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Posts Tagged ‘soleil’

Loin du monde (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2018


 

Aat Verhoog (12)

Loin du monde

Entrez, mes souvenirs, ouvrez ma solitude !
Le monde m’a troublée ; elle aussi me fait peur.
Que d’orages encore et que d’inquiétude
Avant que son silence assoupisse mon coeur !

Je suis comme l’enfant qui cherche après sa mère,
Qui crie, et qui s’arrête effrayé de sa voix.
J’ai de plus que l’enfant une mémoire amère :
Dans son premier chagrin, lui, n’a pas d’autrefois.

Entrez, mes souvenirs, quand vous seriez en larmes,
Car vous êtes mon père, et ma mère, et mes cieux !
Vos tristesses jamais ne reviennent sans charmes ;
Je vous souris toujours en essuyant mes yeux.

Revenez ! Vous aussi, rendez-moi vos sourires,
Vos longs soleils, votre ombre, et vos vertes fraîcheurs,
Où les anges riaient dans nos vierges délires,
Où nos fronts s’allumaient sous de chastes rougeurs.

Dans vos flots ramenés quand mon coeur se replonge,
Ô mes amours d’enfance ! ô mes jeunes amours !
Je vous revois couler comme l’eau dans un songe,
Ô vous, dont les miroirs se ressemblent toujours !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Aat Verhoog

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L’âme, l’esprit, le coeur, ont besoin d’enthousiasme (Arthur Haulot)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



L’âme, l’esprit, le coeur,
ont besoin d’enthousiasme,
comme les arbres et les fleurs
ont besoin d’eau et de soleil,
comme l’oiseau a besoin d’air
et le voilier, besoin de vent.

(Arthur Haulot)

 

 

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La brume (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



La brume s’effiloche
J’écoute à ma croisée
Le tintement des cloches
D’argent de la rosée

La maison appareille
Pour un nouvel endroit
Elle reste pareille
Avec le même toit

Les oiseaux volent vers
L’horizon migrateur
Ils seront bleus ou verts
Sous les nuages pleureurs

Le jour s’est promené
Sur les toits vagabonds
Et il a ramené
Des soleils moribonds

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Un coeur bat dans tout (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



 

Clint Newsham ed

un coeur bat dans tout, une idée
se concentre en tout, même dans les pierres du chemin,
et de même que tous les organismes s’orientent vers le soleil,
ce coeur et cette idée s’orientent vers l’idée suprême
et le coeur souverain du monde

(Saint-Pol Roux)

Illustration: Clint Newsham

 

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L’invitation au voyage (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018


matisse

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

(Charles Baudelaire)

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Ma vie n’est plus qu’un fleuve (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



Ma vie n’est plus qu’un fleuve
entraînant le poids de tes îles.
Ton amour est mon soleil de la nuit.
le me nourris de ta caresse
Je n’ai de lèvres que pour toi.

(Pierre Béarn)

 

 

 

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Pesanteur et tendresse (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Illustration
    
Pesanteur et tendresse, vos signes sont les mêmes, ô sœurs.
La rose pesante est sucée par guêpes et abeilles.
L’homme agonise. Du sable reflue la chaleur,
Et sur de noirs brancards on emporte l’ancien soleil.

Ah, lourds rayons de miel et tendres rets!
Plus légère est la pierre que ton nom sur mes lèvres.
Il me reste au monde qu’un souci désormais,
Un souci d’or : épuiser le fardeau du temps, sa fièvre.

L’air est trouble, je le bois comme une eau qui s’obscurcit.
On laboure le temps, et même la rose fut terre.
Dans un lent tourbillon les lourdes, tendres roses ainsi,
Les roses pesanteur et tendresse doublement se tressèrent.

***

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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NUIT (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



NUIT

Seule dans le silence
Mais avec ce coeur sourd où bat le sang du monde
Tu gis les doigts rejoints et les jambes serrées.
Rien ne vit que ce dur battement de tonnerre,
Ce bruit de pas et de canons dans ma poitrine.
Je guette un souffle au loin dans la nuit qui me cerne,
Un souffle de soleil sur les rives d’enfance.
Bouche pleine d’une eau de l’ombre, mes appels
Se taisent engloutis sous l’inerte marée
Où seule je vous noue à moi.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Liliana Sanches 

 

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LA FAÇADE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



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LA FAÇADE

Glorieuse, monumentale et monotone,
La façade de pierre effrite au vent qui passe
Son chapiteau friable et sa guirlande lasse
En face du parc jaune où s’accoude l’Automne.

Au médaillon de marbre où Pallas la couronne,
La double lettre encor se croise et s’entrelace;
A porter le balcon l’Hercule se harasse;
La fleur de lys s’effeuille au temps qui la moissonne.

Le vieux Palais, miré dans ses bassins déserts,
Regarde s’accroupir en bronze noir et vert
La Solitude nue et le Passé dormant;

Mais le soleil aux vitres d’or qu’il incendie
Y semble rallumer intérieurement
Le sursaut, chaque soir, de la Gloire engourdie.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

 

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Pourquoi (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Pourquoi

L’oiseau siffle
Les singes le regardent
Maîtrise
Je travaille en souriant
Tout ce qui m’arrive m’est absolument égal
Et tout ce que je fais m’est absolument indifférent
Je suis des yeux quelqu’un qui n’est pas là
J’écris en tournant le dos à la marche du navire
Soleil dans le brouillard
Avance
Retard
Oui

(Blaise Cendrars)


Illustration: Gilbert Garcin

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