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Poésie

Posts Tagged ‘sonner’

Frère Jacques (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Frère Jacques, frère Jacques
Dormez-vous, dormez-vous ?
Sonnez les mâtines, sonnez les mâtines,
Ding, ding, dong, ding, ding, dong.

(Anonyme)

Illustration

 

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Paysage d’automne (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017



Illustration: Maurice de Vlaminck
    
Paysage d’automne

C’est un paysage d’automne
Avec son ciel maussade et lourd,
Ses enfants vêtus de velours
Et ses cloches noires qui sonnent.

C’est un paysage d’automne
Avec ses bruyants vendangeurs,
Avec ses paysans songeurs
Et ses grands arbres qui frissonnent.

C’est un paysage d’automne
Avec ses filles de vingt ans,
Ses filles qui s’en vont chantant
Des chansonnettes monotones.

C’est un paysage d’automne
Et c’est un pauvre coeur d’amant
Qui craque lamentablement
Comme les pauvres feuilles jaunes.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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DÉJÀ ! (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017



Illustration: Edvard Munch
    
DÉJÀ !

Hé quoi ?… Déjà ?… Amour léger comme tu passes !
A peine avons-nous eu le temps de les croiser
Que mutuellement nos mains se désenlacent.
Je songe à la bonté que n’a plus le baiser.

Un jour partira donc ta main apprivoisée !
Tes yeux ne seront plus les yeux dont on s’approche.
D’autres auront ton coeur et ta tête posée.
Je ne serai plus là pour t’en faire un reproche.

Quoi ? sans moi, quelque part, ton front continuera !
Ton geste volera, ton rire aura sonné,
Le mal et les chagrins renaîtront sous tes pas ;
Je ne serai plus là pour te le pardonner.

Sera-t-il donc possible au jour qui nous éclaire,
A la nuit qui nous berce, à l’aube qui nous rit,
De me continuer leur aumône éphémère,
Sans que tu sois du jour, de l’aube et de la nuit ?

Sera-t-il donc possible, hélas, qu’on te ravisse,
Chaleur de mon repos qui ne me vient que d’elle !
Tandis que, loin de moi, son sang avec délice
Continuera son bruit à sa tempe fidèle.

La voilà donc finie alors la course folle ?
Et tu n’appuieras plus jamais, sur ma poitrine,
Ton front inconsolé à mon coeur qui console,
Rosine, ma Rosine, ah ! Rosine, Rosine !

Voici venir, rampant vers moi comme une mer,
Le silence, le grand silence sans pardon.
Il a gagné mon seuil, il va gagner ma chair.
D’un coeur inanimé, hélas, que fera-t-on ?

Eh bien, respire ailleurs, visage évanoui !
J’accepte. A ce signal séparons-nous ensemble…
Me voici seul ; l’hiver là… c’est bien… Nuit.
Froid. Solitude… Amour léger comme tu trembles !

(Henry Bataille)

 

Recueil: Le Beau Voyage

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Les amitiés (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



Les amitiés

Mes yeux sont fatigués de lire.
Mon cœur est triste et mon corps las.
J’attends quelqu’un qui ne vient pas…
J’aurais besoin d’un clair sourire.

J’écoute le vent froid bruire.
Une cloche sonne, là-bas.
Si j’entendais monter des pas !…
J’aurais tant de choses à dire !

Je pense aux chères amitiés,
Aux réconfortantes pitiés,
Aux regards, aux doux mots des femmes…

Elles seules savent guérir
Les langueurs des corps et des âmes,
Rien qu’à nous regarder souffrir…

(Albert Lozeau)

Illustration: Bernard Rolland

 

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Il n’y a que les idiots (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2017



Illustration: Hieronymus Bosch
    
N’eus ket met ar genaoueien
Kement a hij o gwenneien.

Il n’y a que les idiots
Qui font sonner leurs sous
dans leurs poches.

(Aphorismes Bretons)

 

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Que n’osent-ils goûter la langue bleue du ciel ? (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Que n’osent-ils goûter la langue bleue du ciel ?

La bouche en cœur, à chatouiller des clairs de lune,
Va siroter le lait des aubes, gare, gare,
Des sphinx tête de mort sont issus de l’écume
De leurs regards,

La nuit portée sur les épaules de leurs ombres,
Aux bovines fadeurs, dont les pas sont des âges
(Serpents, sonnez le vide à leurs gestes qui sombrent).
Aux branchages sèches ressemblent les sauvages,

Seuls, qui dans la détresse des vents se décrassent
Et dans les fumants sacrilèges débandés
(Serpents, sonnez le vide !) et sous leurs carapaces,
Les morts, méditatifs comme des scarabées,

Que n’osent-ils goûter la langue bleue du ciel !

(Olivier Larronde)

Illustration: Misha Gordin

 

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Courante (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

 

Illustration: Pierre Corratgé
    
Courante

Mon coeur est lourd comme un caillou;
Le vent souffle on ne sait d’où
Piquant comme un buisson de houx;
Au bord de l’étang qui frissonne,
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Soleil couchant sur un champ d’orge,
Il est rouge autant qu’une forge
Mon coeur brûlant dedans ma gorge
Et qui, telle une enclume, sonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Fleurant la mousse et la bourdaine,
J’ai mis ma jupe de futaine
Et chaussé mes sabots d’ébène.
Au vent âpre qui tourbillonne
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Mon coeur est lourd! Ma gorgerette
Est de fin chanvre, ma cornette
D’indienne, mon épinette
Du Val d’Ajol vibre et résonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Las, mé! mon corps est en lambeaux
Aussi pantelant que l’agneau
Qu’un loup déchire en son liteau,
Car mon bon ami m’abandonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

(Marie Dauguet)

 

 

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Chanson pour Fougère (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017



Illustration: Tamara Lunginovic
    
Chanson pour Fougère

Que sais-tu des plus simples choses
Les jours sont des soleils grimés
De quoi la nuit rêvent les roses
Tous les feux s’en vont en fumée
Que sais-tu du malheur d’aimer

Je t’ai cherchée au bout des chambres
Où la lampe était allumée
Nos pas n’y sonnaient pas ensemble
Ni nos bras sur nous refermés
Que sais-tu du malheur d’aimer

Je t’ai cherchée à la fenêtre
Les parcs en vain sont parfumés
Où peux-tu où peux-tu bien être
A quoi bon vivre au mois de mai
Que sais-tu du malheur d’aimer

Que sais-tu de la longue attente
Et ne vivre qu’à te nommer
Dieu toujours même et différente
Et de toi moi seul à blâmer
Que sais-tu du malheur d’aimer

Que je m’oublie et je demeure
Comme le rameur sans ramer
Sais-tu ce qu’il est long qu’on meure
A s’écouter se consumer
Connais-tu le malheur d’aimer

(Louis Aragon)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Poème du Fou (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Poème du Fou (fagus: ancien du hêtre)

1
toi
qu’on appelait fou
hêtre

dont le nom
sonne
comme
l’être
nous sommes frères
car je suis
aussi
fou
que
toi

2
hêtre de l’hiver
dans le vent aigre
et bougonneur

penché
du côté
ascendant

être mien
dans les bois
qui penche du côté
du fou
du côté
ascendant

3
avec pour compagnon
le hêtre
— hors
la raison —
dans un pays
plus grand

plus grand
ô oui
où je ne rencontre
personne
que ces élans
de sève

4
fou qui s’incline
devant quel maître ?
fou dans la clarté
du matin
fou sous la pluie

jusqu’aux limites
où l’on ne voit
plus
les fumées
des maisons
humaines

5
gesticulant
sur ce chemin
sacrant
chantant

ah mes compagnons
les hêtres
me regardant
aller vers eux

6
j’écoute leur
murmure de
fou

leur babil de
feuilles
sur la route
des vents

leur chant
océanique

7
fous et fougères
autour
de moi

quelle terre haute
quel ciel ardent
émergent

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Quand Je Menais Les Chevaux Boire (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Edmund Blair Leighton

    
Quand Je Menais Les Chevaux Boire

Quand je menai mes chevaux boire
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Quand je menai mes chevaux boire
J’entendis le coucou chanter (bis)

Il me disait dans son langage
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Il me disait dans son langage
« Ta bien aimée vont l’enterrer » (bis)

Ah! Que dis-tu méchante bête?
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Ah! Que dis-tu méchante bête?
J’étais près d’elle hier au soir (bis)

Mais quand je fus dedans la lande
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Mais quand je fus dedans la lande
J’entendis les cloches sonner (bis)

Mais quand je fus dedans l’église
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Mais quand je fus dedans l’église
J’entendis les prêtres chanter (bis)

Donnai du pied dedans la chasse
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Donnai du pied dedans la chasse
Réveillez-vous, si vous dormez (bis)

Non, je ne dors ni ne sommeille
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Non, je ne dors ni ne sommeille
Je vous attends dedans l’enfer (bis)

Vois ma bouche est pleine de terre
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Vois ma bouche est pleine de terre
Et la tienne est pleine d’amour (bis)

Auprès de moi reste une place
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Auprès de moi reste une place
Et c’est pour toi qu’on l’a gardée (bis)

Quand je menai mes chevaux boire
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Quand je menai mes chevaux boire
J’entendis le coucou chanter.

(Anonyme)

 

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