αερικά, δρόμοι
από παιδιά ερημωμένοι που
ξάφνου μοιάζουν ορφανοί.
Μετά τη φθινοπωρινή βροχή
οι οροφές γεμίζουν σαλιγκάρια.
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

***

I CANALI DI AMSTERDAM

Una città all’imbrunire, a novembre:
solo rimangono i canali di Amsterdam
All’imprevviso
Le arance sull’albero della mia casa
tremano nel vento d’autunno
chiudo la finestra, inutile
il fiume scorre all’incontrario, senza scopo
è sorto il sole, intarsiato di perle
invano.
Stormi di piccioni vorticano come limatura d’acciaio
le strade, vuote di ragazzi, all’improvviso appaiono deserte
Dopo le piogge d’autunno
i tetti sono pieni di lumache che strisciano
─ la mia terra nativa…

***

DE AMSTERDAMSE GRACHTEN

een stad in november bij het vallen van de nacht:
niets dan de Amsterdamse grachten
plotseling
gaan de sinaasappelen aan de boom bij mij thuis
in de herfstwind heen en weer
ik sluit het raam, maar dat helpt niet
de grachten stromen terug, maar dat helpt niet
de zon is ingelegd met parels opgegaan
maar dat helpt niet
vluchten duiven dwarrelen als ijzervijlsel neer
straten zonder jongentjes lijken plotseling leeg
na de regen in de herfst
het dak waar overal slakken op rondkruipen
─ mijn vaderland
over de Amsterdamse grachten vaart het traag voorbij…

***

DIE KANÄLE VON AMSTERDAM

Eine Stadt im November bei Einbruch der Dunkelheit:
Nichts anderes als die Kanäle von Amsterdam.
Plötzlich
Bewegen sich die Orangen am Baum vor meinem Haus
Im Herbstwind hin und her
Ich schließe das Fenster, es hilft nicht.
Der Fluss fließt rückwärts, umsonst
Die Sonne, mit Perlen besetzt, ist aufgegangen.
Umsonst
Wie Eisenspäne wirbeln Taubenschwärme vorbei
Die Straßen, ohne Kinder, sehen plötzlich leer aus.
Nach den Herbstregen
Der Asphalt voller Schnecken,
─ Meine Heimat
Langsam zieht sie vorbei, auf den Kanälen von Amsterdam…

***

LOS CANALES DE AMSTERDAM

Noviembre, una ciudad al caer la noche
los canales de Amsterdam
al instante
en el viento otoñal se mecen
las naranjas del arbol de mi casa
en vano cierro la ventana
en vano cambian su curso los canales
ensartado de perlas sale el sol
en vano
cual limaduras de hierro caen las palomas
sin niños, las calles de repente se ensanchan
tras la lluvia otoñal
los caracoles invaden los tejados
─ mi patria
se desliza lentamente por los canales de Amsterdam

***

OS CANAIS DE AMSTERDAM

Novembro, uma cidade ao cair da noite
os canais de Amsterdam
no instante
no vento outonal se embalam
laranjas nas plantas da minha casa
em vão encerro as janelas
em vão mudam seus cursos os canais
num colar de pérolas sai o sol
em vão
iguais a limalhas de ferro caem as pombas
sem crianças, de repente, os caminhos se alargam
depois da chuva de outono
os caracóis invadem os telhados
– a minha pátria
desliza lentamente nos canais de Amsterdam

(Duo Duo)

 

Recueil: ITHACA 606
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Chinois / Anglais Anna Keiko – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi / Néerlandais Maghiel van Crevel / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Editions: POINT

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P comme POULET… aux myosotis (Joëlle Brière)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
P comme POULET… aux myosotis

Ingrédients :
Se procurer,
un petit poulet tendre
un bouquet de myosotis
une pincée de vent
une cuillerée de miel
un zeste de soleil

Préparation et dégustation:
Caresser le petit poulet tendre de la crête au croupion.
Mettre le bouquet de myosotis dans un vase bleu ciel.
Y ajouter la pincée de vent et le zeste de soleil.
Sans plus.
Déguster lentement la cuillerée de miel
en regardant le petit poulet tendre picorer sur la pelouse,
à midi,
pendant que les autres sont à table.

(Joëlle Brière)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Au soleil du matin (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Au soleil du matin
les glaçons du toit fondent
pourquoi ma glace intime
ne peut les imiter ?

Les nuits sans vous
l’une après l’autre
cette nuit les habits
nous séparent encore

Quel fardeau traînons-nous
d’une vie antérieure
pour être condamnés
à cette solitude ?

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Ombres (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    
Ombres

Vous voilà de nouveau près de moi
Souvenirs de mes compagnons morts à la guerre
L’olive du temps
Souvenirs qui n’en faites plus qu’un
Comme cent fourrures ne font qu’un manteau
Comme ces milliers de blessures ne font qu’un article de journal
Apparence impalpable et sombre qui avez pris
La forme changeante de mon ombre
Un Indien à l’affût pendant l’éternité
Ombre vous rampez près de moi
Mais vous ne m’entendez plus
Vous ne connaîtrez plus les poèmes divins que je chante
Tandis que moi je vous entends je vous vois encore
Destinées
Ombre multiple que le soleil vous garde
Vous qui m’aimez assez pour ne jamais me quitter
Et qui dansez au soleil sans faire de poussière
Ombre encre du soleil
Écriture de ma lumière
Caisson de regrets
Un dieu qui s’humilie

(Guillaume Apollinaire)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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