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Poésie

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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LE BRUIT D’EXISTER (María Auxiliadora Álvarez)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2021



Un poème pour La Saint Valentin
  

    
LE BRUIT D’EXISTER
pour Diana

Dis doucement ton nom au-dessus du mien

et répète – le
nuit après nuit
avant chaque berceuse

si bien que mon nom
s’efface sous le tien et disparaisse

et que ta voix
soit le seul son
qui existe

(María Auxiliadora Álvarez)

(Venezuela, 1956)

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
de “Poesía soy yo”
Selección de Raquel Lanseros y Ana Merino
Colección Visor de Poesía, Visor Libros

***

Di tu nombre suavemente sobre el mío

y repítelo
cada noche
antes de cada canción
del sueño

de modo que mi nombre se vaya borrando
bajo el tuyo

y tu voz
sea el único
sonido de existir.

***

THE SOUND OF EXISTENCE
to Diana

Say your name softly over mine

and repeat it
every night
before each song

of sleep
so that my name will fade away

under yours
and your voice
may be the only
sound of existence.

Translation Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan

***

DER KLANG DES SEINS
für Diana

Sag leise deinen Namen über meinen

und wiederhole ihn
jede Nacht
vor jedem Schlaflied

so dass mein Name sich auflösend
unter deinem verschwinde

und deine Stimme
der einzige Klang
des Seins werde.

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

IL SUONO DELL’ESISTENZA
a Diana

Dì dolcemente il tuo nome sul mio

e ripetilo
ogni notte
prima di ogni canzone
del sogno

così che il mio nome venga cancellato
sotto il tuo

e la tua voce
sia l’unico
suono a esistere.

Traduzione di Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

存在の音〜ダイアナへ捧ぐ

名前を言って
わたしに、優しく
そして、夜毎にくりかえして
おやすみの歌の前に
あなたの名のもとでは
わたし自身の名前が消えてしまうように
そしてあなたの声が
唯一の存在になるように

***

Recueil: ITHACA 670
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
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QUI SUIS-JE, MOI ?… (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021




    
QUI SUIS-JE, MOI ?…

Qui suis-je, moi ? Un autre ? Non.
Désespéré, le même que naguère
et d’une étoile amoureux. Quelle guerre
que celle-là, et qui n’a pas de nom.

J’entends ta voix, mais c’est un autre son :
celui qui naît des amours éphémères
loin dans le temps. Comme un héros d’Homère
qui d’île en île en lui-même se fond.

Qui me parlait de lui qui te ressemble
sans que jamais Amour ne nous rassemble ?
Je reste seul. Que meure un souvenir !

Que disparaisse un regret de jeunesse
et que j’apprenne à ne pas revenir
sur ce qui fait d’un printemps la caresse !

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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Quand je respire (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020



Illustration: Hokusai
    
Quand je respire,
ce son rauque dans ma poitrine.
plus désolé que la dernière bise d’automne.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Le Renard et le Corbeau (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration: Marc Chagall
    
Le Renard et le Corbeau.

Le renard du corbeau loua tant le ramage,
Et trouva que sa voix avait un son si beau,
Qu’enfin il fit chanter le malheureux corbeau,
Qui de son bec ouvert laissa cheoir un fromage.

Ce corbeau qui transporte une vanité folle,
S’aveugle et ne s’aperçoit point
Que pour mieux le duper, un flatteur le cajole :
Hommes, qui d’entre vous n’est corbeau sur ce point.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Hommage (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Hommage

Elvira, par grâce d’amour
Passe ici devant toi
Un clair éclat
Qui fait de toutes âmes vaniteuses
Des bougies quand vient midi.

Le son métallique et fort des prétendants
Fond devant toi
Comme le roulement des chars,
Mais tu viens en silence
Et hommage est rendu.

Maintenant le petit raccourci
Qui conduit à l’amour
Est encore plein de joie et de sa foule;
Et la large grand-route
Venant de l’amour
Est sans passant.

***

HOMAGE

Elvira, by love’s grace
There goeth before you
A clear radiance
Which maketh ail vain souls
Candies when noon is.The loud clangour of pretenders
Melteth before you
Like the roll of carts passing,
But you corne silently
And homage is given.Now the little by-path
Which leadeth to love
Is again joyful with its many;
And the great highway
From love
Is without passers.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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LE POEME (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

Audrey Kawasaki  attente

LE POEME

TOUT est
dans le son. Une chanson.
Rarement une chanson. Ce devrait

être une chanson — faite
de détails, de guêpes,
une gentiane — quelque chose
d’immédiat, ciseaux
ouverts, regard
de dame — qui s’éveille
centrifuge, centripète.

***

THE POEM

IT’s all in
the sound. A song.
Seldom a song. It should

be a song — made of
particulars, wasps,
a gentian — something
immediate, open
scissors, a lady’s
eyes — waking
centrifugal, centripetal

(William Carlos Williams)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Mandorla (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Illustration  
    
Mandorla

Corne de brume au son étouffé
branche humide derrière le grillage
d’obscurité

ne me nomme pas
ne me donne aucun nom

autre que celui de quelqu’un
qui passa.

(Germain Droogenbroodt)

 

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RYTHMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2020




    
RYTHMES

Tout débuta
Dans l’arythmie
Le chaos

Des vents erratiques
S’emparaient de l’univers
L’intempérie régna

L’indéchiffrable détonation
Fut notre prologue

Tout fut
Débâcle et dispersion
Turbulences et gaspillage
Avant que le rythme
Ne prenne possession
De l’espace

Suivirent de vastes accords
D’indéfectibles liaisons
Des notes s’arrimèrent
Au tissu du rien
Des courroies invisibles
Liaient astres et planètes

Du fond des eaux
Surgissaient
Les remous de la vie

Dans la pavane
Des univers
Se prenant pour le noyau
La Vie
Se rythma
Se nuança

De leitmotiv
En parade
De reprise
En plain-chant

La Vie devint ritournelle
Fugue Impromptu
Refrain
Se fit dissonance
Mélodie Brisure
Se fit battement
Cadence Mesure

Et se mira
Dans le destin

Impie et sacrilège
L’oiseau s’affranchissait
Des liens de la terre

Libre d’allégeance
Il s’éleva
Au-dessus des créatures
Assujetties aux sols
Et à leurs tyrannies

S’unissant
Aux jeux fondateurs
Des nuages et du vent
L’oiseau s’allia à l’espace
S’accoupla à l’étendue
S’emboîta dans la distance
Se relia à l’immensité
Se noua à l’infini

Tandis que lié au temps
Et aux choses
Enfanté sur un sol
Aux racines multiples
L’homme naquit tributaire
D’un passé indélébile

Le lieu prit possession
De sa chair
De son souffle
Les stigmates de l’histoire
Tatouèrent sa mémoire
Et sa peau

Venu on ne sait d’où
Traversant les millénaires
L’homme se trouva captif
Des vestiges d’un monde
Aux masques étranges
Et menaçants

Il s’en arrachait parfois
Grâce aux sons et aux mots
Aux gestes et à l’image
À leurs pistes éloquentes
À leur sens continu

Pour mieux tenir debout
L’homme inventa la fable
Se vêtit de légendes
Peupla le ciel d’idoles
Multiplia ses panthéons
Cumula ses utopies

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte le guide
Et l’agrandit

Alors
De nuits en nuits
Et d’aubes en aubes
Tantôt le jour s’éclaire
Tantôt le jour moisit

Faiseur d’images
Le souffle veille

De pesanteur
Le corps fléchit

Toute vie
Amorça
Le mystère
Tout mystère
Se voila
De ténèbres
Toute ténèbre
Se chargea
D’espérance
Toute espérance
Fut soumise
À la Vie

L’esprit cheminait
Sans se tarir
Le corps s’incarnait
Pour mûrir
L’esprit se libérait
Sans périr
Le corps se décharnait
Pour mourir

Parfois l’existence ravivait
L’aiguillon du désir
Ou bien l’enfouissait
Au creux des eaux stagnantes

Parfois elle rameutait
L’essor
D’autres fois elle piétinait
L’élan

Souvent l’existence patrouillait
Sur les chemins du vide
Ou bien se rachetait
Par l’embrasement du coeur

Face au rude
Mais salutaire
Affrontement
De la mort unanime
L’homme sacra
Son séjour éphémère
Pour y planter
Le blé d’avenir.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le signe (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2020



 

Martin Jarrie 33 [1280x768]

Le signe

Le signe du doigt ou de la cloche
Te dit de venir ici ou là partout
Où tu peux aller
Mais il y a le signe
De l’autre son
De l’autre doigt
Bon signe

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Martin Jarrie

 

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