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Posts Tagged ‘solennellement’

A L’ENTERREMENT D’UN AMI (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



A L’ENTERREMENT D’UN AMI

On l’enterra par une horrible après-midi
de juillet, sous un soleil de feu.

A un pas de la tombe ouverte
il y avait des roses aux pétales pourris,
entre des géraniums à l’âcre parfum
et aux fleurs rouges. Le ciel
pur et bleu. Il soufflait
un vent fort et sec.

Suspendu à de grosses cordes,
lourdement, le cercueil fut descendu
au fond de la fosse
par les deux croque-morts…

Quand il se posa, un grand bruit résonna,
solennellement, dans le silence.

Le bruit d’un cercueil sur la terre est quelque chose
de tout à fait sérieux.

Sur le noir cercueil se brisaient
les lourdes mottes poussiéreuses…

Le vent emportait
le souffle blanc de la fosse profonde.

— Et toi, sans ombre désormais, dors et repose,
longue paix à tes ossements…

Définitivement,
dans un sommeil paisible et véritable.

(Antonio Machado)

 

 

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Je lève mon cœur lourd solennellement (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Je lève mon cœur lourd solennellement,
Comme Electre son urne sépulcrale,
Et, regardant dans tes yeux, je renverse
Les cendres à tes pieds. Vois, sois témoin
De la peine secrète amassée en moi,
Et comme les sauvages étincelles rougissent
La couleur des cendres. Si ton pied méprisant
Pouvait les refouler dans les ténèbres
Ce serait bien, peut-être. Au contraire si
Tu attends près de moi que le vent souffle
Cette poudre grise, … ces lauriers sur ta tête,
Ô mon aimé, ne te préserveront
Pas si bien que nul feu ne puisse roussir
Tes cheveux. Eloigne-toi donc de moi. Va.

(Elizabeth Browning)

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Mon amour tu es une montagne lumineuse (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: Mélanie Quentin
    
mon amour tu es une montagne lumineuse qui ressent.
tu es une montagne enthousiaste une île ardente dont
les pentes vivantes ont pour socle le moi qui se secoue,qui est
sous toi et autour pour toujours je suis la mer qui t’étreint.
Ô montagne tu ne peux m’échapper
tes racines s’ancrent dans mon silence;et donc ô montagne
meurtris habilement mes seins,encore et toujours

je t’étreindrai solennellement en moi.

***

my love you are a bright mountain which feels.
you are a keen mountain and an eager island whose
lively slopes are based always in the me which is shrugging,which
under you and around you and forever:i am the hugging sea.
O mountain you cannot escape me
your roots are anchored in my silence;therefore O mountain
skilfully murder my breasts,still and always

i will hug you solemnly into me.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Les dieux sont absents (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017




    
Les dieux sont absents mais ils président.
Nous habitons cette
Transparence ambiguë.

Leur pensée émerge lorsque soudain
Tout devient
Solennellement exact.

Leur regard éduque notre regard :
Notre attention au monde
Est le culte qu’ils demandent.

***

Ausentes sa-o os deuses mas presidem
Nós habitamos nessa
Transparência ambigua.

Seu pensamento emerge quando tudo
De súbito se torna
Solenemente exacto.

O seu olhar ensina o nosso olhar :
Nossa atenção ao mundo
É o culto que pedem.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

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Ici (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2016



 

Carl Larsson required-reading-1900(1) [1280x768]

Ici, les horloges même
ont l’air de sonner les heures
solennellement.

(Pierre Reverdy)

Illustration: Carl Larsson

 

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