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Poésie

Posts Tagged ‘solennel’

Cet amour (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Vladimir Aleksandrov
    
Cet amour – je le surestime peut-être
Faisant de n’importe quelle femme une déesse
Aux cheveux et aux dents admirables,
Et de ses gestes vides un monde de signification,
Et de son sourire, la fidélité même,
Et de sa moindre parole
l’immortalité.
Je suis trop gai peut-être,
Trop solennel, insincère,
Noyé dans mes pensées
Affamé d’un amour que je sais vrai
Mais trop beau.
Trop d’amour affaiblit,
Tous mes gestes
Dérobent mes grandes forces
Et les offrent
A ta main, à ta lèvre, à ton front.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

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Comme est une clairière (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


 

N’aurons-nous pas ensemble
Un jour un rendez-vous

Durable et solennel
Comme est une clairière ?

(Guillevic)

 

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Conduisez la danse (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




Sous ces arbres-ci ou ces arbres-là
Conduisez la danse.
Conduisez la danse, nymphes ingénues,
Jusqu’au plaisir ample
Que vous prenez à la vie. Conduisez la danse,
Soyez quasi femmes
Par votre plaisir déversé en rythmes,
En solennels rythmes
Rentrant malicieux à la terre antique
Devant notre pauvre
Vie qui ne sait pas sous ces mêmes arbres
Conduire la danse…

(Fernando Pessoa)

Illustration: Marcel Mangin

 

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Rivage (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Rivage

Ô soeur détournons-nous de ces champs onduleux !
Leur sauvage vouloir et leur grondement noir
N’accueillent que l’oiseau aux ailes agitées
Et ne reflètent que l’éclat chaste des cieux.
Nous nous sommes mentis trop devant la clarté.

Aux verts étangs des fleurs et des mousses s’étalent
Herbes • feuilles • sarments • voguant abondamment :
La vêprée y consacre un autel éternel !
Les cygnes se montrant au détour d’un canal
Sont • mystique et nuptial • un convoi solennel.

Le désir nous emporte au loin du pâle Nord :
Sur ta lèvre en feu jaillissent d’étranges calices –
Et quand ton corps en neige et fleurs va s’écouler
Tous les arbustes vont bruire dans des accords
Et devenir laurier thé et aloé.

***

Strand

O lenken wir hinweg von wellenauen!
Die • wenn auch wild im wollen und mit düsterm rollen
Nur dulden scheuer möwen schwingenschlag
Und stet des keuschen himmels farben schauen.
Wir heuchelten zu lang schon vor dem tag.

Zu weihern grün mit moor und blumenspuren
Wo gras und laub und ranken wirr und üppig schwanken
Und ewger abend einen altar weiht!
Die schwäne die da aus der buchtung fuhren
Geheimnisreich • sind unser brautgeleit.

Die lust entführt uns aus dem fahlen norden:
Wo deine lippen glühen fremde kelche blühen —
Und fliesst dein leib dahin wie blütenschnee
Dann rauschen alle stauden in akkorden
Und werden lorbeer tee und aloe.

(Stefan George)


Illustration: David Caspar Friedrich

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C’était novembre (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Ivan Renkov
    
C’était novembre

C’était novembre de tous les vacillements
Le crépuscule n’allumait plus les lampes coutumières
Les mains tendues pour arracher un peu de leur lueur à l’obscurité ramassaient des battements d’ailes
La mère ouvrait les bûches froides avec ses ciseaux comme ventre de volaille pour les farcir de crépitements
on essorait du même geste le seuil et le linge
on s’inventait des voisins grandiloquents avec des feux volubiles
on leur inventait des visages et une vaisselle au tintement solennel
stupeur lorsqu’ils déclinaient leurs noms gavés de pierres et le cimetière comme point de ralliement

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Où vont les arbres ?
Traduction:
Editions: Mercure de France

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LA COUR DANS LE PALAIS (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Torii Kiyonaga
    
LA COUR
DANS LE PALAIS
Thou-Sin-Yu

Quel calme sévère ! Quel solennel silence !…
Toutes les portes sont closes et les parterres de fleurs embaument, discrètement ;
Deux femmes, appuyées l’une à l’autre, se tiennent debout,
au bord de la terrasse, à balustrade de marbre rouge.

L’une d’elles voudrait parler, confier à sa compagne, le chagrin secret qui meurtrit son cœur.
Elle jette un regard anxieux vers les feuillages immobiles,
et, à cause d’un perroquet, aux ailes chatoyantes, perché sur une branche voisine,
elle soupire, et ne parle pas.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Quelle fête? (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



kiosque

 

« L’orphéon municipal »
au jour solennel
s’appliquant à mesure,
se mêlerait-il
de chercher l’écho
que l’on dit perdu
de la fête ancienne
pour le démentir
ou la pressentir.

(André Frénaud)

 

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Cet amour (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018


 

Cet amour – je le surestime peut-être
Faisant de n’importe quelle femme une déesse
Aux cheveux et aux dents admirables,
Et de ses gestes vides un monde de signification,
Et de son sourire, la fidélité même,
Et de sa moindre parole
L’immortalité.
Je suis trop gai peut-être,
Trop solennel, insincère,
Noyé dans mes pensées
Affamé d’un amour que je sais vrai
Mais trop beau
Trop d’amour affaiblit,
Tous mes gestes
Dérobent mes grandes forces
Et les offrent
A ta main, à ta lèvre, à ton front.

(Dylan Thomas)

 

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Le tombeau des rois (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



chambre funéraire

Le tombeau des rois

J’ai mon coeur au poing
Comme un faucon aveugle.

Le taciturne oiseau pris à mes doigts
Lampe gonflée de vin et de sang,
Je descends
Vers les tombeaux des rois
Étonnée
À peine née.

Quel fil d’Ariane me mène
Au long des dédales sourds?
L’écho des pas s’y mange à mesure.

(En quel songe
Cette enfant fut-elle liée par la cheville
pareille à une esclave fascinée?)

L’auteur du songe
presse le fil,
Et viennent les pas nus
Un à un
Comme les premières gouttes de pluie
Au fond du puits.

Déjà l’odeur bouge en des orages gonflés
Suinte sous le pas des portes
Aux chambres secrètes et rondes
Là où sont dressés les lits clos.

L’immobile désir des gisants me tire.
Je regarde avec étonnement
À même les noirs ossements
Luire les pierres bleues incrustées.

Quelques tragédies patiemment travaillées,
Sur la poitrine des rois, couchées,
En guise de bijoux
Me sont offertes
Sans larmes ni regrets.

Sur une seule ligne rangés :
La fumée d’encens, le gâteau de riz séché
Et ma chair qui tremble :
Offrande rituelle et soumise.

Le masque d’or sur ma face absente
Des fleurs violettes en guise de prunelles,
L’ombre de l’amour me maquille à petits traits précis ;

Et cet oiseau que j’ai
Respire
Et se plaint étrangement.

Un frisson long
Semblable au vent qui prend, d’arbre en arbre,
Agite sept grands pharaons d’ébène
En leurs étuis solennels et parés.

Ce n’est que la profondeur de la mort qui persiste,
Simulant le dernier tourment
Cherchant son apaisement
Et son éternité
En un cliquetis léger de bracelets
Cercles vains jeux d’ailleurs
Autour de la chair sacrifiée.

Avides de la source fraternelle du mal en moi
Ils me couchent et me boivent ;
Sept fois, je connais l’étau des os
Et la main sèche qui cherche le coeur pour le rompre.

Livide et repue de songe horrible
Les membres dénoués
Et les morts hors de moi, assassinés,
Quel reflet d’aube s’égare ici?
D’où vient donc que cet oiseau frémit
Et tourne vers le matin
Ses prunelles crevées?

(Anne Hébert)

 

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Souvenirs (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Illustration: Nik Helbig
    
Souvenirs

Frankie Laine chantait « Jezebel »
J’ai épinglé une Croix de Fer à mon revers
je suis allé vers la fille
la plus grande, la plus blonde
J’ai dit « Ecoute, tu ne me connais pas encore
mais ça ne saurait tarder;
alors veux-tu que je te voie
veux-tu que je te voie
veux-tu que je te voie toute nue ? »

Elle a dit « Danse avec moi
vers le coin sombre du lycée
Il se peut
que je te laisse faire presque tout
Je sais que tu as faim
j’entends ça dans ta voix
et l’on peut me toucher à beaucoup d’endroits
à toi de choisir.
Mais tu ne peux pas me voir
non, tu ne peux pas me voir
non, tu ne peux pas me voir toute nue. »

Nous dansons serrés
l’orchestre joue « Stardust »
Des ballons et des serpentins
tombent sur nous
Elle dit « Il te reste une minute
pour tomber amoureux. »
Dans des instants aussi solennels
J’ai mis ma confiance
et ma foi pour la voir,
ma foi pour la voir
ma foi pour la voir toute nue.

***

Memories

Frankie Lane, he was singing Jezebel
I pinned an Iron Cross to my lapel
I walked up to the tallest and the blondest girl
I said, Look, you don’t know me now but very soon you will
So won’t you let me see
I said « won’t you let me see »
I said « won’t you let me see
Your naked body? »

Just dance me to the dark side of the gym
Chances are I’ll let you do most anything
I know you’re hungry, I can hear it in your voice
And there are many parts of me to touch, you have your choice
Ah but no you cannot see
She said « no you cannot see »
She said « no you cannot see
My naked body »

So We’re dancing close, the band is playing Stardust
Balloons and paper streamers floating down on us
She says, You’ve got a minute left to fall in love
In solemn moments such as this I have put my trust
And all my faith to see
I said all my faith to see
I said all my faith to see
Her naked body

(Leonard Cohen)

 

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