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Posts Tagged ‘sonnailles’

J’entends le loriot, sa voix toujours chagrine (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



 

J’entends le loriot, sa voix toujours chagrine,
Je salue le déclin de cet été superbe,
La faucille en sifflant comme un serpent
Tranche l’épi serré contre un autre épi.
Les belles filles moissonnent, et leurs jupes
Volent au vent comme des drapeaux de fête.
Il faudrait maintenant un bruit de sonnailles,
Un long regard sous des cils pleins de poussière.
Je n’attends ni caresses, ni mots doux.
Je pressens des ténèbres sans retour.
Mais viens revoir ce paradis : ensemble,
Nous y étions heureux et innocents.

(Anna Akhmatova)

 

 

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La grande fugue (Ghyslaine Leloup)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



La grande fugue

La lumière
Une poignée d’oiseaux
Tout ruisselle

Du feu crissant des genêts
Ricochent des tremblements de soleil

Clartés prolongées dans les sonnailles

Marguerites libérées des prophéties
Tout se tait qui ne soit oiseaux ou grillons

Plus rien ne pèse pas même les pensées

Peur abandonnée dans les bois sombres
Débris de nuit enfermés dans la neige

Séisme lent dans le parfum sourd des narcisses

C’est le grand corps de la terre
Gorgée d’eau vaillante et d’astre tiède

Un homme une femme
Une coulée d’ombellifères
Ils avancent

Souverains

(Ghyslaine Leloup)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Imprescriptible (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Imprescriptible

L’immersion en ta beauté,
les noces des fleurs, les rengaines des passereaux,
les rires des enfants, les sonnailles des chevaux,
les geignements des chars, la senteur du foin…

Et dans l’entrebâillement des frondaisons,
un échantillon d’azur traversé par la course des nuages
dont l’incandescence s’éparpille
au fond de mon coeur comme des pétales.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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JARDIN VERT… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



rosiers-grimpants-1

JARDIN VERT…

Jardin vert où les palmiers
Ont l’air d’étrangers
De passage.

Les sonnailles du troupeau bercent
La quiétude du paysage
Étouffent
La rumeur qui dort en chaque image.

Quelqu’un dit :
« Ici, naguère, il y eut des rosiers » –
Alors les heures
S’éloignent étrangères,
Comme si le temps n’était fait que de retards.

***

JARDIM VERDE…

Jardim verde onde as palmearas
Têm um ar de estrangeiras
De passagem.

O chocalhar do gado embala
A quietude da paisagem
E cala
O rumor que dorme em cada imagem.

Alguém diz :
« Aqui antigamente houve roseiras » —
Então as horas
Afastam-se estrangeiras,
Como se o tempo fosse feíto de demoras.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration

 

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SOUS LES PEUPLIERS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2016



SOUS LES PEUPLIERS

Tels de hiératiques bardes prisonniers,
les peupliers de sang se sont endormis.
Ruminent des arias herbues au soleil chu,
sur les tertres, les troupeaux de Bethléem.

Le vieux berger, aux derniers
martyres de la lumière, ébranlé,
dans ses yeux pascals, a cueilli
une chaste traînée d’astres.

Labouré en orphelinage l’instant tombe
accompagné des bruits de l’enterrement, au champ orant
les sonnailles d’ombre se détrempent.

Survit l’azur tramé de fer,
en lui, infulées les pupilles,
pousse des hurlements pastoraux un chien.

***

BAJO LOS ÁLAMOS

Cual hieráticos bardos prisioneros,
los álamos de sangre se han dormido.
Rumian arias de yerba al sol caído,
las greyes de Belén en los oteros.

El anciano pastor, a los postreros
martirios de la luz estremecido,
en sus pascuales ojos ha cogido
una casta manada de luceros.

Labrado en orfandad baja el instante
con rumores de entierro, al campo orante
y se otoñan de sombra las esquilas.

Supervive el azul urdido en hierro,
y en él, amortajadas las pupilas,
tranza su aullido pastoral un perro.

(César Vallejo)

 

 

 

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La vie naît durement de la vie (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



La vie naît durement de la vie.
Aller de l’autre côté auprès de ceux qu’on aime
semble être l’affaire du corps et le corps se sait ici.
Au-devant de lui les mains sont mangées par la lumière
mais les pieds marchent toujours dans l’herbe usée.
Ou peut-être avons-nous passé le pont sans le voir
et maintenant entre nous et les sonnailles et les fleurs
il n’y a plus de distance.
La légère buée du souffle n’obscurcit aucune vitre.
Sauf encore celle du coeur.

(Heather Dohollau)

Illustration: Carrie Vielle

 

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L’unité ou la déchirure (Françoise Hàn)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2016



L’unité ou la déchirure

Dans l’opaque
il y a aussi des paroles intelligibles
des cristaux des sonnailles
des équations pareilles à des lingots d’or
justes et pleines
et tout brille à l’intérieur
des tourbillons de mondes non déployés
des myriades de tintements
serrés l’un contre l’autre

(Françoise Hàn)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

 

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MYCÈNES (Pascal Riou)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2016



MYCÈNES

Bourdon sur les asphodèles,
dans le vide repose le roi.
Vers lui-même s’en vient l’espace
terrasses de la lumière, blé,
chant des sonnailles,
ô mon odeur de montagne en fleur
seul, par moments, dans la vie sans fin.

(Pascal Riou)

 

 

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Voix qui revenez (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015



Voix qui revenez

Voix qui revenez, bercez-nous, berceuses voix :
Refrains exténués de choses en allées,
Et sonnailles de mule au détour des allées,
Voix qui revenez, bercez-nous, berceuses voix.
Flacons, et vous, grisez-nous, flacons d’autrefois :

Senteurs en des moissons de toisons recélées,
Chairs d’ambre, chairs de musc, bouches de giroflées.
Flacons, ô vous, grisez-nous, flacons d’autrefois.

En ce matin d’hiver et d’ombre, l’alouette,
En ce matin d’hiver, l’alouette est muette.
Voix qui revenez, bercez-nous, berceuses voix.
Les lys sont coupés dans le jardin, et les roses,
Et les iris au bord des eaux, des eaux moroses.
Flacons, ô vous, grisez-nous, flacons d’autrefois.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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