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Posts Tagged ‘sonner’

Le guitariste cesse de jouer (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2022



 

guitariste

Sous le pont
le guitariste cesse de jouer,
son téléphone sonne.

(Anne Tardy)

Illustration

 

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LES CADRANS (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

cadran horloge

LES CADRANS

Les cadrans ronds des vieilles tours
Ont pour cils d’or les douze signes
Que les aiguilles, tour à tour,
Du bout de leurs pointes désignent.

Les cadrans d’or dont les yeux ronds
Clignent des heures pacifiques
Font d’une aiguille léthargique
Marcher le temps qui semble long.

Et l’on ne sait pour quelles gens
Le cadran cligne encore et sonne ?
Les gens sont morts depuis longtemps :
Il sonne l’heure pour personne.

(Franz Hellens)

Illustration

 

 

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Je renais à Toi chaque matin (Cù Huy Cân)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022


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Je renais à toi chaque matin
Et je regarde, émerveillé, la vie avec ton regard.
Je marche sur les bords de ta mer profonde
Et je rentre au plus profond de moi-même
En suivant ton sillage. Nos deux destinées jumelles
Auront été deux vagues mêlées
Sur la grande Mer.
Nous écroulerons-nous en touchant les rivages ?
Je m’adosse aux bords de ton soir
Pour t’aimer dans tes racines
Pour avoir ta rose et tes épines.
Je renais à toi chaque matin.
Tu es mon aube et mon aurore,
Mon horizon fuyant et ma fixe horloge
Qui sonne gravement les heures de mon destin.
Saveur du jour, saveur de la nuit.
Tu es, mon amour, saveur de sève et de fruit
Que je hume et qui assouvit ma gourmandise.

(Cù Huy Cân)

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Frissons (Émile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2022




    
Frissons

Aux becs de gaz éteints, la nuit, en la maison,
Ils prolongent souvent des plaintes éternelles;
Et sans que nous puissions dans leurs glauques prunelles
En sonder la sinistre et mystique raison.

Parfois, leur dos aussi secoue un long frisson;
Leur poil vif se hérisse à des jets d’étincelles
Vers les minuits affreux d’horloges solennelles
Qu’il écoutent sonner de bizarre façon.

(Émile Nelligan)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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TOMBES DE SOLDATS (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



TOMBES DE SOLDATS

Près des tombes vertes de lierre
Des soldats tués à la guerre,
Des enfants jouent au cimetière.

Des enfants aux sabres de bois
Jouent naïvement aux soldats
Et font les morts couchés en tas.

Sans un regard pour ces guerriers,
Des moutons broutent dans le pré
Comme toujours ils ont brouté.

L’heure sonne, lente à la tour.
Un chien aboie dans une cour.
Un paysan, au loin, laboure.

(Maurice Carême)

Illustration: Jules Jacques Veyrassat

 

 

 

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L’Enterrement (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2022



Illustration: Adolphe Leleux  
    
L’Enterrement

Il y a six hommes pour porter la bière :
un mort, c’est plus lourd qu’un
vivant; le cortège va lentement
sur le chemin du cimetière.

Lorsque le pasteur a eu fini la prière,
le mort était sorti, les femmes étaient sorties aussi,
les femmes s’étaient mises à pleurer.
On avait voulu les consoler,
mais elles n’en pleuraient que plus fort,
à cause du mort,
dans les escaliers.

Il y a six hommes pour porter la bière;
un mort, c’est plus lourd qu’un vivant;
le cortège va lentement
sur le chemin du cimetière.

C’est un vieux. N’est-ce pas ? les vieux
qui passent leur temps au coin de leur feu,
ça doit s’attendre à s’en aller,
mais c’est dur quand même, et c’est dur pour eux,
et c’est dur aussi pour la femme.

A présent il pleut, il fait de la boue,
on est arrivé, le trou est creusé,
le fossoyeur est à côté,
les gens se sont découverts,
on met le cercueil sur la fosse,
le cercueil descend, les cordes grincent,
la terre en tombant sonne creux,

et les gens s’en vont se mouchant,
avec leurs mouchoirs sur les yeux,
parce que, de voir ça, çа remue.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Dimanche Soir (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022



Illustration
    
Dimanche Soir

On commence à danser, les filles rient,
les gros souliers vont battant la mesure,
et l’accordéon assis sur la table presse
et distend tour à tour ses soufflets aigres.

C’est l’heure où le soleil se couche,
la lune est ronde, l’air est bleu;
on dirait qu’une poussière d’étoiles
monte des champs avec 1a nuit.

Les cloches du dimanche ont sonné ce matin,
les cloches se sont tues,
mais il y a comme un souvenir qui reste d’elles
dans le balancement des arbres du jardin;
et les gens sur le seuil de leurs maisons regardent,
heureux de voir grandir la lune
à la cime des peupliers.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Premier Matin (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022




    
Premier Matin

L’horloge a sonné quatre coups,
l’horloge sonne le réveil;
la rosée tombe et déjà l’aube cède à l’aurore.
L’aurore agite ses mains roses;
les fenêtres des étables
qui s’allument une une
ont de grandes ombres qui passent
à leurs croisées,
et les cheminées des cuisines fument.
Des sabots claquent sur les pavés,
un merle siffle dans les noyers
et, par les portes entr’ouvertes,
on entend le souffle des vaches,
le mouvement de leurs mâchoires
le bruit des chaînes contre le râtelier.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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SOMETHING’S COMING – WEST SIDE STORY (West Side Story)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2021




    

SOMETHING’S COMING – WEST SIDE STORY

C’est possible !
Qui sait ?
Quelque chose va se passer d’un jour à l’autre
Je le saurai tout de suite,

Dès que ça arrivera.
Cela pourrait arriver comme un boulet de canon tombé du ciel,
Une lueur dans l’œil,
Éclatant comme une rose !

Qui sait ?
C’est peut-être tout près,
Dans le quartier, sur la plage,
Sous un arbre.
J’ai le sentiment qu’un miracle,
Va arriver
Se révéler !

Serait-ce possible ? Oui c’est possible.
Quelque chose va se passer, quelque chose de bien,
Si je ne suis pas impatient !

Quelque chose va se passer, je ne sais pas quoi,
Mais ce
Sera splendide !

En un clic, en un choc,
Un téléphone sonnera, on tapera à la porte,
Laisse le verrou ouvert !
Quelque chose va se passer, je ne sais pas quand, mais ce sera bientôt ;
Décrocher la lune,
Avec une seule main !

Au coin de la rue,

Cela arrivera-t-il ? Oui, cela va arriver.
Peut-être même sans rien faire,

C’est bientôt l’heure !
Viens, petit quelque chose, viens, ne sois pas timide,
Va voir un mec,
Tire une chaise !
Il y a une mélodie dans l’air,
Et quelque chose de grand arrive !
Qui sait ?
C’est peut-être tout près,
Dans le quartier, sur la plage,
C’est peut-être pour ce soir…

***

WEST SIDE STORY – SOMETHING’S COMING

Could be!
Who knows?
There’s something due any day;
I will know right away,
Soon as it shows.

It may come cannonballing down through the sky,
Gleam in its eye,
Bright as a rose!

Who knows?
It’s only just out of reach,
Down the block, on a beach,
Under a tree.
I got a feeling there’s a miracle due,
Gonna come true,
Coming to me!

Could it be? Yes, it could.
Something’s coming, something good,
If I can wait!
Something’s coming, I don’t know what it is,
But it is
Gonna be great!

With a click, with a shock,
Phone’ll jingle, door’ll knock,
Open the latch!
Something’s coming, don’t know when, but it’s soon;
Catch the moon,
One-handed catch!

Around the corner,
Or whistling down the river,
Come on, deliver
To me!
Will it be? Yes, it will.
Maybe just by holding still,
It’ll be there!

Come on, something, come on in, don’t be shy,

Meet a guy,
Pull up a chair!
The air is humming,
And something great is coming!
Who knows?
It’s only just out of reach,
Down the block, on a beach,
Maybe tonight . . .

(West Side Story)

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Est-il possible que le vide soit plein (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2021




on aimerait voir passer un dieu mort
enfin quelqu’un pas seulement un nom
mais rien ne glisse au fil du temps

l’inexistence est parfois si présente
est-il possible que le vide soit plein
que son creux sonne en plein dedans

(Bernard Noël)

 

 

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