Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘soleil’

On célébrait à perdre haleine la lumière (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



 

On célébrait à perdre haleine la lumière
Les soirs où le soleil bas
Rougissait la gorge des hirondelles volant à ras de terre.
Désormais et toujours plus vif
Sera le désir de faire la nuit en moi seul
Et de chercher salut et repos
Dans mon histoire la plus lointaine.
Chaque soir je vais à ma rencontre à reculons.

***

La luce era gridata a perdifiato
Le sere che il sole basso
Arrossava il petto delle rondini rase.
Ora e sempre più viva
Sarà la smania di far notte in me solo
E cercar scampo e riposo
Nella mia storia più remota.
Ogni sera mi vado incontro a ritroso.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’espoir (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021


espoir

L’espoir serpente
A travers nos sols
Pétris d’ombres
Et de lueurs

L’espoir bifurque
Puis s’élève
Vers les soleils
A venir

(Andrée Chedid)

Posted in poésie | Tagué: , , , , | 1 Comment »

Lorsque nous nous parlons (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Lorsque nous nous parlons
Le rêve est à portée
Lorsque nous nous taisons
Le rêve demeure intact

Apprenons à recueillir
Tout instant qui advient :
Sente gorgée de soleil
Grisée de lune, clairière…

(François Cheng)

Recueil: Le long d’un amour
Traduction:
Editions: Arfuyen

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Festival (José Acquelin)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




    
Festival

plus je vis
moins je sais ce que je suis
donc plus je suis identique
à ce qui n’a pas d’identité

des corneilles craillent à la lune
le soleil use le cuivre du clocher
les arbres colorient doucement leurs pages
des hommes voyagent de peau en peau

puis un jour sans le savoir
ils traversent le bleu du ciel
pour aller relier la lumière
des étoiles entre elles

(José Acquelin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le zéro est l’origine de l’au-delà
Traduction:
Editions : Les Herbes rouges

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ombre d’une vague (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    

L’ombre d’une vague charrie encore une autre ombre.
À la vague d’une ombre succède une autre vague.
À mon cheval perdu je dois ouvrir le chemin d’un
autre cheval plus fort et partout présent.

Le bleu-vert sombre d’une colline ou d’un nuage
(la tempête a arraché tes vêtements). Nus nous
sommes maintenant l’eau verte d’une poitrine et le
pain blanc de la maison sur les dunes.

Sous le soleil nous sommes des animaux fauves, rouges,
qui se nourrissent des éléments à l’ombre du cheval,
sous la clarté du vide, dans la charpente des navires.

Le jour. Les seins. L’eau. L’ombre. La lumière. La fièvre.
Une roue s’emballe du poignet jusqu’à l’arbre
dans un ciel grand ouvert au plaisir de la soif.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À l’ombre du cheval (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
À l’ombre du cheval, la vacuité retrouve sa plénitude.
Le plaisir de regarder la liberté du champ
où chaque arbre et chaque ombre disent
la tranquillité d’être à l’ombre du cheval.

La tranquillité du soleil, la terre égale à la terre,
et la lumière qui affermit les volumes et les couleurs.
Tout resurgit en force,
dans la pureté d’être en paix sous le cheval.

À l’ombre du cheval, la vacuité apprend à être
cela même qui est, une existence de lumière,
une raison d’être sans se savoir rien d’autre
que la raison des pierres, la vision des arbres.
L’ombre du cheval englobe tout le reste.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Soleil a rendez-vous avec la Lune (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



 

eclipse soleil

Le Soleil a rendez-vous avec la Lune

1. Sur le toit de l´hôtel où je vis avec toi
Quand j´attends ta venue mon amie
Que la nuit fait chanter plus fort et mieux que moi
Tous les chats tous les chat tous les chats
Que dit-on sur les toits que répètent les voix
De ces chats de ces chats qui s´ennuient
Des chansons que je sais que je traduis pour toi
Les voici les voici les voilà…

{Refrain:}
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n´est pas là et le soleil l´attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n´est pas là et le soleil l´attend
Papa dit qu´il a vu ça lui…

2. Des savants avertis par la pluie et le vent
Annonçaient un jour la fin du monde
Les journaux commentaient en termes émouvants
Les avis les aveux des savants
Bien des gens affolés demandaient aux agents
Si le monde était pris dans la ronde
C´est alors que docteurs savants et professeurs
Entonnèrent subito tous en chœur

{Refrain}

3. Philosophes écoutez cette phrase est pour vous
Le bonheur est un astre volage
Qui s´enfuit à l´appel de bien des rendez-vous
Il s´efface il se meurt devant nous
Quand on croit qu´il est loin il est là tout près de vous
Il voyage il voyage il voyage
Puis il part il revient il s´en va n´importe où
Cherchez-le il est un peu partout…

(Charles Trenet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

NOUS ÔTERONS LA SOIE FINE DE NOS VÊTEMENTS (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2021




    

NOUS ÔTERONS LA SOIE FINE DE NOS VÊTEMENTS (Du cycle « Envoyé au loin »)

Elle vivait
à l’est de Chongling.
Il demeurait sur une île
du fleuve Chan
et le jour entier regardait
la lumière de la fleur.
Courant constamment
l’un vers l’autre,
ils se sont fait
un petit chemin blanc.
Quand le nuage et la pluie
se sont séparés,
le sentier a disparu
sous les herbes automnales
au-dessus desquelles volettent
les papillons tardifs.
Dans l’amour assombri
pénètre un éclat de soleil,
comment en serait-il autrement?
Quand à nouveau
nous nous reverrons,
nous éteindrons la chandelle
et ôterons la soie fine
de nos vêtements.

(Li Bo)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À L’ERMITAGE DE BEIQING (Li Shangyin)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration    
    
À L’ERMITAGE DE BEIQING

Le soleil plonge à l’ouest
derrière les monts de Yan. Je cherche l’ermite
près de sa chaumière. Parmi toutes ces feuilles
qui chutent
où se trouve-t-il ?
La sente se perd dans les volutes de la brume.

Seul au crépuscule
il frappe le gong de pierre.
J’écoute, immobile,
appuyé sur mon bâton de rotin.
Un grain de poussière peut résumer le monde entier.
A quoi bon l’amour à quoi bon la haine ?

(Li Shangyin)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOLEIL COUCHANT (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOLEIL COUCHANT

Les rayons obliques du soleil
scintillent sur les perles des rideaux.
Les fleurs du printemps resplendissent sur les rives.
Un parfum enivrant.
monte des jardins,
le long du fleuve.
Sur les chalands immobiles
s’allument les feux
pour le repas du soir.
Les moineaux piailleurs
bataillent farouchement
dans les branches.
Une nuée d’insectes a envahi la cour.
Qui a inventé ce vin trouble ?
Un seul verre suffit
à dissiper mille chagrins !

(Du Fu)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :