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Posts Tagged ‘s’oublier’

SOLEIL CACHÉ (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



SOLEIL CACHÉ

L’oiseau n’est plus l’oiseau, le trait de chair
Ailé, mais un effleurement en haut du monde.
Le mont n’est plus le mont, c’est le voile d’un songe.
Les yeux fermés je tente un rêve sans contour
Où vapeur l’âme vit sans vivre dans le jour,
Et s’oublie à travers un brouillard de visages.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Odilon Redon

 

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Un billet de femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Max Gasparini -   (19) [1280x768]

Un billet de femme

Puisque c’est toi qui veux nouer encore
Notre lien,
Puisque c’est toi dont le regret m’implore,
Ecoute bien :

Les longs serments, rêves trempés de charmes,
Ecrits et lus,
Comme Dieu veut qu’ils soient payés de larmes,
N’en écris plus !

Puisque la plaine après l’ombre ou l’orage
Rit au soleil,
Séchons nos yeux et reprenons courage,
Le front vermeil.

Ta voix, c’est vrai ! Se lève encor chérie
Sur mon chemin ;
Mais ne dis plus :  » A toujours !  » je t’en prie ;
Dis :  » A demain !  »

Nos jours lointains glissés purs et suaves,
Nos jours en fleurs ;
Nos jours blessés dans l’anneau des esclaves,
Pesants de pleurs ;

De ces tableaux dont la raison soupire
Ôtons nos yeux,
Comme l’enfant qui s’oublie et respire,
La vue aux cieux !

Si c’est ainsi qu’une seconde vie
Peut se rouvrir,
Pour s’écouler sous une autre asservie,
Sans trop souffrir,

Par ce billet, parole de mon âme,
Qui va vers toi,
Ce soir, où veille et te rêve une femme,
Viens ! Et prends-moi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Max Gasparini

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UN CIEL ÉTRANGER (Kôichi Lijima)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



 

UN CIEL ÉTRANGER
TANIN NO SORA

Les oiseaux sont revenus.
Ils ont picoré les fissures noires de la terre.
Ils ont monté, descendu,
Sur les toits inconnus.
On aurait dit qu’ils se sentaient perdus.

Le ciel, comme s’il avait mangé des pierres, s’est pris la tête dans les mains.
Il s’oublie dans ses pensées.
Puisqu’il n’a plus à couler
Le sang dans le ciel
Circule comme un étranger.

(Kôichi Lijima)

Illustration: Jean François Millet

 

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Fatigue des noms (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Henri Matisse    
    
Fatigue des noms

Si nous pouvions revenir au bois d’amour
où tous les noms s’oubliaient
ou pour le moins au jardin de nudités
où les noms s’inventèrent,
sûrement nous trouverions
un autre lieu pour les signes.

Ou si peut-être nous retournions
là où il n’y avait
ni substance ni nom pour rien,
prendrait fin cette fatigue inutile de tenter de
peindre l’infini.

Ici seulement nous pouvons
ne pas appeler les choses par leur nom
et appendre à les appeler
avec les gestes qui sortent des choses.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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A … (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




A …

Non, non je ne dois pas, je n’ose, je ne peux
Au trouble de l’amour céder avec folie.
Pour ménager ma paix, je suis très rigoureux
Et j’épargne à mon coeur qu’il brûle et qu’il s’oublie.
Aimer, c’est bien fini! Mais, par moments, pourquoi
N’accueillerais-je pas ce rêve qui ne dure
Que l’instant, par hasard, où passe devant moi
Une céleste, jeune et pure créature?…
Qui passe et disparaît,.. Vraiment ne puis-je pas
L’admirer en mêlant plaisir avec tristesse
Et suivre du regard en silence ses pas,
La bénir pour ma joie et pour mon allégresse,
Lui souhaiter un bien conforme à ses désirs,
Des loisirs sans soucis, paix et gaieté de l’âme,
Tout, même le bonheur pour qui va la choisir,
Aimable jeune fille, et la nommer sa femme?

(Alexandre Pouchkine)

 

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Quand je vois l’alouette (Bernard de Ventadour)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Quand je vois l’alouette agiter
De joie ses ailes face aux rayons,
S’oublier et se laisser choir
Dans la douceur qui au coeur lui vient,
Hélas ! une si grande envie me pénètre
De ce bonheur que je vois,
Que je tiens à miracle
Si mon coeur ne se consume pas de désir.

Hélas! Je croyais tant savoir
Sur l’amour et j’en sais si peu!
Car je ne peux me retenir d’aimer
Celle que je ne peux atteindre.
Elle a tout mon coeur, elle m’a tout entier,
Elle-même et tout l’univers.
Elle ne m’a rien laissé,
Sauf le désir et un coeur fou.

(Bernard de Ventadour)

Illustration

 

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COURANT (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




    
COURANT

Qui chemine
se trouble.

L’eau courante
ne voit pas les étoiles.

Qui chemine
s’oublie.

Qui s’arrête
songe.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Ni draps sur la face (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ni draps sur la face,
ni pierres tombales, personne
n’a disparu, les noms ne s’oublient pas,
les noms aimés,
tous iront se refondre
dans l’unanime, l’intarissable,
au présent de l’écoute.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Qui n’espère rien de ses espoirs (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018




    
qui n’espère rien de ses espoirs qui voudrait s’oublier qui souffre en cristal

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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L’insu se tait (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018




    
l’insu se tait l’inconnu se voile l’étonnement s’oublie. noeud sur
le chemin de la découverte déraison du monde en joue vieillir.
mal étrange

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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