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Poésie

Posts Tagged ‘solution’

Ouvrir les mains (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Il ne suffit pas de lever les mains,
Ni de les abaisser
ou de dissimuler ces deux gestes
sous les embarras intermédiaires.

Aucun geste n’est suffisant,
même s’il s’immobilise comme un défi.

Reste une seule solution possible:
ouvrir les mains
comme si elles étaient des feuilles.

(Roberto Juarroz)

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Le câlin (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019



calin

 

Le câlin est la plus belle
et intense solution
pour transformer la chaleur de l’âme
en énergie d’amour.

(Anonyme)

 

 

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Eau, gaz et électricité (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2018



Illustration
    
Je me souviens des heures passées, en classe de troisième je crois,
à essayer d’alimenter en eau, gaz et électricité, trois maisons, sans que les tuyaux se croisent
(il n’y pas de solution tant que l’on reste dans un espace à deux dimensions;
c’est un des exemples élémentaires de topologie,
comme les ponts de Koenigsberg ou le coloriage des cartes).

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Shabbat (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
Shabbat

Shabbat en nappe blanche, blanches les bougies
et l’enfant sage et ignorant. Une histoire d’amour
et de pardon sur l’étendue d’un ciel, où Dieu ne
répond pas ; tout grand amour est silencieux.
Dialogue de mémoires et rupture ; l’homme
raconte sa joie son infortune, Dieu l’écoute
Dieu l’aime et n’ a pas de solution ; Il éclaire.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Derrière l’oeil fermé (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



 Illustration: Fabienne Guilhem
    
Derrière l’oeil fermé d’une de ces Lois préfixes
qui ont pour notre désir des obstacles sans solution,

parfois se dissimule un soleil arriéré
dont la sensibilité de fenouil à notre contact
violemment s’épanche et nous embaume.

L’obscurité de sa tendresse,
son entente avec l’inespéré,
noblesse lourde qui suffit au poète.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Solutions d’automne (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Brent Funderburk 3

Solutions d’automne

Tout, paysage affligé de tuberculose,
Bâillonné de glaçons au rire des écluses,
Et la bise soufflant de sa pécore emphase
Sur le soleil qui s’agonise
En fichue braise…

Or, maint vent d’arpéger par bémols et par dièzes,
Tantôt en plainte d’un nerf qui se cicatrise,
Soudain en bafouillement fol à court de phrases,
Et puis en sourdines de ruse
Aux portes closes.

– Yeux de hasard, pleurez-vous ces ciels de turquoise
Ruisselant leurs midis aux nuques des faneuses,
Et le linge séchant en damiers aux pelouses,
Et les stagnantes grêles phrases
Des cornemuses ?

La chatte file son chapelet de recluse,
Voilant les lunes d’or de ses vieilles topazes ;
Que ton Delta de deuil m’emballe en ses ventouses !
Ah ! là, je m’y volatilise
Par les muqueuses !…

Puis cà s’apaise
Et s’apprivoise,
En larmes niaises,
Bien sans cause …

(Jules Laforgue)

Illustration: Brent Funderburk

 

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La poésie c’est comme des lunettes (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



La poésie c’est comme des lunettes

On m’a souvent demandé : la poésie, à quoi ça sert ?
Avec l’air de dire, sourire en coin :
Mon pauvre Monsieur, ne vous donnez pas tant de mal,
avec la télévision, le cinéma, le foot et le loto, on a bien ce qu’il nous faut !

Et je ne savais pas que répondre
parce que la poésie pour moi a toujours été une chose naturelle
comme l’eau du ruisseau.

Mais j’ai beaucoup réfléchi, et aujourd’hui, je sais :
la poésie, c’est comme des lunettes.
C’est pour mieux voir.

Parce que nos yeux ne savent plus,
ils sont fatigués, usés.

Croyez-moi, tous ces gens autour de vous,
ils ont les yeux ouverts et pourtant petit à petit,
sans s’en rendre compte,
ils deviennent aveugles.
Il n’y a qu’une solution pour les sauver :
la poésie.

C’est le remède miracle :
un poème et les yeux sont neufs.
Comme ceux des enfants.

A propos des enfants d’ailleurs,
j’ai aussi un conseil à donner :
les vitamines A, B, C, D, ça ne suffit pas.
Si on ne veut pas qu’en grandissant
ils perdent leurs yeux magiques,
il faut leur administrer un poème par jour.
Au moins.

(Jean-Pierre Siméon)

 Illustration

 

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Il ne suffit pas (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2016



Il ne suffit pas de lever les mains
Ni de les abaisser
ou de dissimuler ces deux gestes
sous les embarras intermédiaires..

Aucun geste n’est suffisant,
même s’il s’immobilise comme un défi.

Reste une seule solution possible :
ouvrir les mains
comme si elles étaient des feuilles.

(Roberto Juarroz)

 

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La saloperie des autres est aussi en nous (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2016



La saloperie des autres est aussi en nous.
Et je ne vois pas d’autre solution que de rentrer en soi-même
et d’extirper de son âme toute cette pourriture.
Je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur,
que nous n’ayons d’abord corrigé en nous.
Et cela me paraît l’unique leçon de cette guerre :
de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes et pas ailleurs.

(Etty Hillesum)

Illustration: Henri Rousseau

 

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DANS L’ATTENTE DES BARBARES (Constantin Cavafis)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2015



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DANS L’ATTENTE DES BARBARES

—Qu’attendons-nous, rassemblés sur la place ?
—C’est aujourd’hui qu’arrivent les Barbares.
—Pourquoi, au Sénat, cette inertie ?
Que font les Sénateurs à ne pas légiférer ?
—C’est aujourd’hui qu’arrivent les Barbares.

Quelles lois passeraient les Sénateurs ?
Les Barbares, installés, les voteront.
— Pourquoi l’Empereur, levé si tôt,
trône-t-il en grande pompe
à la porte principale de la ville, couronne en tête ?
—C’est aujourd’hui qu’arrivent les Barbares.

L’Empereur s’apprête à recevoir leur chef ;
il lui a même préparé un parchemin
lui octroyant honneurs et titres.
— Pourquoi nos deux Consuls et nos prêteurs
arborent-ils toge pourpre et brodée ?
Pourquoi portent-ils bracelets d’améthyste
et bagues d’émeraude ?
Pourquoi brandissent-ils leurs cannes argent et or ?
— C’est aujourd’hui qu’arrivent les Barbares,

et ces objets-là éblouissent les Barbares.
— Pourquoi nos savants rhéteurs
rie déclament-ils pas leurs discours, comme d’habitude ?
— C’est aujourd’hui qu’arrivent les Barbares,

et ils n’aiment ni phrases ni discours.
— Pourquoi soudain ce désarroi, cette inquiétude ?
Comme ils sont graves, les visages !
Pourquoi les rues, les places, se vident-elles,
et que chacun rentre chez soi, pensif ?
— C’est que la nuit tombe déjà
et les Barbares ne sont pas venus.

Des hommes, arrivés de la frontière,
disent qu’il n’y a point de Barbares.
— Qu’allons-nous devenir sans les Barbares ?

C’était une solution, en un sens, ces gens-là.

(Constantin Cavafis)

Illustration

 

 

 

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