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RONDEAU DU MOI SECRET (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration: Fanny Verne
    
RONDEAU DU MOI SECRET

For de mon for, tréfonds le plus intime
De mon bas être à l’erreur condamné,
Secrètement t’habite un Moi sublime,
Clos au dehors, du dedans gouverné.
Indifférente aux intérêts du monde,
Sans vanité, sans soif de chair ni d’or,
Ainsi tiens-tu ma Personne Seconde,
For de mon for.

Pour quel haut fait, quelle oeuvre magnanime
Ce Moi de Moi dans ton antre est-il né?
Pilier du ciel, rédimeur du vieux crime,
Quel abdal est-ce, ou Christ prédestiné
Tel du magnan sous la quenouille blonde
Le papillon qui vit sans aile encor,
Prêt à briser sa coquille féconde,
For de mon for,

Ainsi végète, ainsi déjà s’anime
Dans ton cocon de soie environné,
Le grain vivant, la chrysalide infime
De l’ange immense en ma chair confiné.
Mais, de l’abîme où n’atteint point la sonde,
Pour prendre aux cieux un droit et libre essor,
Comment sortir de ta geôle profonde,
For de mon for

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Oh ! joie entre veille et sommeil (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Adrian Chesterman 99

Oh ! joie entre veille et sommeil
que cette matinée !
J’étais encore un homme, j’étais aussi la mer
libre, infinie.

Avec ses calmes dorés et ses horizons
lointains, la mer.
Dans le fond interdit à nos sondes,
où n’atteint nul regard,

elle gardait pour moi une petite pierre,
une chose de rien.
Pour elle seulement frémissait et riait
l’azur immense.

(Umberto Saba)

Illustration: Adrian Chesterman

 

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Parler (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



XIR201627

Parler —

Art de laisser filer la sonde dans la profondeur
que ne peut soupçonner l’homme de surface, l’homme actif, psychique.
Car nous, riverains ou nageurs,
toujours nous péririons dans l’ignorance de l’altitude sous nous,
sans la parole qui opère à tout instant le sondage pour nous,
et qui ainsi est notre profondeur,

Ecrire, c’est écrire malgré tout.
Comme une barque assemblée contre l’Océan sans mesure
— et la barque tire sa forme de l’Enorme qu’elle affronte en craignant la défaite,
et différents sont les esquifs autant que les ports d’un pôle à l’autre —
ainsi le style est ajointement malgré tout, manière de se jeter à cœur perdu mesure de l’immense;
et chacun reçoit figure de l’aspect que montre l’Elément où de son côté il se trouve jeté,
de la terreur déterminée que lui inspire l’indéterminé.

Faire front dans le tumulte pour m’y tenir à flot, quelque temps, sur l’inconnaissable.
—La phrase, ligne de flottaison.

(Michel Deguy)

Illustration: Hokusai

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Un camélia chute… (Keiko Niwa)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Un camélia chute…
La profondeur de la nuit
semble sondée

(Keiko Niwa)

Illustration

 

 

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Mer jours (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Mer jours
et de harpes sans oiseaux

pour de secrètes marées disparues
dans l’anfractuosité des silences
tu retisses à rebours
les souffles à mon coeur capiteux

pour un mystère qui t’ensemence
dans le multiple dense des étreintes
tu auscultes toujours
d’une sonde à l’étoile
ta longue désespérance

(Gaston Miron)


Illustration: Timothy Martin

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Au bout du quai (Andrée Lacelle)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2016



Au bout du quai
déjà
ce n’est plus la terre
une lenteur affleure le chemin d’eau
tant d’oiseaux pénètrent l’onde

quand tu fuis de brume en brume
en moi le vide en flammes
en toi un nuage froid
quand j’arpente les champs d’algues

un batelier sonde l’onde
une passagère déplace le monde

tant d’amours fantômes hantent ton lit
nos maisons chancellent
passent nos vies

(Andrée Lacelle)

Illustration

 

 

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