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Posts Tagged ‘sorbier’

J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Le dormeur du sorbier (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Le dormeur du sorbier
Gorgé de terre autant qu’un rêve peut le savoir,
Gorgé de rêve autant qu’un arbre peut l’endurer,
Envoie chanter l’oiseau dans les airs,
Gorgé de vie autant qu’un chant peut le crier,
Mais le chant déborde,
Car pressant sur la profonde racine de l’arbre,
Encore souterrain et informe, pèse le monde.
Le monde envahissant doit briser le rêve,
Si lourd est le poids du ciel,
Si violent le cours de l’eau,
Si vastes les collines qui pourraient naître,
Par-delà le langage de l’oiseau
La voix de la montagne qui pourrait chanter,
Le monde sauvage qui pourrait devenir l’homme :
Le rêve a débordé l’arbre.

***

The sleeper of the rowan tree
As full of earth as dream can know,
As full of dream as tree can bear
Sends the bird singing in the air
As full of world as song can cry,
And yet the song is overflowed,
For pressing at the tree’s deep root
Still underground, unformed, is world.
The invading world must break the dream
So heavy is the weight of sky,
So violent the water’s flow
So vast the hills that would be born,
Beyond the utterance of bird
The mountain voice that would be sung,
The world of wild that would be man:
The dream has overflowed the tree.

(Kathleen Raine)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Tu es devenu ton rêve (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




Nous qui de jour en jour
Quittons le pays du coeur
Morts nous retournons
Aux champs où nous avons marché, semé nos larmes :
Dormeur à l’ombre du sorbier,
Tu es devenu ton rêve,
Ciel, sable, et mer illuminée

***

We who from day to day depart
From the country of the heart
In death return
To the fields our feet have travelled, our tears sown:
Sleeper beneath the rowan-tree,
You have become your dream,
Sky, shore, and silver sea.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Oh n’éveille pas (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Oh n’éveille pas, oh n’éveille pas
Le dormeur à l’ombre du sorbier,
Les montagnes se reposent au creux de sa pensée,
Les nuages passent dans son cerveau,
Les neiges tombent sur ses paupières,

Les vents sifflent dans son chant,
La nuit s’amasse autour de sa racine,
Les étoiles fleurissent dans sa couronne,
L’orage du dehors au fond de lui s’apaise,
Le monde se repose dans son rêve.

***

Oh do not wake, oh do not wake
The sleeper in the rowan’s shade,
Mountains rest within his thought,
Clouds are drifting in his brain,
Snows upon his eyelids fall,
Winds are piping in his song,
Night is gathered at his root,
Stars are blossoming in his crown,
Storm without finds peace within,
World is resting in his dream.

(Kathleen Raine)

Illustration: Pierre-Narcisse Guérin

 

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J’ai soif de ta fraîcheur (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
J’ai soif de ta fraîcheur

Il faut que l’étang soit très pur
Pour que le Cerf vienne y boire
J’ai soif de ta fraîcheur Elvire
Fais le Cerf boire à ton eau

Ah vois un décor de forêt
Au feu frais des chênes matinaux
Écoute un souffle pour l’orée
Ou mouvement de vapeur après le ciel

Que me chasses-tu de ta pensée
Ou de ton corps ouvert comme vallée
Au Cerf donne rivière et pâturage
Toi qui cédas à d’autres sans nul gage

Le pin le chemin peuvent luire
Ils n’ont la moire de ta joue
Le rhododendron est moins rouge que ta bouche
Le sorbier moins rose au front que ton désir

J’ai soif de ta fraîcheur Elvire
Et de ton cœur d’avril sans nul partage
Fais-le brûler en moi contre le pire
Dans l’éblouissement de l’Idée à l’aube

(Jacques Chessex)

 

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Les bourrasques de vent de neige (Béatrice Marchal)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



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Les bourrasques de vent de neige
ont laissé sur les crêtes
de rares sorbiers rabougris
penchant leurs grappes pâles
au-dessus du vide courbés pliés
comme pour retenir
dans une imploration sans fin
on ne sait quel amour.

(Béatrice Marchal)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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Le petit bois d’or (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration
    
Le petit bois d’or a cessé de bruire
en son gai sabir, son sabir de bouleau,
et les tristes grues qui passent dans le ciel
ne savent déjà plus où porter leurs regrets.

Qui regretter ? Chacun n’est-il pas errant sur terre,
va, vient, puis quitte à nouveau la maison.
Ores sur les défunts pleurent la chènevière
et la lune ronde au-dessus de l’étang bleu.

Je suis seul au milieu de la plaine nue
où le vent emporte au loin les grues,
hanté de souvenirs d’une enfance joyeuse
— du passé néanmoins je n’ai aucun regret.

Je ne regrette ni les années perdues,
ni de mon âme le thyrse fané.
Quoique s’embrase au jardin le sorbier
il ne réchauffera jamais personne.

Ni ne mourra l’herbe d’avoir jauni,
ni ne se oonsumeront les grappes du sorbier.
Tel l’arbre en silence laisse choir ses feuilles,
ainsi laissé je choir les mots d’une chanson triste.

Et si le temps, armé du balai des vents,
les ratisse un jour en mottes inutiles,
dites alors… que le petit bois d’or
a cessé de bruire en son doux sabir.

***

(Sergueï Essénine)

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Viens nous-en… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration
    
Viens nous-en…

Viens nous-en aux pentes rudes
Où la bruyère fleurit,
Ecouter la solitude,
Le bris

De l’herbe sèche et la brume
S`égoutter des ajoncs morts;
Aux bouleaux mouillés qui fument
L’essor

Des geais fuyards, et cette aigre
Chanson vibrer du vent faux,
Promenant dans l’herbe maigre
Sa faux.

La rauque plainte s’étrangle
De l’eau sous les joncs fleuris,
D’où quelque vol en triangle
Surgit.

Ecoutons tomber les baies
Blettes au pied des sorbiers
Et pleurer la sourde plaie
De nos désirs prisonniers.

(Marie Dauguet)

 

 

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Ô CHAMPS plein de silence (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (54) [1280x768]

 

Ô CHAMPS plein de silence,
Où mon heureuse enfance
Avait des jours encor
Tout filés d’or!

Ô ma vieille Font-Georges,
Vers qui les rouges-gorges
Et le doux rossignol
Prenaient leur vol!

Maison blanche où la vigne
Tordait en longue ligne
Son feuillage qui boit
Les pleurs du toit!

Ô claire source froide,
Qu’ombrageait, vieux et roide,
Un noyer vigoureux
A moitié creux!

Sources! fraîches fontaines!
Qui, douces à mes peines
Frémissiez autrefois
Rien qu’à ma voix!

Bassin où les laveuses
Chantaient insoucieuses
En battant sur leur banc
Le linge blanc!

Ô sorbier centenaire,
Dont trois coups de tonnerre
Avaient laissé tout nu
Le front chenu!

Tonnelles et coudrettes,
Verdoyantes retraites
De peupliers mouvants
A tous les vents!

Ô vignes purpurines,
Dont, le long des collines,
Les ceps accumulés
Ployaient gonflés;

Où, l’automne venue,
La vendange mi-nue
A l’entour du pressoir
Dansait le soir!

Ô buissons d’églantines,
Jetant dans les ravines,
Comme un chêne le gland,
Leur fruit sanglant!

Murmurante oseraie,
Où le ramier s’effraie,
Saule au feuillage bleu,
Lointains en feu!

Rameaux lourds de cerises!
Moissonneuses surprises
A mi-jambe dans l’eau
Du clair ruisseau!

Antres, chemins, fontaines,
Âcres parfums et plaines,
Ombrages et rochers
Souvent cherchés!

Ruisseaux! forêts! silence!
Ô mes amours d’enfance!
Mon âme, sans témoins,
Vous aime moins

Que ce jardin morose
Sans verdure et sans rose
Et ces sombres massifs
D’antiques ifs,

Et ce chemin de sable,
Où j’eus l’heur ineffable,
Pour la première fois,
D’ouï sa voix!

Où rêveuse, l’amie
Doucement obéie,
S’appuyant à mon bras,
Parlait tout bas,

Pensive et recueillie,
Et d’une fleur cueillie
Brisant le cœur discret
D’un doigt distrait,

A l’heure où les étoiles
Frissonnant sous leurs voiles
Brodent le ciel changeant
De fleurs d’argent.

(Théodore de Banville)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Chanson (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



Chanson

Un sorbier comme une fille avec du rouge aux lèvres
Entre la petite et la grande route
Les aulnes mouillés et ruisselants
Se tiennent à distance parmi les joncs.

Il y a les humbles fleurs du dialecte
Et les immortelles de l’accent parfait
Et cet instant où l’oiseau chante tout proche
De la musique des événements.

***

A rowan like a lipsticked girl.
Between the by-road and the main road
Alder trees at a wet and dripping distance
Stand off among the rushes.

There are the mud-flowers of dialect
And the immortelles of perfect pitch
And that moment when the bird sings very close
To the music of what happens.

(Seamus Heaney)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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