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Poésie

Posts Tagged ‘songeur’

Nocturne (Tadeusz Miciński)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



 

mouette neige 9

Nocturne

Un bois couvert de neige,
des bouleaux qui sont en pleurs,
mes tulipes ont toutes été
coupées, fendues par le gel.
Une mouette agonisante
repose à mes pieds —
les arbres songeurs
observent son cadavre.
Je nettoie le sang avec la neige,
mais rien ne l’assourdit —
j’entends un chant étrange
dans le château noir de l’âme.

(Tadeusz Miciński)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

 

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PREMIERS BEAUX VERS (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



PREMIERS BEAUX VERS

Où sont les jours d’hiver pleins de calme infini
Dans la salle d’étude, aux carreaux blanc de givre;
Et les grands abat-jour sur les lampes de cuivre
Comme autour d’une lune un halo d’or bruni.

Quel éveil dans nos coeurs quand le soir, en sourdine,
Chuchotait sa tristesse aux fentes des châssis
Et que, sur les bancs noirs pensivement assis,
Nous lisions, tout songeurs, des vers de Lamartine.

Trouble des premiers vers douloureux ou charmants!
Trouble des premiers vers dont les musiques vagues
Vibraient avec un bruit pareil au bruit des vagues
Et semblaient correspondre à nos jeunes tourments!

Nous pleurions longuement Graziella trahie
Qui, n’ayant pu laisser tel qu’un tapis moelleux
Son amour sous les pas du poète oublieux,
Sans bague au doigt fut mise en sa bière fleurie !

Mais tout là-bas, au bord des rivages houleux
Ou priera l’avenir sur sa tombe odorante,
Nous autres, négligeant la morte de Sorrente,
Nous cherchions dans la mer l’infini des yeux bleus.

A travers l’idéal des grandes eaux dormantes,
A travers l’idéal des beaux vers consacrés,
Nous pouvions voir déjà, pendant ces soirs sacrés,
Appareiller vers nous nos futures amantes !

Tout nous parlait d’hymen, de baisers et d’aveux !
Et dans la barque d’or des strophes amoureuses
Les rimes accordaient leurs rames langoureuses
Pour amener vers nous la vierge de nos voeux!

La douceur de la mer méditerranéenne
Chantait dans les flots bleus des vers pleins de langueur
Qui venaient déferler sur la plage du coeur
Avec un bruit de robe et des frissons de traîne!

(Georges Rodenbach)

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Je marchais dans la nuit (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration: Evaristo
    
Je marchais dans la nuit pluvieuse,
Et, à la fenêtre d’une vieille maison,
Je reconnus les yeux songeurs
De ma douleur. — En larmes, solitaire,
Elle fixait les horizons humides…
Je restais là, à l’admirer,
Comme si j’avais, sous ses traits,
Reconnu ma jeunesse enfuie.
Un regard. Et mon coeur se serre,
La lumière s’éteint — c’est l’aube.
Et le matin humide toque
À sa fenêtre abandonnée.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Paysage d’automne (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017



Illustration: Maurice de Vlaminck
    
Paysage d’automne

C’est un paysage d’automne
Avec son ciel maussade et lourd,
Ses enfants vêtus de velours
Et ses cloches noires qui sonnent.

C’est un paysage d’automne
Avec ses bruyants vendangeurs,
Avec ses paysans songeurs
Et ses grands arbres qui frissonnent.

C’est un paysage d’automne
Avec ses filles de vingt ans,
Ses filles qui s’en vont chantant
Des chansonnettes monotones.

C’est un paysage d’automne
Et c’est un pauvre coeur d’amant
Qui craque lamentablement
Comme les pauvres feuilles jaunes.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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PITIÉ DE FLEUR (Léonce Depont)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

PITIÉ DE FLEUR

La fleur a voulu croître, en sa grâce divine,
Dans l’aride chaos de cette âpre ravine.
Pitoyable, elle épand son âme tendre au fond
D’un gouffre où le vertige en la terreur se fond.
Elle reste la joie et la parure uniques
Du lieu farouche où, pris de soudaines paniques,
Comme un funeste vol passent les aquilons ;
Car ni l’éblouissante aurore aux reflets blonds,
Ni les éclairs pourprés que le soir ressuscite,
N’osent descendre au cœur de l’effroyable site.
Et le pâtre qui loin du foyer s’exila,
Et que sa troupe agreste a conduit jusque-là,
Avec les durs béliers errant de roche en roche,
S’il aperçoit la fleur sauvage, s’en approche,
Et, tandis que l’écho vibre au bruit de ses pas,
La contemple, songeur, et ne la cueille pas.

(Léonce Depont)

Illustration

 

 

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Pourquoi regardes tu la lune? (Anouk Aïata)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



 
Illustration: ArbreaPhotos
    
Pourquoi regardes tu la lune?
De cet air triste et songeur
Pourquoi regardes tu la lune?
Que trouves tu dans cette lueur?

Un peu d’espoir, un peu d’amour
Que tu ne vois pas en plein jour
Un peu de bonheur, pas trop de larmes
Un sourire à l’ombre d’un charme

La lune est belle, elle le sait,
elle s’embrume de rouge sablé,
Quand le ciel saigne en magenta
La lune dit « Regardez-moi »

Pourquoi regardes tu la lune?
Que trouves tu dans cette lueur?

Elle se reflète dans tes yeux
Elle y déverse de sa lumière bleue
La lune est pleine ce soir c’est beau
On pourrait peut-être prendre une photo

Mets toi devant, voilà souris
Allez souris, allez je t’en prie
Non tu ne peux pas, ne souris pas
La lune pleure, regarde-la

Pourquoi regardes tu la lune?
Que trouves tu dans cette lueur?

De la chaleur, du réconfort
Des fleurs séchées, perdus dehors
Le soleil n’a que sa lumière
Celle des étoiles est trop amer

Réveille moi lorsque tu pars
Embrasse moi s’il n’est pas trop tard
La lune n’a rien de mieux à faire
que de s’accrocher au dessus de la Terre

Et faire rêver le monde entier
A travers ses rayons de beauté
Au clair de la lune on oublie
Ca l’ami Pierrot l’a compris

Ne pleure plus, sèche tes yeux
Allons faire un tour, tous les deux
Sous le ciel noir de cette nuit
La lune n’est pas là aujourd’hui

Pourquoi regardons-nous la lune?
De cet air triste et rêveur
Pourquoi regardons-nous la lune?
Que nous apporte cette lueur?

(Anouk Aïata)

 

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J’ai vu ces songeurs, ces poètes (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



    

J’ai vu ces songeurs, ces poètes,
Ces frères de l’aigle irrité.
Tous montrant sur leurs nobles têtes
Le signe de la Vérité.

Et près d’eux, comme deux statues,
Qui naquirent d’un même effort,
Se tenaient, de blancheur vêtues.
Deux vierges, la Vie et la Mort :

Mais enfin la compagne sûre
Venait ; la radieuse Mort
Lavait tendrement la blessure
De leurs seins exempts de remord.

Ainsi que les mères farouches
Qui sont prodigues du baiser,
Elle les baisait sur les bouches,
Doucement, pour les apaiser.

(Théodore de Banville)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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C’est le moment où les cadavres introuvés (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2017



C’est le moment où les cadavres introuvés
Les blancs noyés flottant, songeurs entre deux ondes
Seuls eux-mêmes aux premiers froids soulevés
Descendent s’abriter dans les vases profondes.

(Henry Bataille)

Illustration: Michel Ogier

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N’êtes-vous pas songeur ? (Taira no Kanemori)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

Amoureux

Je sais feindre
Mais la couleur de mon visage
Trahit mon amour.
N’êtes-vous pas songeur ?
Me demande-t-on parfois.

(Taira no Kanemori)

Illustration

 

 

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A UNE JEUNE FILLE (Emile Lante)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



A UNE JEUNE FILLE

Le charme de vos yeux est chose si fragile,
Qu’un regard, s’attardant à fixer leur douceur,
Pourrait en profaner l’intimité tranquille
Et flétrir d’un désir leur exquise candeur ;

Vos yeux ignorent tout… Les éveils de la brise
N’ont jamais alangui l’or léger de vos cils :
Dans leur rayonnement, jamais ne s’imprécise
Le nostalgique émoi des jours troublants d’avril ;

Vos yeux ne cherchent pas les tiédeurs amoureuses
Dont s’énerve l’air bleu des jardins de printemps ;
Le soir, le sommeil de vos prunelles songeuses
Ne sait que la blancheur des blancs rêves d’enfant…

Oh ! conservez longtemps vos paupières baissées
Aux sourires menteurs, à la vie, aux passants ;
D’avoir levé les yeux, bientôt l’âme est lassée.
Ignorez ; de savoir on souffre, on souffre tant…

(Emile Lante)

Illustration: Leslie Adams

 

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