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Poésie

Posts Tagged ‘songe’

Nous habitons encore un autre monde (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Poids des pierres, des pensées

Songes et montagnes
n’ont pas même balance

Nous habitons encore un autre monde
Peut-être l’intervalle

(Philippe Jaccottet)

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LA RUINE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



LA RUINE

Dans son songe ce gradé passe
en revue le front de ses troupes
mais en vérité le scribe
sur le registre fait une courte rature
avec la règle noire
aux arêtes de fer
plus de concert d’oiseaux
il ne reste
sous la première étoile qu’une ruine
violâtre et nue
sur un paysage sans voix.

(Jean Follain)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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TU VIENS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2019



Ce corps qui dit depuis l’aube

par songes et par brouillards
par fièvres et par fables
par larmes et par amour

TU VIENS

Témoin de quelle présence ?
En route vers quelle preuve ?
T’arc-boutant
à la moindre lueur.

(Andrée Chedid)

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Eloge du vide (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



 

Eloge du vide

Il faut
Du vide
Pour attirer
Le plein

Pour que s’explore
Le songe
Pour que s’infiltre
Le souffle
Pour que germe
Le fruit
Il nous faut
Tous ces creux

Et de l’inassouvi.

(Andrée Chedid)

 

 

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Saluer (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



 

printemps  [1280x768]

Saluer
L’enfant provisoire
Le vieillard sans horizons
Le silence des plaies
La détonation des mots
Le songe qui tisonne
La beauté qui féconde
Le pas migrateur

Malgré l’érosion
Des coeurs et des falaises
Saluer les printemps
Qui ne cessent d’affleurer.

(Andrée Chedid)

 

 

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HERBE VIVE (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2019



HERBE VIVE

L’herbe du soir a parcouru trop de chemin
Le ciel ouvre ses guichets noirs
Le coeur des maisons pompe le sommeil
La pluie s’allonge sur l’ardoise

L’oiseau de minuit brise les barreaux
Un pauvre tend les mains vers celles de l’absence
Dans ses prisons le sang circule
La liberté de l’eau s’arrête au creux des pas

Un chien que l’aube effacera
s’enfuit plus loin que les ornières
La rivière de l’ombre affûte son silence
aux berges vives des écorces

Le temps stagne sur les cadrans
Chaque arbre attend comme une éponge
Seuls remplissant les murs comblés d’air et de songes
les dormeurs continuent de vivre

Pourtant le feu couvant sous terre
prépare des linceuls fleuris
Un enfant pleure et tu souris
à la naissance des primevères

La plante aux racines errantes
soudain sur la pelouse a fixé sa promesse
Déjà s’offre à la plaie du jour
toute chair encore immobile

L’herbe du matin luit à travers les volets
Le soleil sur mille pignons
se laisse clouer à coups d’ailes
Un homme s’échappe des pierres

(Louis Guillaume)

 

 

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L’univers sème ses formes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Echappant à l’enclume du temps
l’univers sème ses formes
véhicule ses songes
s’invente d’autres tumultes.

(Andrée Chedid)


Illustration

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L’éclat de tes vingt ans (Christian Chandebois)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019


L’éclat de tes vingt ans

Dansent les étoiles dans le creux de tes mains
Quand le ciel et la mer fleurissent nos chemins
Par des soleils d’enfants, en tes yeux arc-en-ciel,
Que couvrent mes baisers dans le bleu de ton ciel…

Drapée dans ta robe océane qui m’enflamme
Et guide mon destin vers ton bel oriflamme,
Lorsque les vagues courent sur le sable d’or
Je m’approche de toi comme un conquistador.

Ta voix chante la mer sur les rochers d’argent
Pour m’appeler à toi, et ton corps émergeant
Dans l’habit de beauté qui fait gonfler mon coeur,
Distille sous ma peau la source du bonheur.

Vogue ton visage sur les eaux de mon âme
Et m’enivrant d’amour et de joie, je me pâme.

Dame de mes songes, sourire de printemps,
Tu donnes à mes ans l’éclat de tes vingt ans!

(Christian Chandebois)


Illustration: Sophie Anderson

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Ondine, tu es fille de la mer (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Ondine, tu es fille de la mer, ton corps
est d’eau pure, ô cousine de l’origan,
et ton sang, cuisinière, est de terre vivante,
terrestres et fleuries, voilà tes habitudes.
Tes yeux regardent l’eau, et soulèvent les vagues,
tes mains vont vers la terre, en y lâchant les graines,
l’eau et la terre où sont tes domaines profonds
se sont unies en toi par la loi de l’argile.
Naïade, ton corps fend la turquoise marine
et bientôt resurgi fleurit dans la cuisine
c’est ta façon à toi d’assumer ce qui est
avant de t’endormir encerclée de mes bras
qui, pour que tu reposes, écartent de ta nuit
herbe, légumes, algues, écume de tes songes.

***

Eres hija del mar y prima del orégano,
nadadora, tu cuerpo es de agua pura,
cocinera, tu sangre es tierra viva
y tus costumbres son floridas y terrestres.
Al agua van tus ojos y levantan las olas,
a la tierra tus manos y saltan las semillas,
en agua y tierra tienes propiedades profundas
que en ti se juntan como las leyes de la greda.
Náyade, corta tu cuerpo la turquesa
y luego resurrecto florece en la cocina
de tal modo que asumes cuanto existe
y alfin
duermes rodeada por mis brazos que apartan
de la sombra sombría, para que tú descanses,
legumbres, algas, hierbas : la espuma de tus sueños.

(Pablo Neruda)

 

 

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ODE AU NAVIRE DANS LA BOUTEILLE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019




ODE AU NAVIRE DANS LA BOUTEILLE

Jamais
personne n’a navigué
comme sur ton bateau :
le jour
transparent
n’a jamais eu
d’embarcation
pareille
ce minime pétale
de verre
qui emprisonna
tes formes
de rosée,
bouteille,
au vent
de qui
va le voilier,
bouteille,
oui,
ou vivante
traversée,
essence
du trajet,
capsule
de l’amour sur les vagues,
oeuvre
des sirènes!

Je sais que
dans ta gorge
délicate
sont entrés
de tout petits
charpentiers
volant
sur une abeille, des mouches portant
sur leur dos
des outillages,
des clous, planches,
cordages
minuscules,
et ainsi dans une bouteille
le navire parfait
a grandi :
la coque fut noyau de sa beauté,
dressant ses mâts fins comme épingles.

Alors
à
ses
tou-
tes
pe-
tites
îles
retourna tout le chantier
et pour naviguer
entra
dans la bouteille
en chantant,
minuscule et bleu,
l’équipage.

Ainsi, bouteille,
au milieu
de ta
mer, de ton ciel,
s’est dressé
un navire,
petit,
oui,
minuscule
pour cette immense mer qui l’attendait :

la vérité
est que personne
ne l’a construit
et qu’il ne voguera jamais que dans les songes.

(Pablo Neruda)

Illustration

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