Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘songe’

Le temps vous abandonne (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Le temps vous abandonne et ne vous laisse plus
Que l’anonyme chair de votre parentage,
Vous êtes le troupeau, la tribu d’un désert
Traversé de simouns et de muets soleils.

Pulvérisez, pulvérisez jusqu’à l’atome
Votre langage d’homme et vos outils de songe ;
Pulvérisez le livre blanc de vos révoltes,
Vos capitales sans patrie et sans aurore.

(Albert Ayguesparse)

 

 

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les douze lutins (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Jean-Marc Polizzi Le_Jongleur_et_le_Lutin-Etoile

Les douze lutins

Ils sont douze lutins
Dans ce joli village
De songe et de cristal
Derrière les montagnes

Trois qui frappent l’enclume
Et remplissent d’étoiles
La forge du grand gel

Trois qui font à l’enseigne
Du Rire de l’Hiver
De frais gâteaux de neige.

Trois qui tirent l’alêne
En secret dans la basse
Échoppe du sommeil

Trois autres qui allument
Leurs petites lanternes
Et n’attendent qu’un signe
Pour s’en aller sonner
Les cloches de Noël

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Jean-Marc Polizzi

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’écho de la lumière (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



L’écho de la lumière

Je suis le fils d’un homme
dont l’avenir est tombé

en ce temps-là
les enfants étaient des enfants
et la neige venait de loin pour Noël

c’était très simple
comme une provision de fautes
déjà pardonnées
c’était très sûr
comme le goût du pain, dit-on
en ce temps-là

et nos songes
dans les draps se courbaient
car la nuit, jamais
n’allait plus loin que jusqu’au bord du jour

***

Le mot
et le silence
que fait son ombre sur la page

les mots
qui tentaient les Rois
vers les Dieux

et la mort d’être la vie
pour toujours

(Yvon Le Men)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Brume sur l’eau (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018




    
Brume
sur l’eau
la rivière
rêve

Montée acide
de la lumière

Trop aiguë

Déchire
l’haleine
éphémère

Mémoire du songe

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au fond du jardin (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
Au fond du jardin
une femme suspend
les draps de l’aube
fraîchement lavés
de la nuit

Mal rincés
marbrés de traînées
sperme des rêves
pris dans la trame

Il faudra recommencer

Lassitude des matins

Du songe
elle attendait
renaissanoe
le voici souillure

Peau aplatie d’ennui
usure lente
des gestes
des linges

Pelouse
piquetée de débris
elle les ramasse
décroche les draps

Rentre
écoute
le ronronnement
de la répétition

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La voix de l’oiseau (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Si le songe ne peut tromper
Le corps fiévreux, le coeur qui souffre,
La chair peut-elle tromper le rêve
Avec des lignes de poussière?
Du Paradis
La voix de l’oiseau qui ne meurt
Chante toujours.

***

If fancy cannot cheat
The fevered flesh, the aching heart,
Can sense the dream
With lineaments of dust?
From Paradise
The bird’s undying voice
Sings on.

(Kathleen Raine)

Illustration: Marie Lefrancq

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Congo, Congo (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



tam tam  2

Congo, Congo couleur de feu dans le grand rêve revenez
dans le songe Liberté tout de bronze revêtu !
Congo comme un puma qui guette dans les cavernes
végétales de l’ombre ! Congo avec les grands signes du tamtam
qui déchirent ta peau ! Congo d’ébène pour les négoces
du voleur et les gains du pirate,
Congo de chair humaine pour qui est négrier,
Congo de femmes nues pour le cinémascope!

(Hubert Juin)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A celui qui porte la Lumière (Giovani Papini)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Adam Tan  fj54o1_500

A celui qui porte la Lumière

J’existe parce qu’il y a un homme qui me rêve ;
un homme qui dort et me voit agir et vivre et me mouvoir
— et qui rêve en ce moment que je vous parle comme je fais.
Quand il commencera à me rêver, mon existence commencera ;
quand il se réveillera, je cesserai d’être.

Je suis un jeu de son imagination, une création de son esprit,
un hôte de ses longues fantaisies nocturnes.
Le songe de ce quelqu’un a tant de consistance et de durée
que je suis devenu visible même à ceux qui sont éveillés.

(Giovani Papini)

Illustration: Adam Tan

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Maintenant que j’arrive au point mort de la vie (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Maintenant que j’arrive au point mort de la vie
Où la jeunesse est comme un fantôme troué,
Tout m’échappe des mains, mais des chants renoués
Déjà monte une flamme aux sombres banderilles.

Va, nous avons encore un bon morceau de route
Devant nous, des printemps, des étés pleins de fleurs,
Ton amour et l’amour ont la même couleur
Et c’est ton nom qui luit sur les murs noirs des soutes ;

Un bon morceau de vie à remplir de miracles,
A oublier le temps des travaux démentiels ;
Le ciel de ton regard est le plus doux des ciels
Et ton nom est le nom que je donne à l’oracle.

Il y aura toujours pour les amants des songes,
Des caresses, du vin, des poèmes, des jeux,
Et pour nous qui vivons que si nous sommes deux
Cette ivresse que boit la nuit comme une éponge.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Jean-Marie Manson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La fente (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration:  Gustave Courbet
    
La fente

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

(Jacques Chessex)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :