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Posts Tagged ‘soleil’

LES QUATRE ÉLÉMENTS (Roger Gilbert-Lecomte)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

LES QUATRE ÉLÉMENTS

Si je dis Feu mon corps est entouré de flammes
Je dis Eau l’Océan vient mourir à mes pieds

Vaisseau vide immergé dans un cristal solide
Creuse momie aux glaces prises et je dis Air

Terre et le naufragé prend racine et s’endort
Sous les feuilles au vent de l’arbre de son corps

De sa bouche le songe engendre un rameau d’or
De sa bouche terreuse expirant ses poumons
Retournés vers le ciel tonnante frondaison

Moisson rouge au soleil de minuit et de mort

(Roger Gilbert-Lecomte)

 

 

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Le soleil (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Pataud et ovale le soleil
sous son propre poids qu’il ne peut supporter
dirait-on commence à décliner

(Tawara Machi)

Illustration: Gisèle Rouquette

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Que de chaque rencontre naisse un poème! (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que de chaque rencontre naisse un poème!
Pour qui n’est infidèle ni bavard, peu de poèmes dans une vie entière.
Plus j’avancerai sur le chemin sans but,
sur la route de terre qui tout à coup débouche dans la nuit,
plus je vous bercerai en moi paroles et visages !

Il a suffit d’aller t’attendre.
Enfance du monde redevenue, ô mon enfance !
J’étais seule dans une rue, et toutes les choses et toi au loin vous m’entouriez.
L’écorce des platanes avait la couleur du pavé,
et les taches sur les troncs les mêmes contours que sur les pierres.

Les branches nues, peintes de la même pâleur que le ciel,
inscrivaient dans l’air des motifs si dépouillés et si patients que j’étais près des larmes et du sourire.
Un soleil blanc fit un trou là-haut et sur le fleuve un cercle scintillant.
A cet instant ton pas fut derrière moi.
Il avait le rythme de mon coeur.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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PLAINTE DE LA JEUNE FILLE ABANDONNÉE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



PLAINTE DE LA JEUNE FILLE ABANDONNÉE

Je ne sais plus si je suis moi
Ni pour combien de jours,
Un fin et tremblant souvenir
Est déjà ma place au soleil.

Plus fidèle à toi que toi-même
Je te raconte aux ombres.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Habitations (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019


J’ai logé dans le merle.
Je crois savoir comment
Le merle se réveille et comment il veut dire
La lumière, du noir encore, quelques couleurs,
Leurs jeux lourds à travers
Ce rouge qu’il se voit.

J’ai fait leur verticale
Avec les blés.

Avec l’étang j’ai tâtonné
Vers le sommeil toujours proche.

J’ai vécu dans la fleur.
J’y ai vu le soleil
Venir s’occuper d’elle
Et l’inciter longtemps
A tenter ses frontières.

J’ai vécu dans des fruits
Qui rêvaient de durer.

J’ai vécu dans des yeux
Qui pensaient à sourire.

(Guillevic)

Illustration: Vladimir Kush

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SOLEIL CACHÉ (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



SOLEIL CACHÉ

L’oiseau n’est plus l’oiseau, le trait de chair
Ailé, mais un effleurement en haut du monde.
Le mont n’est plus le mont, c’est le voile d’un songe.
Les yeux fermés je tente un rêve sans contour
Où vapeur l’âme vit sans vivre dans le jour,
Et s’oublie à travers un brouillard de visages.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Odilon Redon

 

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Soleil (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Nicholas Roerich sanga-chelling-1924

Dans un pays étranger,
soleil qui dore les maisons sur une colline.

Sentiment plus puissant
que devant le même fait dans son propre pays.

Ce n’est pas le même soleil.
Je sais bien, moi, que ce n’est pas le même soleil.

(Albert Camus)

 Illustration: Nicholas Roerich

 

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Cloître de San Marco (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Cloître de San Marco.
Le soleil
au milieu des fleurs.

(Albert Camus)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Un billet de femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Max Gasparini -   (19) [1280x768]

Un billet de femme

Puisque c’est toi qui veux nouer encore
Notre lien,
Puisque c’est toi dont le regret m’implore,
Ecoute bien :

Les longs serments, rêves trempés de charmes,
Ecrits et lus,
Comme Dieu veut qu’ils soient payés de larmes,
N’en écris plus !

Puisque la plaine après l’ombre ou l’orage
Rit au soleil,
Séchons nos yeux et reprenons courage,
Le front vermeil.

Ta voix, c’est vrai ! Se lève encor chérie
Sur mon chemin ;
Mais ne dis plus :  » A toujours !  » je t’en prie ;
Dis :  » A demain !  »

Nos jours lointains glissés purs et suaves,
Nos jours en fleurs ;
Nos jours blessés dans l’anneau des esclaves,
Pesants de pleurs ;

De ces tableaux dont la raison soupire
Ôtons nos yeux,
Comme l’enfant qui s’oublie et respire,
La vue aux cieux !

Si c’est ainsi qu’une seconde vie
Peut se rouvrir,
Pour s’écouler sous une autre asservie,
Sans trop souffrir,

Par ce billet, parole de mon âme,
Qui va vers toi,
Ce soir, où veille et te rêve une femme,
Viens ! Et prends-moi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Max Gasparini

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Steam-boat (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



 

steamboat

Steam-boat

A une passagère.
En fumée elle est donc chassée
L’éternité, la traversée
Qui fit de Vous ma soeur d’un jour,
Ma soeur d’amour ! …

Là-bas : cette mer incolore
Où ce qui fut Toi flotte encore…
Ici : la terre, ton écueil,
Tertre de deuil !

On t’espère là… Va légère !
Qui te bercera, Passagère?…
Ô passagère de mon coeur,
Ton remorqueur ! …

Quel ménélas, sur son rivage,
Fait le pied ?… – Va, j’ai ton sillage…
J’ai, – quand il est là voir venir, –
Ton souvenir !

Il n’aura pas, lui, ma Peureuse,
Les sauts de ta gorge houleuse !…
Tes sourcils salés de poudrain
Pendant un grain !

Il ne t’aura pas : effrontée !
Par tes cheveux au vent fouettée !…
Ni, durant les longs quarts de nuit,
Ton doux ennui…

Ni ma poésie où : – Posée,
Tu seras la mouette blessée,
Et moi le flot qu’elle rasa…,
Et coetera.

– Le large, bête sans limite,
Me paraîtra bien grand, Petite,
Sans Toi ! … Rien n’est plus l’horizon
Qu’une cloison,

Qu’elle va me sembler étroite !
Tout seul, la boîte à deux ! … la boîte
Où nous n’avions qu’un oreiller
Pour sommeiller.

Déjà le soleil se fait sombre
Qui ne balance plus ton ombre,
Et la houle a fait un grand pli…
– Comme l’oubli ! –

Ainsi déchantait sa fortune,
En vigie, au sec, dans la hune,
Par un soir frais, vers le matin,
Un pilotin.

(Tristan Corbière)

 

 

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