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Poésie

Posts Tagged ‘soleil’

Madame (Briceida Cuevas Cob)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2022



Illustration: Eugène Prévost-Messemin

    
Madame,

tes seins sont deux filles qui jouent
à se frapper quand tu laves ton linge
L’arc-en-ciel de ton regard est tendu dans l’écume
Qui te verrait soutiendrait que tu ne souffres pas
Il ne saurait pas qu’au pied de ton bac à lessive
s’entasse une partie de ton histoire
Le sifflement que tu entonnes
est le fil sur lequel tu accroches ta fatigue
Le vent est un gamin moqueur
qui tire et tend ton linge
Sur les arbres de l’orient
le soleil est un nouveau-né
qui répand ses larmes tièdes et jaunes

(Briceida Cuevas Cob)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Fourmi! (Shinohara Hôsaku)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



Fourmi!
tu as beau grimper à la rose
le soleil est encore loin

(Shinohara Hôsaku)

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Dormeuses (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2022



MarcChagall_1933

Dormeuses

Les princesses du sommeil
s’étendent sur les nuages
et s’enfoncent à la nage
dans l’écule du soleil

(Paul Nougé)

Illustration: Marc Chagall

 

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Nous avons été sauvés une fois de plus (Linda Pastan)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Nous avons été sauvés une fois de plus
de ce que nous craignons le plus.
Souvenons-nous de ce moment.
Oublions-le si nous le pouvons.
À cet instant précis une sorte de poussière dorée
vient tout recouvrir :
l’arbre à l’extérieur de la fenêtre,
bien que ce ne soit pas l’automne ;
le pot de sucre fendu,
si soigneusement réparé une fois.
Cette lumière n’est pas la rédemption
seulement le limon d’un soleil d’après-midi,
un jour ordinaire,
semblable à aucun autre.

***

We have been saved one more time
from what we fear most.
Let us remember this moment.
Let us forget it if we can.
Just now a kind of golden dust
settles over everything:
the tree outside the window,
hough it is not fall;
the cracked sugar bowl,
so carefully mended once.
This light is not redemption,
just the silt of afternoon sun
on an ordinary day,
unlike any other.

(Linda Pastan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Ludovic Florent

 

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Topaze (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Je te convie à la topaze,
à la niche
de la pierre jaune,
ses abeilles,
au miel gelé
de la topaze,
son jour d’or,
la famille
de la tranquillité réverbérante :
Il s’agit d’une église
minuscule, établie dans une fleur,
comme une abeille, comme
la contexture du soleil, feuille d’automne
de la plus jaune profondeur,
de l’arbre incendié
foudre à foudre, éclair à corolle,
insecte, miel, automne
se sont transformés en sel du soleil:
ce miel-là, ce frisson du monde,
ce blé du ciel
ont été travaillés pour se changer enfin
en soleil tranquille, en topaze pâle.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Terre des songes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Terre des songes

J’ai ravi l’enfant-roi qui croyait aux voyages.

Sur les toits blêmes, j’ai jeté notre manteau d’oubli.
Nous nous sommes absentés
Laissant l’ombre déchirée du grand chêne sur les marches.
Le cri des terreurs,
L’angle qui rive nos murailles.
Sur mon épaule droite, j’ai pris l’enfant-roi.
Nos traces, le long des terres déteintes,
Avaient la chaleur des gorges d’oiseaux.

L’oeil de l’enfant est né dans le soleil;
Son jardin, où résident les silences,
N’a plus de solitude autour d’un arbre-mort.

Parce que rien n’est simple, j’ai ravi l’enfant-roi.

Et nous voici ensemble:
Ses printemps
Mes automnes
Nos magies
Et mon pas.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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PATRIE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



PATRIE

D’où vient une feuille
transparente de soleil ?
— D’où vient un front
qui pense, un coeur qui désire ? —
D’où vient un torrent
qui chante ?

***

PATRIA

¿De dónde es una hoja
trasparente de sol?
—eDe dónde es una frente
que piensa, un corazón que ansía?—
¿De dónde es un raudal
que canta?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Ors (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Ors

Lumière
Parmi les tiges
Luit si douce
Une feuille
Luit
Tel un pétale de soleil
Corolle
D’un souvenir
Car si près
L’éclat des ors d’automne
Si près
Parmi si austères
Et nues
Les mélancolies de l’hiver
Ainsi la joie de Lui
Si près
Parmi l’obscur de nos replis
Les déserts de nos solitudes

(Kristel Saint-Cyr)

 

 

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Le But (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022


 


David Brayne 3216 [1280x768]

Le But

Le long des peupliers je marche, le front nu,
Poitrine au vent, les yeux flagellés par la pluie.
Je m’avance hagard vers le but inconnu.

Le printemps a des fleurs dont le parfum m’ennuie,
L’été promet, l’automne offre ses fruits, d’aspects
Irritants; l’hiver blanc, même, est sali de suie.

Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs,
Mangent mon foie, où sont tant de colères folles,
Que l’air et le soleil blanchissent mes os secs,

Et, surtout, que le vent emporte mes paroles!

(Charles Cros)

Illustration: David Brayne

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ON NE PARLE QUE DU TEMPS (Jaime Labastida)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



sphynge

 

ON NE PARLE QUE DU TEMPS

Que devient la dent féroce,
la fêlure froide des heures,
sinon du temps ? La chair,
pourrie quelques années plus tard, quelques rues
plus loin. Puis vint l’aboiement de l’ombre,
ce chien abstrait lui dévora le visage.

Et le champignon foulé au pied,
négligemment, et la fumée dense
des terrasses, parfaite,
que deviendront-ils, sinon du temps ?
Pas seulement les griffes, ni même
l’horloge, puits ouvert dans un mur
cobalt. Pas seulement le mois qui forme
des rides, ni l’année avec sa queue
de scorpion. Aussi la main
qui trace l’incision de chirurgie,
et celle qui dissèque un organisme vivant.

Je ne parle pas seulement de la seconde prolongée,
irrésolue, qui détruit le coeur ou taille
les pierres. Je parle à peine du temps,
de l’automne qui s’est jeté par terre
pour boire les couleurs du jardin,
de la fleur qui torture
par sa stricte géométrie aveugle.
Temps debout, eau qui lutte
encore contre l’hiver, temps aussi
l’armée assyrienne qui avançait,
comme une forêt de pierre,
sur Ninive, les fleurs dans le parc
de Rodin, temps encore la sphinge
et sa stupeur vide dans une cité
qui ne fut pas faite pour elle, temps
ce groupe de mandrills
qui vénèrent le soleil. Tout saigne
et se meut, tout est temps
et amour, scintillement de l’absence :
ainsi jaillit du sein le lait, le temps.

(Jaime Labastida)

 

 

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