Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘songes’

Je te vois (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2016




Je te vois revêtue de chevelure hautaine,
liée noire à la roue solaire,
soumise aux songes, aux marées.

Quelle ombre sur ta bouche basse?
Quel sang sauvage dénoué?

Dans l’ordre sec, ah! le remous, l’écho de ton passage,
la sève nue, l’innocence des pluies.

(Jean Joubert)

Illustration: William Bouguereau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

S’avance le baiser de ta présence (Philippe Omsil)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Tu surveilles et crains ton miroir. Comme s’il
devait tourner le dos et quitter la nuit du désir.
Et laisser flétri, réduit, le regard.

Sais-tu dans la saveur de mes songes les
caresses où mes mains ont rencontré et résolu
désormais ton rivage.

Derrière mes yeux s’étendent des entêtements,
Aucun d’eux n’a le parfum ni le grain de ta
peau. Je peuple mes insomnies en même temps
que s’avance le baiser de ta présence.

(Philippe Omsil)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’HOMME IMMOBILE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016


 

L’HOMME IMMOBILE

Le voici, immobile.
Immobile
il regarde pleuvoir ; il voit la campagne calme,
immobile.
Douce bruine ingravide.
La terre rêve-t-elle à lui ? Lui, à la terre ?
Pleuvoir est-il un rêve ?

Le voici, immobile.
Immobile
il regarde pleuvoir. Que regarde-t-il
de plus tranquille et sombre que ses yeux,
de plus sec que son front, de plus blessé ?
Se voit-il lui-même pleuvoir ou voit-il reverdir
les champs ? Se regarde-t-il
reverdir ? Regarde-t-il peut-être
le souffle pleuvinant de la bruine ingravide ?
Ou n’a-t-il d’autre rêve que de voir ?

Que regarde
l’homme immobile ?
A quelles semailles pense-t-il, à quelles semailles ?
Dans quels chaumes brûlés erre-t-il, dans quels
chaumes ?
Y a-t-il donc plus de quiétude en son regard
tranquille que dans la pluie ? Pleut-il sur terre
ou seulement dans son désir ? La pluie en songes le
voit-elle
ou est-ce lui qui rêve de voir ?

Le voici, immobile.
Immobile.
Rien, rien ne bouge en lui, et rien dans la campagne.
Est-il le rêve de la pluie ? La pluie est-elle,
immobile, son rêve ?
Un rêve, cette terre ?
Un rêve, cette pluie ?

(Elvio Romero)

Illustration: Jean-Michel Folon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Offre une colombe au sommeil (Henri Bosco)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015




Offre une colombe
au sommeil
pour qu’une colombe
entende tes songes.

(Henri Bosco)

Illustration: Philippe de Champaigne

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Nénuphar (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015



Nénuphar

Un jour, le diable, traversant la ville de Bruges,
passa devant le couvent des ursulines.
Les religieuses réunies dans la chapelle
chantaient les louanges du Seigneur.
Ses yeux s’arrêtèrent sur une ursuline
placée juste à l’entrée du choeur, près du maître-autel.
« Il serait plaisant de lui ouvrir enfin les yeux,
et de faire de la sainte un petit démon! »

Le soir il s’introduisit dans la cellule de la religieuse
sous la couverture jaune d’un roman à la mode;
il se déguisa en in-octavo, et s’étendit tout grand ouvert sur le prie-Dieu.
Il avait choisi la page la plus échevelée de l’ouvrage,
une scène d’amour pantelante, rutilante, ébouriffante.
De tout temps ces grands morceaux de rhétorique
ont troublé toutes les imaginations et fait l’affaire de messire Satanas.
La jeune fille prit le livre, lut la page marquée,
ouvrit les bras d’un air nonchalant, bâilla et s’endormit sur sa couchette.
Pour le coup le diable était outré.
Il ne lui restait plus qu’à essayer des songes.
Il les convoqua tous, il leur donna ses instructions,
et il voulut lui-même les voir à l’oeuvre.
Il se pencha sur le lit de la jeune fille;
les songes vinrent chacun à leur tour se poser sur son coeur;
rien n’indiqua qu’elle en fût le moins du monde troublée.
Son sommeil était paisible, son teint égal, son pouls régulier comme de coutume.
Il paraît même que vers le milieu de la nuit elle se mit à ronfler.
Le diable, tout malin qu’il est, ne s’était point douté de l’adversaire qu’il attaquait.
Une fois sur la terre, ne pouvant aimer ni être aimée,
incapable de s’associer aux peines et aux joies de l’humanité,
morne et décolorée,
la froide fleur du Nénuphar n’avait trouvé d’autre refuge qu’au couvent.
La vie monotone et languissante des religieuses était celle qui lui convenait.
On lui compta comme vertu l’absence de toutes les vertus.
Soeur Nénuphar mourut en état de sainteté.
Les ursulines de Bruges poursuivent sa canonisation.

(J.J. Grandville)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Chéri, penses-tu à moi? (Kye-Lang)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2015


automne

Une pluie de fleurs de poirier tombait
Nous nous séparâmes, larmoyantes embrassades
Maintenant le vent d’automne casse les feuilles
Chéri, penses-tu à moi?
Mes songes solitaires vont et viennent
Milles li nous séparent

(Kye-Lang)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »