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Poésie

Posts Tagged ‘souche’

INTÉRIEUR (Adolphe Hardy)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



INTÉRIEUR

J’aime, aux hameaux perdus de ma terre ardennaise,
Les bons logis pleins d’ombre où l’on gîte à son aise ;
L’alcôve où, soutenant les ais du plafond bas,
Saille en angle une poutre, ainsi qu’un très vieux bras ;
L’horloge au tic-tac lent et dont la sonnerie
Fait trembler le cadran de faïence fleurie ;
Les pots de cuivre et les fruits mûrs sur le dressoir ;
La table avec le lait mousseux près du pain noir ;
Et, couché devant l’âtre où flambe un feu de souches,
Le chien-loup qui vous lorgne en clignant ses yeux louches.

(Adolphe Hardy)

 

 

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Signalement (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Signalement

Chair de l’Autre Sexe! Élément non-moi!
Chair, vive de vingt ans poussés loin de ma bouche!….
L’air de sa chair m’ensorcelle en la foi
Aux abois
Que par Elle, ou jamais, Mon Destin fera souche…..
Et, tout tremblant, je regarde, je touche….

Je me prouve qu’Elle est! — et puis, ne sais qu’en
Et je revois mes chemins de Damas croire
Au bout desquels c’était encor les balançoires
Provisoires….
Et je me récuse, et je me débats!
Fou d’un art à nous deux! et fou de célibats….

Et toujours le même Air! me met en frais
De coeur, et me transit en ces conciliabules….
Deux grands yeux savants, fixes et sacrés
Tout exprès.
Là, pour garder leur sœur cadette, et si crédule,
Une bouche qui rit en campanule!….

(Ô yeux durs, bouche folle!) — ou bien Ah! le contraire :
Une bouche toute à ses grands ennuis,
Mais l’arc tendu! sachant ses yeux, ses petits frères

Tout à plaire,
Et capables de rendez-vous de nuit
Pour un rien, pour une larme qu’on leur essui’ !….

Oui, sous ces airs supérieurs,
Le cœur me piaffe de génie
En labyrinthes d’insomnie!….
Et puis, et puis, c’est bien ailleurs,
Que je communie….

(Jules Laforgue)


Illustration: Zinaida Serebriakova

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CE CORPS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Chelin Sanjuan  Viejo-con-violonchelo-y-teléfono-móvil_31_1

CE CORPS

Ce corps que tu habites
Ces jours qui t’ont bâti
Cette vie qui t’a conduit
Ces peines qui t’ont mûri
Ce passé qui t’a fait
Ou bien qui t’a défait
Ce toi qui s’enfonce
Dans la souche
Des années

Ce corps qui fut demeure
Cette vie qui fut dessein
Ces heures qui te fabriquent
Et dont tu fus le lien
Ce temps qui revendique
Et dont tu es le fruit
Ce toi qui se dissipe
En soleils
Ou en nuit.

(Andrée Chedid)

llustration: Chelin Sanjuan

 

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CLAUDE A. (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: René Baumer
    
CLAUDE A.

Sentier entre les serpents
Senteurs sèches souches noires
Calcaire solitude
Nids de la foudre

Bouche à la terre
Ces jours d’abîme
Les mots dans l’éboulis d’effroi

Mais la parole malgré le pire
Mais le poème arraché à l’hiver absolu

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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Le parc (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




Sur les buissons croît la brouille
Des nuages nus. La bouche
Du parc, orties qui se mouillent,
Sent les orages, les souches.

Des soupirs, le bois se lasse.
Le ciel s’emplit de passages.
Nu-pieds, l’azur a la grâce
D’échassiers au marécage.

Comme des lèvres qui luisent,
Que la main n’a pas essuyées,
Brillent les saules, les alises,
Les pas sur la terre mouillée.

(Boris Pasternak)

Illustration: Corinne Salou

 

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L’éclairée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration
    
L’éclairée

Éclairée
Et regardant l’éclair qui te touche
Je te savais plus grande que tes mains
Plus heureuse que ta vie
Ô vibrante éternelle parmi les souches
Et noire d’être conviée aux frondaisons des morts.

Immense frondaison qu’on dit verte à midi
Mais qui sombre bientôt dans les lames du soir
Je t’aperçois grondant comme un grand soleil d’âge
Te pénétrant
Dans la verdeur de ton nom
Et maintenant
Je te perçois parmi les branches
Et je t’avais cherchée
Mais tu n’es pas dans le pays d’où ta voix me fait signe

Un grand vent t’abandonne aux frontières d’ici.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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LES VIGNES SONT GELEES… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LES VIGNES SONT GELEES…

La vendange s’annonçait belle
Et l’espoir, pour nous,
En sourires de fleurs nouvelles
S’ouvrait au bout des jeunes pousses,
Mais, cette nuit, la lune rousse
A fait de ses coups !

Mon bel ami, les vignes sont gelées !
Tes deux arpents si verts sur le coteau,
Faut pas y songer !
Si l’on ne boit pas de vin cette année,
On boira de l’eau !

Si ta belle vendange est morte
La nuit du grand froid,
Nos vingt ans toujours bien se portent !
Les bourgeons roulent sous les souches
Mais il reste encor sur ma bouche
Des baisers pour toi !

Oui, nous n’irons pas en vendange
Dans les arpents blonds
Lorsque viendra la mi-septembre,
Mais dans le champ de nos caresses,
L’an tout au long, sans fin ni cesse,
Nous vendangerons !

Le vin doux dont l’âme pétille
Ne jaillira pas
Du pressoir aux rondes sébilles,
Mais de ton cœur tendre et farouche,
Comme du creux d’un pressoir rouge
L’Amour jaillira !

(Gaston Couté)

 

 

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C’est même feu (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



 

L’enfantement fleurit ou se fait danse
Si le corps, ce n’est plus ce que meurtrit l’âme,
Ni la beauté le fruit de sa propre angoisse,
Ni la sagesse l’oeil cerné des nuits de veille.
O châtaignier, souche, milliers de fleurs,
Es-tu le tronc, la fleur ou le feuillage ?
O corps que prend le rythme, ô regard, aube,
C’est même feu le danseur et la danse.

***

Labour is blossoming or dancing where
The body is not bruised to pleasure soul,
Nor beauty born out of its own despair,
Nor blear-eyed wisdom out of midnight oil.
O chestnut-tree, great-rooted blossomer,
Are you the leaf, the blossom or the bole ?
O body swayed to music, O brightening glance,
How can we know the dancer from the dance ?

(William Butler Yeats)

 

 

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SOLEIL PÂLE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
SOLEIL PÂLE

De pâles rayons brillent
Nourrissant quelques fleurs
Ficaires pâquerettes et puis ce brin de vert
Sur l’aubépine
De la haie jonchée de feuilles mortes

Ces hérauts disent
Que le printemps vient à grands pas
Et l’écolier qui les remarque
Gaspille une heure buissonnière
Contre la vieille haie du clos

Cueillant les pâquerettes
Et les fleurs de ficaire
Heureux du renouveau et de tout ce qu’il voit
Il ouvre son manuel
Pour y cacher ses fleurs

Les ombres accusées
Noires au pâle soleil
Gisent le long du jour blafard
Telles de noires souches sous les haies
Et sous les arbres nus que le vent berce

Il fait glacial mais bon —
Au fond de la haie qu’ourle
Une brune litière de feuilles mortes laissées
Par la saison dernière
La fauvette patiente

Tremblant de l’aile et gazouillant
Sa bienvenue aux pâles rayons
Qui percent — et là, plus loin
Fait de mousse verte
Le nid se montre avec ses oeufs bleu vert

Tout promet le printemps et chaque jour
De vertes et de plus vertes haies
Auprès comme au loin apparaissent
Ce n’est que Mars pourtant
Oui mais ce Mars c’est le printemps

***

THE PALE SUN

Pale sunbeams gleam
That nurtur a few flowers
Pilewort & daisey & a sprig o’ green
On whitethorn bushes
In the leaf strewn hedge

These harbingers
Tell spring is coming fast
& these the schoolboy marks
& wastes an hour from school
Agen the old pasture hedge

Cropping the daisey
& the pilewort flowers
Pleased with the Spring & all he looks upon
He opes his spelling book
& hides her blossoms there

Shadows fall dark
Like black in the pale sun
& lye the bleak day long
Like black stock under hedges
& bare wind rocked trees

Tis chill but pleasant —
In the hedge bottom lined
With brown seer leaves the last
Year littered there & leftt
Mopes the hedge sparrow

With trembling wings and cheeps
Its welcome to pale sunbeams
Creeping through — & further on
Made of green moss
The nest & green-blue eggs are seen

All token spring & everyday
Green & more green hedges & close
& everywhere appears —
Still tis but March
But still that March is Spring

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Autour (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Autour, ce n’est que vaste plaine,
Cohue de souches calcinées.
Puis — la vallée chère à mon coeur,
Sous les nuages qui s’étirent.

Et rien ne me séduit là-bas,
Je touche le lointain du doigt.
C’est ici, qu’entre ciel et terre,
Morose, séjourne l’ennui.

Il creuse jour et nuit la terre,
Il creuse et retourne le sable.
Parfois il pousse un cri plaintif,
Et puis se tait — jusqu’au suivant.

Tout ce qui vient, tout ce qui fut —
Ce n’est que cendre froide et morte,
Comme ces pierres sur la tombe
De l’amour, dans les champs perdue.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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