Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sonore’

Mon ciel est jonché de cactus fanés (Mahamoud M’Saidie)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Mon ciel est jonché de cactus fanés, mais
je rêve de grands palais sonores.

(Mahamoud M’Saidie)

Illustration


Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

L’automne bientôt (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2021



    

L’automne bientôt
avec ce qu’il met au cœur
de si désolant.
Quand sur les petits bambous
la pluie devient plus sonore.

(Ryôkan)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Ô pruniers en fleur
Traduction: A.L. Colas
Editions: Folio

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANT D’UN FANTASSIN (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



 

Illustration: Erich Heckel
    
CHANT D’UN FANTASSIN
À André Bacqué

Je voudrais être un vieillard
Que j’ai vu sur une route ;
Assis par terre au soleil
Il cassait des cailloux blancs
Entre ses jambes ouvertes.
On ne lui demandait rien
Que son travail solitaire.
Quand midi flambait les blés,
Il mangeait son pain à l’ombre.

*

Je connais, dans un ravin
Obstrué par les feuillages,
Une carrière ignorée
Où nul sentier ne conduit.
La lumière y est furtive
Et aussi la douce pluie ;
Et un seul oiseau parfois
Interroge le silence.
C’est une blessure ancienne,
Étroite, courbe et profonde
Oubliée même du ciel ;
Sous la viorne et sous la ronce
J’y voudrais vivre blotti.

*

Je voudrais être l’aveugle
Sous le porche de l’église :
Dans sa nuit sonore il chante !
Il accueille tout entier
Le temps qui circule en lui
Comme un air pur sous des voûtes.
Car il est l’heureuse épave
Tirée hors du morne fleuve
Qui ne peut plus la rouler
Dans sa haine et dans sa fange.

*
Je voudrais avoir été
Le premier soldat tombé
Le premier jour de la guerre.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

MARINE (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



MARINE

L’océan sonore
Palpite sous l’oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs
Parmi les récifs,
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre
Rugit le tonnerre
Formidablement.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Je fais souvent ce rêve (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020


Malinowski_Bain d'Or-650

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

(Paul Verlaine)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Ta maison est sonore à midi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Alexander Nedzvetskaya 5565

Ta maison est sonore à midi comme un train
la casserole chante et la guêpe bourdonne,
la cascade nous dit ce qu’a fait la rosée,
et ton rire déploie ses trilles de palmier.
La lumière du mur, bleue, parle avec la pierre,
sifflant comme un berger arrive un télégramme,
voici, entre les deux figuiers à la voix verte,
que monte Homère avec ses souliers de mystère.
C’est ici que la ville a perdu voix et pleurs,
l’infini, la sonate, et ses lèvres, et sa trompe,
mais gardé son discours de cascade et de lions,
et toi qui montes, chantes, et qui cours, vas, descends,
et plantes, couds, cuisines, écris, cloues, et reviens,
si tu t’en vas, c’est que l’hiver a commencé.

***

Tu casa suena como un tren a mediodía,
zumban las avispas, cantan las cacerolas,
la cascada enumera los hechos del rocío,
tu risa desarrolla su trino de palmera.
La luz azul del muro conversa con la piedra,
llega como un pastor silbando un telegrama
y, entre las dos higueras de voz verde,
Homero sube con zapatos sigilosos.
Sólo aquí la ciudad no tiene voz ni llanto,
ni sinfín, ni sonatas, ni labios, ni bocina,
sino un discurso de cascada y de leones,
y tú que subes, cantas, corres, caminas, bajas,
plantas, coses, cocinas, clavas, escribes, vuelves,
o te has ido y se sabe que comenzó el invierno.

(Pablo Neruda)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’arbre (Rina Lasnier)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020




    
L’arbre

J’avais un grand arbre vert
Où nichait mon enfance ailée,
Un arbre grand troué de lumière
Qui remplissait le haut de mon âme.

J’avais de douces branches vertes
Où chantait mon enfance triste,
Des branches vertes et sonores
Qui répétaient les chagrins de mon âme.

J’avais mille feuilles vertes
Où palpitait l’élan de mon enfance,
Des feuilles lisses et captives
Comme les oiseaux de mon âme.

J’avais un grand arbre vert
Où se dénouait la fleur de mon enfance,
Pour quel printemps, pour quelle abeille ?
Pour quelle joie, pour quelle souffrance ?

(Rina Lasnier)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un petit coup au carreau (Marcel Proust)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020


 

Un petit coup au carreau, comme si quelque chose avait heurté,
suivi d’une ample chute, légère comme des grains de sable
qu’on eut laissés tomber d’une fenêtre au-dessus,
puis la chute s’étendant, se réglant, adoptant un rythme,
devenant fluide, sonore, musicale, innombrable, universelle :
c’était la pluie.

(Marcel Proust)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu fais jaillir (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



tu fais jaillir ? jambe ? floraison
de poissons sources mil et millets
d’accords obscurs plus claire et sonore
que les rayonnements qui t’abreuvent

flanc parfait comme une paume ouverte
prairie en herbe de lune neuve
un plein carré de lande splendide
lorsque la mer change de cheval

(Bernard Manciet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mes yeux désarmés demandent Grâce (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2019



Illustration: Robert Cattan
    
Mes yeux désarmés demandent
Grâce. Mais que faire alors
Que devant moi on prononce
Le nom bref et si sonore ?

Je marche dans la campagne,
Le long des tas de rondins ;
Le vent printanier est libre
De souffler où il veut bien,

Et mon coeur languide entend
Que là-bas – secret supplice ! –
Mon ami vit et respire
Et ose n’être pas triste.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :